Programme du XXXIIIème dimanche après la Pentecôte – Chaîne de saint Pierre – ton 8

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 29 janvier 2012 du calendrier grégorien – 16 janvier 2012 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h15.

Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la Vénération de la précieuse chaîne du saint & illustre Apôtre Pierre.

Vers l’an 43, le Tétrarque Hérode Agrippa, voyant les progrès de la prédication des Apôtres, fut pris de folie sanguinaire contre les Chrétiens et fit périr par le glaive Saint Jacques, le frère de Jean (mémoire le 30 avril). Voyant que cela était agréable aux Juifs, il fit aussi arrêter Pierre, le chef des Apôtres, et le fit jeter en prison, chargé de deux lourdes chaînes de fer, attendant que la Pâque fut passée avant de le faire comparaître. Mais, la nuit même, grâce aux prières de l’Eglise, Dieu envoya auprès de lui son Ange qui remplit le cachot de lumière. Il secoua l’Apôtre endormi pour le faire lever, et aussitôt les chaînes tombèrent de ses mains. Sans trop comprendre ce qui se passait et se croyant encore endormi, Pierre mit sa ceinture, chaussa ses sandales et, guidé par l’Ange, il franchit sans encombre tous les postes de garde. Quand ils parvinrent enfin en pleine ville, l’Ange, ayant accompli sa mission, quitta Pierre qui, sortant de sa torpeur, rendit grâces à Dieu. Il courut alors vers la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où les Chrétiens assemblés le reçurent avec grande joie (Actes des Apôtres 12, 1-19).

Cette chaîne tombée des mains du Saint Apôtre fut achetée aux gardes par de pieux chrétiens afin qu’elle ne fut pas profanée en servant à lier de vrais criminels et fut conservée par l’Eglise de Jérusalem.

Saint Pierre eut encore d’autres liens que ceux dont il fut enchaîné à Jérusalem ; car, étant venu à Rome pour y prêcher l’Evangile, l’empereur Néron le fit saisir et commanda qu’il fût mis en prison et enchaîné. Ces chaînes romaines avaient été cachées mais furent redécouvertes sous le pontificat du Pape saint Alexandre Ier vers l’an 116. Saint Alexandre, pape et martyr, gêné de voir sainte Balbine porter un respect singulier aux chaînes dont il avait été lui-même lié, l’exhorta à rechercher plutôt les chaînes de l’apôtre saint Pierre, ce qu’elle fit avec succès.

Dans les années 430, l’impératrice Eudocie, femme de l’empereur Théodose le Jeune, était allée en Palestine visiter les saints lieux. Juvénal, patriarche de Jérusalem, lui fit présent des deux chaînes dont le Prince des Apôtres avait été lié dans la prison d’Hérode. Cette princesse en réserva une qui fut transférées en 437 à Constantinople, & placée dans la chapelle du saint Apôtre Pierre qui se trouve dans Sainte-Sophie (le tropaire du jour fait allusion à cette translation). Elle envoya l’autre chaîne à Rome à sa fille Eudoxie, qui avait épousé, depuis deux ans, l’empereur Valentinien III. Eudoxie présenta la relique au souverain Pontife. Le Pape Sixte III, reconnaissant, voulut lui montrer, de son côté, les chaînes dont saint Pierre avait été lié à Rome. Il arriva alors le miracle de la conjonction des deux chaînes : ayant été approchées l’une de l’autre, elles s’unirent d’elles-mêmes parfaitement ensemble. Eudoxie fit bâtir un temple pour les placer et les exposer à la vénération des fidèles. Ce temple, dont la dédicace fut probablement célébrée en 440, fut d’abord appelé Basilique Eudoxienne, du nom de sa fondatrice ; mais depuis il a été appelé Saint-Pierre-ès-Liens, et c’est un titre cardinalice. Les chaînes y sont toujours conservées (celles de Constantinoples sont perdues).

Les rits romains & byzantins célèbrent tous les deux les liens de saint Pierre, aux dates des dédicaces des églises qui les recueillirent : le 16 janvier pour Constantinople, le 1er août pour Rome.

Dieu a fait voir par des miracles insignes au cours des siècles qu’il approuvait la vénération de ces liens sacrés. Il n’y a rien d’étonnant à ce que non seulement les ossements des saints opèrent des miracles, mais aussi leurs vêtements ou les objets qu’ils ont touchés. L’Ecriture Sainte rapporte qu’il suffisait aux habitants d’Ephèse d’appliquer sur les malades des mouchoirs ou des linges qui avaient touché le corps de l’Apôtre Paul, pour que la maladie les quitte et que les esprits mauvais soient mis en déroute (Actes 19, 11-12). Les mêmes Actes des Apôtres rapportent encore, à propos de Saint Pierre, qu’une multitude d’hommes et de femmes allait jusqu’à transporter les malades dans les rues et les déposait à terre, de sorte que l’ombre du saint les couvrait à son passage et leur procurait la guérison (Actes 5, 15). C’est ainsi que l’Eglise a hérité la pieuse coutume de vénérer non seulement le corps des saints devenus porteurs de la Grâce, mais aussi leurs vêtements, leurs objets familiers ou les instruments par lesquels ils ont souffert pour le Seigneur.

Plusieurs Pères de l’Eglise font allusion aux chaînes de saint Pierre. Pour saint Augustin, « toutes les Eglises de Jésus-Christ en font beaucoup plus d’état que de l’or le plus pur et le plus précieux ». Dans son Sermon XVIII des Saints, saint Augustin se sert de la comparaison suivante : « Si l’ombre de Pierre, dit-il, a été si salutaire, combien plus le sera la chaîne dont son corps a été environné ? Si la vaine apparence de son image a pu avoir la force de rendre la santé aux malades, quelle force n’auront donc pas des liens qui ont été imprimés sur ses membres sacrés ? Si saint Pierre a été si puissant avant son martyre, combien le doit-il être maintenant qu’il a triomphé de l’attaque des démons ? » Puis il s’écrie: « O chaînes fortunées, qui de menottes et de ceps ont été changées en couronnes et en diadèmes, en faisant l’Apôtre martyr ! O bienheureux liens, dont le captif a été traîné au supplice de la croix, non pas tant pour y être exécuté que pour y être consacré ! »

Parmi les sermons de saint Jean Chrysostome, on en trouve un sur ce sujet, que le cardinal Baronius estime être plutôt de saint Procle ou de saint Germain, ses successeurs, qui est rapporté par Siméon Métaphraste et par Surius au premier jour d’août, où l’auteur dit, entre autres choses, que « Pierre les regardait comme un ornement royal ; qu’il s’en trouvait beaucoup mieux paré que des colliers de perles et des vêtements de pourpre et de soie, et qu’il avait une joie extraordinaire de s’en voir lié, parce qu’il savait que ces chaînes lui procureraient une couronne immortelle dans le ciel ». L’auteur de ce sermon y traite longuement de l’emprisonnement de saint Pierre, des peines qu’il endura dans la prison par l’inhumanité des soldats qui le gardaient, de la gloire de sa délivrance et de l’utilité incomparable que toute l’Eglise en reçut. Il lui donne aussi d’excellentes épithètes, qui témoignent de l’éminence de sa dignité et des prérogatives de son siège. Il l’appelle la Bouche de Jésus-Christ et de ses confrères, l’Interprète des secrets de Dieu, le Maître des cieux et des fidèles, dont la doctrine est si sûre qu’on ne peut errer en la suivant, la Colonne d’Israël spirituel, la Solidité des Apôtres, l’Affermissement de ceux qui doutent, la Gloire de l’Eglise, l’Honneur des Disciples, l’Ornement et l’appui de ceux qui ont de véritables sentiments, la Réconciliation des pécheurs, le grand Miracle du monde, la Splendeur des théologiens, l’Esprit céleste et la très-pure Demeure de la très-sainte Trinité. Comme saint Augustin, ce même Docteur compare ensuite les chaînes du saint Apôtre avec son ombre, et dit que, si elle avait tant de force que tous ceux sur qui elle passait étaient guéris, de quelque maladie qu’ils fussent affligés, ses chaînes, qui sont quelque chose de solide, et qui ont reçu une vertu particulière de la sainteté de ses membres et de la puissance de ses mains, ouvrières de tant de miracles, doivent être beaucoup plus salutaires.

Justin 1er, empereur d’Orient, envoya des ambassadeurs au pape Hormisdas, pour obtenir de lui une parcelle des chaînes de saint Pierre comme la chose la plus précieuse qu’il pût demander, tant la vénération de ces reliques était alors répandue. Les Papes, lorsqu’ils voulaient faire un présent considérable, envoyaient un peu de la limure du précieux fer des chaînes conservées à Rome, enchâssée dans une clef d’or ou d’argent, comme nous l’apprennent plusieurs épîtres de saint Grégoire le Grand. C’est ainsi que ce saint Pontife en envoya à Childebert, roi de France, pour qui il avait une affection particulière (Epître VI du livre V). Dans l’Epître XXIII du livre suivant, qu’il adresse à Théotiste, très-noble patricienne, soeur de Maurice, empereur d’Orient, avec un semblable présent, il rapporte qu’un seigneur lombard s’étant moqué d’une de ces clefs, et ayant voulu la rompre pour en avoir l’or, il fut à l’heure même saisi du démon, qui le traita avec tant de fureur qu’il s’égorgea avec le couteau dont il voulait couper la clef, et mourut sur-le-champ. Saint Grégoire en envoya aussi à Anastase, patriarche d’Antioche, à Recarède, roi des Visigoths d’Espagne, et à d’autres personnages ecclésiastiques et laïques.

Le pape Vitalien, vers l’an 657, envoya une parcelle des saintes chaînes à la reine de l’Angleterre du Nord, épouse d’Oswin. Evald, archevêque de Vienne, reçut une parcelle des Vinculis Apostolorum du pape Constantin ; saint Grégoire III envoya une clef avec la même relique à Charles Martel ; saint Léon III fit le même don à Charlemagne ; saint Grégoire VII à Acon, roi de Danemark, et ensuite à Alphonse, roi de Castille. Cependant, afin que les saintes chaînes ne fussent pas trop endommagées, les Papes cessèrent par la suite d’en détacher des parcelles, et alors on se contenta de les laisser baiser ou de donner quelques morceaux des bandes de linge les ayant touchées. Toutefois Benoît XIV, au XVIIIème siècle, voulut renouveler l’ancien usage à l’égard de la cathédrale de Bologne, sa patrie, à laquelle il donna une clef d’or qui renfermait de la sainte limaille.

Quelques-uns des anneaux ont également été détachés des saints liens à diverses époques. A Rome, la basilique de Sainte-Cécile dans le Transtevère, possède sept anneaux, lesquels furent envoyés par Adrien 1er, en 772, à Didier, roi des Lombards, lorsque le saint Pape cherchait à apaiser et à adoucir en faveur de l’Italie ce monarque déloyal et cruel. Le cardinal Sfondrate obtint du pape Clément VIII, vers l’an 1592, d’ôter ces anneaux de l’église dédiée au Prince des Apôtres sur le lac de Come, où on les conservait, et il les transporta à Rome dans la basilique de Sainte-Cécile dont il était le titulaire. En l’année 949, un comte que l’empereur Othon le Grand chérissait fut possédé du démon d’une manière si violente qu’il se déchirait lui-même avec ses dents. L’empereur le fit conduire au pape Jean XIII, pour lui faire faire les exorcismes ; mais à peine lui eut-on mis au cou la chaîne de saint Pierre, que l’esprit malin fut contraint de sortir de son corps. Théodoric, évêque de Metz, cousin germain de l’empereur, qui était présent, en fut si touché qu’il jeta aussitôt la main sur la chaîne, et protesta qu’il ne la lâcherait jamais que l’on ne lui en eût donné un anneau pour son église. L’empereur supplia le Pape de contenter la dévotion de Théodoric, qui apporta l’anneau qu’il avait obtenu dans sa ville de Metz, où il le plaça dans l’abbaye de Saint-Vincent, qu’il avait fait bâtir. Cette précieuse relique a disparu dans la tourmente révolutionnaire. La ville d’Avignon, où s’établit le Siège apostolique pendant soixante-dix ans, reçut également cinq anneaux des saintes chaînes.

Les chaînes romaines ne sont donc plus entières. L’une d’elles se compose de vingt-huit anneaux, dont le dernier, en forme de S, soutient l’entrave qui devait serrer le cou de l’Apôtre. L’autre chaîne est formée de cinq anneaux, quatre plus petits que les autres et le cinquième, en forme de S, auquel sont attachés un plus grand anneau rond et une barre de fer devait être soudée dans le mur du cachot. Le pape Pie IX fit mettre les chaînes apostoliques dans un magnifique reliquaire en métal doré, placé en général en dessous de l’autel principal de la sacristie de la basilique Saint-Pierre-ès-Liens. Les saintes Chaînes sont offertes à la vénération des fidèles plusieurs fois pendant l’année, traditionnellement, le 1er août, jour de la fête, et pendant toute l’octave, ensuite le cinquième jour dans l’octave de la fête de saint Pierre et saint Paul, et le premier lundi de Carême. Ces jours-là, un chanoine présente les chaînes à baiser aux fidèles, et, faisant toucher à leur cou le collier par lequel saint Pierre a été enchaîné, il prononce les paroles suivantes: « Que par l’intercession du bienheureux Pierre Apôtre, Dieu te délivre de tout mal. Amen. »

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Du ciel tu descendis, ô Dieu de miséricorde, * trois jours dans le tombeau tu souffris de demeurer * pour nous délivrer de nos péchés ; ** notre Vie & notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi.
2. Tropaire de l’Apôtre, ton 4 : Toi qui sièges sur le premier trône des Apôtres divins, * sans quitter Rome tu es venu jusqu’à nous * par les chaînes précieuses que tu portas ; * &, nous prosternant devant elles dans la foi, * par tes prières à Dieu, ** que nous soit accordée la grande miséricorde.
3. Kondakion de l’Apôtre, ton 2 : Le premier des Apôtres, leur Coryphée, * Pierre, le sublime interprète divin de la vérité, acclamons-le & baisons ses chaînes dans la foi, ** pour recevoir le pardon de nos péchés.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Autre kondakion de l’Apôtre, ton 2 : Le Christ, ce rocher qui glorifia * splendidement la Pierre de la foi, * nous invite à fêter ensemble le Coryphée * pour la merveille de sa propre chaîne, afin de nous donner * le pardon de nos fautes.
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion du dimanche, ton 8 : Ressuscité du tombeau, * tu as éveillé les morts & ressuscité Adam, * Eve danse de joie en ta Résurrection, * les confins de la terre célèbrent ton éveil d’entre les morts, ** ô Dieu de miséricorde.
Prokimen
Du dimanche, ton 8 :
R/. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
V/. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).
De l’Apôtre, ton 8 :
R/. Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5).
Alleluia
Du dimanche, ton 8 :
V/. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve (Psaume 94, 1).
V/. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le (Psaume 94, 2).
De l’Apôtre :
V/. Les cieux rendent grâce pour tes merveilles, Seigneur, pour ta fidélité, dans l’assemblée des saints (Psaume 88, 6).
Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De l’Apôtre : Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Messes de Requiem pour Louis XVI

Cette année, la Schola Sainte Cécile a été demandée pour assurer le chant liturgique aux messes de Requiem suivantes, auxquelles vous êtes conviés :

  • Le 21 janvier à 11h à Saint-Eugène (Evénement Facebook),
  • Le 22 janvier à 10h30 à la Chapelle Expiatoire.
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    Horaires des offices de la fête de la Théophanie

    La fête de l’Epiphanie – 6 janvier dans le calendrier julien – tombe le 19 janvier dans le calendrier grégorien. La veille, 18 janvier, les heures royales suivies des vêpres & de la liturgie de saint Basile seront célébrées à partir de 10h. Le soir, les grandes complies seront chantées à 19h et seront suivies des matines à la suite vers 20h. Le jour de la fête, la divine liturgie de la Théophanie sera célébrée à midi et sera suivie de la bénédiction des eaux.

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité
    39, rue François-Gérard
    75016 Paris
    M° Eglise d’Auteuil

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    Divine liturgie pontificale de Noël – tradition carpatho-ruthène

    Divine liturgie pontificale de Noël, célébrée par Mgr Milan Šašik, C.M., évêque de Moukatchovo de l’Eglise Carpatho-Ruthène Catholique. L’évêque latin est Mgr Thomas Edward Gullickson, nonce apostolique en Ukraine. On entendra dans cette vidéo les chants très particuliers de la tradition carpatho-ruthène.

    L’Eglise Grecque-Catholique Ruthène est l’une des plus petite églises catholiques orientales, avec 320 000 fidèles. Elle ne comprend qu’un seul diocèse, l’éparchie de Moukachevo des Ruthènes (Мукачівська Греко-Католицька єпархія), érigée en 1771. La création de cette église résulte de l’Union d’Oujhorod de 1646 lorsque 63 prêtres orthodoxes de Ruthénie subcarpatique ont décidé d’être en communion avec le Pape de Rome.

    La Ruthénie subcarpathique est une province peuplée de slaves de l’ancien royaume de Hongrie. Après la Ière guerre mondiale, cette province échut à la Tchékoslovaquie, puis devint soviétique après la IInde guerre mondiale et se trouve ukrainienne de nos jours. Les Ruthènes revendiquent une identité nationale, religieuse et linguistique propre, identité qui leur est déniée par les Ukrainiens qui les considèrent comme ukrainiens. De nombreux Ruthènes sont présents aux Etats-Unis, également en Slovaquie, Hongrie, Roumanie & Serbie.

    Le chant liturgique de cette église présente de nombreuses particularités originales.

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    De Courbes – Hostis Herodes impie – 1 €

    Charles de Courbes (1622).
    Hostis Herodes impie – Hymne de l’Epiphanie, à vêpres.
    4 voix (SATB).
    3 ou 5 pages.

    « L’amateur » éclairé que fut le Sieur de Courbes, élu & lieutenant particulier, publie ses compositions chez Pierre Ballard en 1622 : « Cantiques spirituels nouvellement mis en musique à IIII, V, VI, VII et VIII parties ». Une bonne part de cet ouvrage est consacrée à la mise en musique d’hymnes de l’Eglise, lesquelles peuvent se chanter sur leur texte latin aussi bien que sur une traduction réalisée par l’auteur. Influencées par la chanson française, les hymnes de Charles de Courbes témoignent aussi de l’aspiration générale à plus de clarté dans les compositions musicales liturgiques qui se fait jour après le Concile de Trente. Elles reflètent également les spéculations rythmiques conduites quelques années auparavant par les auteurs de la Pléiade et par Jean-Antoine de Baïf en particulier.

    Charles de Courbes utilise toujours le matériel préexistant du plain-chant pour écrire ses hymnes, de sorte que sa musique peut être également utilisée en alternance avec celle du plain-chant. Ici, pour la très belle hymne de l’Epiphanie due à la plume du poète latin Sédulius au Vème siècle, le chant liturgique est attribué à la partie de haute-contre. Notez que le texte de Sédulius cite déjà les 3 théophanies célébrées conjointement par le rit romain à la fête de l’Epiphanie : l’adoration des Mages, le baptême dans le Jourdain et les noces de Cana.

    Nous proposons cette partition en deux présentations différentes : soit les 5 strophes en polyphonies, soit les strophes impaires en plain-chant et les paires en polyphonie. Voici le texte de cette hymne, ainsi qu’une traduction moderne (on trouvera dans notre partition PDF la traduction de Charles de Courbes, qui pourra être utilisée pour le chant) :

    Hostis Heródes ímpie,
    Christum venire quid times ?
    Non eripit mortalia,
    Qui regna dat cœlestia.
    Hérode, ennemi impie,
    Pourquoi crains-tu le Roi qui vient ?
    Il ne cherche pas les trônes mortels
    Lui qui gouverne dans les cieux.
    Ibant Magi, quam viderant,
    Stellam sequentes præviam:
    Lumen requirunt lumine:
    Deum fatentur munere.
    Les Mages, s’en allaient, guidés
    Par l’étoile nouvelle qu’ils voyaient;
    Cherchant la Lumière par la lumière
    Adorant Dieu par leurs présents.
    Lavacra puri gurgitis
    Cœlestis Agnus attigit:
    Peccata, quæ non detulit,
    Nos abluendo sustulit.
    L’Agneau céleste est descendu
    Dans les eaux purifiantes
    Des péchés, dont il est innocent
    Il nous lave en sa personne.
    4. Novum genus potentiæ ;
    Aquæ rubescunt hydriæ,
    Vinumque jussa fundere,
    Mutavit und’originem.
    Nouveau prodige de puissance:
    L’eau rougeoie dans les amphores
    Et pour couler en flots de vin,
    Elle obéit & change de nature.
    5. Gloria tibi Domine
    Qu’apparuisti hodie,
    Cum Patr’et Sancto Spiritu,
    In sempiterna sæcula. Amen.
    Gloire à vous Seigneur,
    Qui êtes apparu aujourd’hui,
    Avec le Père & le Saint Esprit
    Dans les siècles éternels. Amen.

    Les premières mesures de cette partition :

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    Couturier – Cantique pour l’Epiphanie – Adressons nos hommages – 2 €

    Chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres.
    Adressons nos hommages – Cantique pour la fête de l’Epiphanie sur le noël « Or nous dites Marie ».
    4 voix (SATB).
    1 page.

    Ce petit cantique du chanoine Couturier utilise la très belle et nostalgique mélodie du très beau noël du XVème siècle « Or nous dites Marie » (la mélodie de ce noël étant elle-même encore plus ancienne). Le chant, confié au dessus, reçoit une harmonisation simple mais de bon goût. Couturier cependant invente une mélodie nouvelle pour le couplet, laquelle gagne à être pensée à 2 temps. Voici le texte de ce cantique :

    R/. Adressons nos hommages
    A notre divin Roi.
    Offrons avec les Mages
    Les dons de notre foi. (bis)
    L’or de l’amour sincère
    Que l’on doit à Jésus,
    L’encens de la prière,
    La myrrhe des vertus.
    V/. Adorons le divin maître
    A l’exemple des trois Rois ;
    Du moment qu’il vient de naître
    Tout doit révérer ses Lois ;
    Chacun doit le reconnaître,
    Rois & peuples à la fois.
    Adorons le divin maître
    A l’exemple des trois Rois.

    Les premières mesures de cette partition :

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    Programme du IInd dimanche après l’Epiphanie

    Saint-Eugène, le dimanche 15 janvier 2012, grand’messe de 11h.

  • Procession d’entrée : Orgue
  • Kyriale XI – Orbis factor
  • Credo III
  • Et incarnatus est de la Messe de Minuit pour Noël (H . 9) de Marc-Antoine Charpentier
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Hostis Herodes impie – Hymne de l’Epiphanie, à vêpres, texte du poëte Sedulius ( Vème siècle) – musique du Sieur de Courbes (1622).
  • Après la Consécration : O salutaris sur le vieux noël « A la venue de Noël » – Henri Adam de Villiers
  • Pendant la communion : Stichères de l’ancien office grec de l’Epiphanie, traduits en latin avec leur mélodie grecque d’origine à la cour de Charlemagne pour servir à l’octave de l’Epiphanie
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XI
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Adressons nos hommages – cantique pour le temps de l’Epiphanie, sur le vieux noël « Or nous dites Marie » – Chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
  • Télécharger le livret de la messe au format PDF.

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    Le vrai but de la vie chrétienne consiste en l’acquisition du Saint-Esprit de Dieu

    Saint Séraphim de Sarov
    L’entretien avec Motovilov

    (que le starets avait guéri)

    C’était un jeudi. Le ciel était gris. La terre était couverte de neige et d’épais flocons continuaient à tourbillonner lorsque le Père Séraphim engagea notre conversation dans une clairière, près de son « Petit Ermitage » face à la rivière Sarovka coulant au pied de la colline. Il me fit asseoir sur le tronc d’un arbre qu’il venait d’abattre et lui-même s’accroupit en face de moi.

    - Le Seigneur m’a révélé, dit le grand starets, que depuis votre enfance vous désiriez savoir quel était le but de la vie chrétienne et que vous aviez maintes fois interrogé à ce sujet des personnages même haut placés dans la hiérarchie de l’Église.

    Je dois dire que dès l’âge de douze ans cette idée me poursuivait et qu’effectivement j’avais posé la question à plusieurs personnalités ecclésiastiques sans jamais recevoir de réponse satisfaisante. Le starets l’ignorait.

    - Mais personne, continua le Père Séraphim, ne vous a rien dit de précis. On vous conseillait d’aller à l’église, de prier, de vivre selon les commandements de Dieu, de faire le bien – tel, disait-on, était le but de la vie chrétienne. Certains même désapprouvaient votre curiosité, la trouvant déplacée et impie. Mais ils avaient tort. Quant à moi, misérable Séraphim, je vous expliquerai maintenant en quoi ce but réellement consiste.

    Le vrai but de la vie chrétienne consiste en l’acquisition du Saint-Esprit de Dieu.

    La prière, le jeûne, les veilles et autres activités chrétiennes, aussi bonnes qu’elles puissent paraître en elles-mêmes, ne constituent pas le but de la vie chrétienne, tout en aidant à y parvenir. Le vrai but de la vie chrétienne consiste en l’acquisition du Saint-Esprit de Dieu. Quant à la prière, au jeûne, aux veilles, à l’aumône et toute autre bonne action faite au nom du Christ, ce ne sont que des moyens pour l’acquisition du Saint-Esprit.

    Au nom du Christ

    Remarquez que seule une bonne action faite au nom du Christ nous procure les fruits du Saint-Esprit. Tout ce qui n’est pas fait en son Nom, même le bien, ne nous procure aucune récompense dans le siècle à venir, et en cette vie non plus ne nous donne pas la grâce divine. C’est pourquoi le Seigneur Jésus Christ disait : « Celui qui n’amasse pas avec moi dissipe » (Luc 11, 23).

    On est pourtant obligé d’appeler une bonne action « amassage » ou récolte, car même si elle n’est pas faite au Nom du Christ, elle reste bonne. L’Écriture dit : « En toute nation celui qui craint Dieu et pratique la justice lui est agréable » (Actes 10, 35). Le centurion Corneille, qui craignait Dieu et agissait selon la justice, fut visité pendant qu’il était en prière, par un ange du Seigneur qui lui dit : « Envoie des hommes à Joppé chez Simon le corroyeur, tu y trouveras un certain Pierre qui te fera entendre des paroles de vie éternelle par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison » (Actes 10, 5).

    On voit donc que le Seigneur emploie ses moyens divins pour permettre à un tel homme de ne pas être privé, dans l’éternité, de la récompense qui lui est due. Mais pour l’obtenir il faut que dès ici-bas il commence par croire en Notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu descendu sur terre pour sauver les pécheurs, ainsi que par acquérir la grâce du Saint-Esprit qui introduit dans nos coeurs le Royaume de Dieu et nous fraye le chemin de la béatitude du siècle à venir. Là s’arrête la satisfaction que procurent à Dieu les bonnes actions qui ne sont pas commises au Nom du Christ. Le Seigneur nous donne les moyens de les parachever. A l’homme d’en profiter ou non. C’est pourquoi le Seigneur a dit aux Juifs « Si vous étiez des aveugles, vous seriez sans péché mais vous dites : « Nous voyons ! » Votre péché demeure » (Jean 9, 41). Quand un homme comme Corneille dont l’oeuvre qui n’a pas été faite au Nom du Christ mais qui a été agréable à Dieu, se met à croire en son Fils, cette oeuvre lui est comptée comme faite au Nom du Christ, à cause de sa foi en lui (Hebreux 11, 6). Dans le cas contraire, l’homme n’a pas le droit de se plaindre que le bien accompli ne lui a pas été profitable. Cela n’arrive jamais quand une bonne action a été faite au Nom du Christ, car le bien accompli en son Nom apporte non seulement une couronne de gloire dans le siècle à venir, mais dès ici-bas remplit l’homme de la grâce du Saint-Esprit, comme il a été dit « Dieu donne l’Esprit sans mesure. Le Père aime le Fils ; il a tout remis entre ses mains » (Jean 3, 34-35).

    L’acquisition du Saint-Esprit

    C’est donc dans l’acquisition de cet Esprit de Dieu que consiste le vrai but de notre vie chrétienne, tandis que la prière, les veilles, le jeûne, l’aumône et les autres actions vertueuses faites au Nom du Christ ne sont que des moyens pour l’acquérir.

    - Comment l’acquisition ? demandai-je au Père Séraphim. Je ne comprends pas très bien.

    - L’acquisition, c’est la même chose que l’obtention. Vous savez ce que c’est que d’acquérir de l’argent ? Pour le Saint-Esprit, c’est pareil. Pour les gens du commun, le but de la vie consiste en l’acquisition d’argent – le gain. Les nobles, en plus, désirent obtenir des honneurs, des marques de distinction et autres récompenses accordées pour des services rendus à l’État. L’acquisition du Saint-Esprit est aussi un capital, mais un capital éternel, dispensateur de grâces ; très semblable aux capitaux temporels, et qui s’obtient par les mêmes procédés. Notre Seigneur Jésus Christ, Dieu-Homme, compare notre vie à un marché et notre activité sur terre à un commerce. Il nous recommande à tous « Négociez jusqu’à ce que je vienne, en économisant le temps, car les jours sont incertains » (Luc 19,12-13 ; Éphésiens 5, 15-16), autrement dit : Dépêchez-vous d’obtenir des biens célestes en négociant des marchandises terrestres. Ces marchandises terrestres ne sont autres que les actions vertueuses faites au Nom du Christ et qui nous apportent la grâce du Saint-Esprit.

    La parabole des vierges

    Dans la parabole des vierges sages et des vierges folles (Matthieu 25, 1-13) quand ces dernières manquèrent d’huile, il leur fut dit : « Allez en acheter au marché. » Mais en revenant, elles trouvèrent la porte de la chambre nuptiale close et ne purent entrer. Certains estiment que le manque d’huile chez les vierges folles symbolise l’insuffisance d’actions vertueuses faites dans le courant de leur vie. Une telle interprétation n’est pas entièrement juste. Quel manque d’actions vertueuses pouvait-il y avoir puisqu’elles étaient appelées vierges, quoique folles ? La virginité est une haute vertu, un état quasi-angélique, pouvant remplacer toutes les autres vertus. Moi, misérable, je pense qu’il leur manquait justement le Saint-Esprit de Dieu. Tout en pratiquant des vertus, ces vierges, spirituellement ignorantes, croyaient que la vie chrétienne consistait en ces pratiques. Nous avons agi d’une façon vertueuse, nous avons fait oeuvre pie, pensaient-elles, sans se soucier si, oui ou non, elles avaient reçu la grâce du Saint-Esprit. De ce genre de vie, basé uniquement sur la pratique des vertus morales, sans un examen minutieux pour savoir si elles nous apportent – et en quelle quantité – la grâce de l’Esprit de Dieu, il a été dit dans les livres patristiques : « Certaines voies qui paraissent bonnes au début conduisent à l’abîme infernal » (Proverbes 14, 12).

    En parlant de ces vierges, Antoine le Grand dit dans ses Épîtres aux Moines : « Beaucoup de moines et de vierges ignorent complètement la différence qui existe entre les trois volontés agissant à l’intérieur de l’homme. La première est la volonté de Dieu, parfaite et salvatrice ; la deuxième – notre volonté propre, humaine, qui, en soi, n’est ni néfaste ni salvatrice ; tandis que la troisième – diabolique – est tout à fait néfaste. C’est cette troisième volonté ennemie qui oblige l’homme soit à ne pas pratiquer la vertu du tout, soit à la pratiquer par vanité, ou uniquement pour le « bien », et non pour le Christ. La deuxième, notre volonté propre, nous incite à satisfaire nos mauvais instincts ou, comme celle de l’ennemi, nous apprend à faire le « bien » au nom du bien, sans se soucier de la grâce qu’on peut acquérir. Quant à la troisième volonté, celle de Dieu, salvatrice, elle consiste à nous apprendre à faire le bien uniquement dans le but d’acquérir le Saint-Esprit, trésor éternel, inépuisable, que rien au monde n’est digne d’égaler. »

    C’est justement la grâce du Saint-Esprit symbolisée par l’huile, qui faisait défaut aux vierges folles. Elles sont appelées « folles » parce qu’elles ne se souciaient pas du fruit indispensable de la vertu qui est la grâce de l’Esprit-Saint sans laquelle personne ne peut être sauvé, car « toute âme est vivifiée par le Saint-Esprit afin d’être illuminée par le mystère sacré de l’Unité Trinitaire » (Antienne avant l’Évangile des matines). Le Saint-Esprit lui-même vient habiter nos âmes, et cette résidence en nous du Tout-Puissant, la coexistence en nous de son Unité Trinitaire avec notre esprit ne nous est donnée qu’à condition de travailler par tous les moyens en notre pouvoir à l’obtention de cet Esprit-Saint qui prépare en nous un lieu digne de cette rencontre, selon la parole immuable de Dieu : « Je viendrai et j’habiterai en eux, et je serai leur Dieu et ils seront mon peuple » (Apocalypse 3, 20 ; Jean 14, 23). C’est cela, l’huile que les vierges sages avaient dans leurs lampes, huile capable de brûler longtemps, haut et clair, permettant d’attendre l’arrivée, à minuit, de l’Époux et d’entrer, avec lui, dans la chambre nuptiale de la joie éternelle.

    Quant aux vierges folles, voyant que leurs lampes risquaient de s’éteindre, elles allèrent au marché, mais n’eurent pas le temps de revenir avant la fermeture de la porte. Le marché – c’est notre vie. La porte de la chambre nuptiale, fermée et interdisant l’accès à l’Époux – c’est notre mort humaine ; les vierges – sages et folles – sont des âmes chrétiennes. L’huile ne symbolise pas nos actions, mais la grâce par l’entremise de laquelle le Saint-Esprit emplit notre être, transformant ceci en cela : le corruptible en l’incorruptible, la mort psychique en vie spirituelle, les ténèbres en lumière, l’étable où sont enchaînées, comme des bêtes, nos passions, en temple de Dieu, en chambre nuptiale où nous rencontrons Notre Seigneur, Créateur et Sauveur, Époux de nos âmes. Grande est la compassion que Dieu a pour notre malheur, c’est-à-dire pour notre négligence envers sa sollicitude. Il dit : Je suis à la porte et je frappe… » (Apocalypse 3,20), entendant par « porte » le courant de notre vie pas encore arrêté par la mort.

    La prière

    Oh ! que j’aimerais, ami de Dieu, qu’en cette vie vous soyez toujours en l’Esprit-Saint. « Je vous jugerai dans l’état dans lequel je vous trouverai » dit le Seigneur (Matthieu 24, 42 ; Marc 13, 33-37 ; Luc 19, 12 et suivants). Malheur, grand malheur s’il nous trouve appesantis par les soucis et les peines terrestres, car qui peut endurer son courroux et qui peut lui résister ? C’est pourquoi il a été dit : « Veillez et priez pour ne pas être induit en tentation » (Matthieu 26, 41), autrement parlant pour ne pas être privé de l’Esprit de Dieu, car les veilles et la prière nous donnent sa grâce.

    Il est certain que toute bonne action faite au Nom du Christ confère la grâce du Saint-Esprit, mais la prière plus que toute autre chose, étant toujours à notre disposition. Vous auriez, par exemple, envie d’aller à l’église, mais l’église est loin, ou l’office est terminé; vous auriez envie de faire l’aumône, mais vous ne voyez pas de pauvre, ou vous n’avez pas de monnaie ; vous voudriez rester vierge, mais vous n’avez pas assez de force pour cela, à cause de votre constitution ou à cause des embûches de l’ennemi auxquelles la faiblesse de votre chair humaine ne vous permet pas de résister ; vous voudriez peut-être trouver une autre bonne action à faire au Nom du Christ, mais vous n’avez pas assez de force pour cela, ou l’occasion ne se présente pas. Quant à la prière, rien de tout cela ne l’affecte : chacun a toujours la possibilité de prier, le riche comme le pauvre, le notable comme l’homme du commun, le fort comme le faible, le bien portant comme le malade, le vertueux comme le pécheur.

    On peut juger de la puissance de la prière, même pécheresse, sortant d’un coeur sincère, par l’exemple suivant rapporté par la Sainte Tradition : à la demande d’une malheureuse mère qui venait de perdre son fils unique, une courtisane qu’elle rencontra sur son chemin, touchée par le désespoir maternel, osa crier vers le Seigneur, toute souillée qu’elle était encore par son péché : « Non à cause de moi, horrible pécheresse, mais à cause des larmes de cette mère pleurant son fils tout en croyant fermement en ta miséricorde et en ta Toute-Puissance, ressuscite-le, Seigneur ! » Et le Seigneur le ressuscita (cf. Luc 7, 11-15).

    Telle, ami de Dieu, est la puissance de la prière. Plus que toute autre chose elle nous donne la grâce de l’Esprit de Dieu et plus que tout elle est toujours à notre portée. Bienheureux serons-nous lorsque Dieu nous trouvera veillants, dans la plénitude des dons de son Esprit-Saint. Nous pourrons alors espérer être ravis sur les nuées à la rencontre de Notre Seigneur venant dans les airs revêtu de puissance et de gloire juger les vivants et les morts et donner à chacun son dû. [...]

    Voir Dieu

    - Père, lui dis-je, vous parlez toujours de l’acquisition de la grâce du Saint-Esprit comme le but de la vie chrétienne. Mais comment puis-je la reconnaître ? Les bonnes actions sont visibles. Mais l’Esprit-Saint peut-il être vu ? Comment puis-je savoir si, oui ou non, il est en moi ?

    - A l’époque où nous vivons, répondit le starets, on est parvenu à une telle tiédeur dans la foi, à une telle insensibilité à l’égard de la communion avec Dieu, qu’on s’est éloigné presque totalement de la vraie vie chrétienne. Des passages de l’Écriture sainte nous paraissent étranges aujourd’hui, par exemple quand l’Esprit-Saint, par la bouche de Moïse, dit  » Adam voyait Dieu se promenant au paradis  » (Genèse 3, 8), ou quand nous lisons chez l’Apôtre Paul qu’il a été empêché par l’Esprit-Saint d’annoncer la parole en Asie, mais que l’Esprit l’accompagna lorsqu’il se rendit en Macédoine (Actes 16, 6-9). Dans beaucoup d’autres passages de l’Écriture Sainte il est, à maintes reprises, question de l’apparition de Dieu aux hommes. [...]

    L’action du Saint-Esprit et celle du Malin

    Je dois encore, moi, misérable Séraphim, vous expliquer, ami de Dieu, en quoi consiste la différence entre l’action du Saint-Esprit prenant mystérieusement possession des coeurs de ceux qui croient en notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ et l’action ténébreuse du péché qui vient en nous comme un voleur, à l’instigation du Démon.

    Le Saint-Esprit nous remet en mémoire les paroles du Christ et travaille de concert avec lui, guidant nos pas, solennellement et joyeusement, dans la voie de la paix. Tandis que les agissements de l’esprit diabolique, opposé au Christ, nous incitent à la révolte et nous rendent esclaves de la luxure, de la vanité et de l’orgueil.

    « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi ne mourra jamais » (Jean 6, 47). Celui qui par sa foi au Christ est en possession de l’Esprit-Saint, même ayant commis par faiblesse humaine un quelconque péché causant la mort de son âme, ne mourra pas pour toujours, mais sera ressuscité par la grâce de Notre Seigneur Jésus Christ qui a pris sur lui les péchés du monde et qui donne gratuitement grâce sur grâce.

    C’est en parlant de cette grâce manifestée au monde entier et à notre genre humain par le Dieu-Homme que l’Évangile dit : « De tout être il était la vie, et la vie était la lumière des hommes » et ajoute : « La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres n’ont pu l’atteindre » (Jean 1, 4-5). Ce qui veut dire que la grâce du Saint-Esprit reçue au baptême au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, malgré les chutes peccamineuses, malgré les ténèbres entourant notre âme, continue à luire dans notre coeur de son éternelle lumière divine à cause des inestimables mérites du Christ. Face à un pécheur endurci, cette lumière du Christ dit au Père : « Abba, Père, que ta colère ne s’enflamme pas contre cet endurcissement. » Et ensuite, quand le pécheur se sera tourné vers le repentir, elle effacera complètement les traces des crimes commis, revêtant l’ancien pécheur d’un vêtement d’incorruptibilité tissé de la grâce de cet Esprit-Saint de l’acquisition duquel tout le temps je vous parle.

    La grâce du Saint-Esprit est Lumière

    Encore il faut que je vous dise, afin que vous compreniez mieux ce qu’il faut entendre par la grâce divine, comment on peut la reconnaître, comment elle se manifeste chez les hommes qu’elle éclaire : La grâce du Saint-Esprit est Lumière.

    Toute l’Écriture sainte en parle. David, l’ancêtre du Dieu-Homme, a dit : « Une lampe sous mes pieds, ta parole, une lumière sur ma route » (Psaume 118, 105). En d’autres termes, la grâce du Saint-Esprit que la loi révèle sous la forme des commandements divins est mon luminaire et ma lumière, et si ce n’était cette grâce du Saint-Esprit « qu’avec tant de peine je m’efforce d’acquérir, m’enquêtant sept fois par jour de sa vérité » (Psaume 118, 164) comment parmi les nombreux soucis inhérents à mon rang royal pourrais-je trouver en moi une seule étincelle de lumière pour m’éclairer sur le chemin de la vie enténébrée par la haine de mes ennemis ? »

    En effet, le Seigneur a souvent montré, en présence de nombreux témoins, l’action de la grâce du Saint-Esprit sur des hommes qu’il avait éclairés et enseignés par de grandioses manifestations. Rappelez-vous Moïse après son entretien avec Dieu sur le Mont Sinaï (Ex 34,30-35). Les hommes ne pouvaient pas le regarder, tellement son visage brillait d’une lumière extraordinaire. il était même obligé de se montrer au peuple la face recouverte d’un voile. Rappelez-vous la Transfiguration du Seigneur sur le Thabor : « Il fut transfiguré devant eux et ses vêtements devinrent blancs comme neige… et ses disciples effrayés tombèrent la face contre terre. » Lorsque Moïse et Élie apparurent revêtus de la même lumière « un nuage les recouvrit afin qu’ils ne soient pas aveuglés » (Matthieu 17, 1-8 ; Marc 9, 2-8 ; Luc 9, 28-37). C’est ainsi que la grâce du Saint-Esprit de Dieu apparaît dans une lumière ineffable à ceux à qui Dieu manifeste son action.

    Présence du Saint-Esprit

    - Comment alors, demandai-je au Père Séraphim, pourrais-je reconnaître en moi la présence de la grâce du Saint-Esprit ? »

    - C’est fort simple, répondit-il. Dieu dit : « Tout est simple pour celui qui acquiert la Sagesse » (Proverbes 14, 6). Notre malheur, c’est que nous ne la recherchons pas, cette Sagesse divine qui, n’étant pas de ce monde, n’est pas présomptueuse. Pleine d’amour pour Dieu et pour le prochain, elle façonne l’homme pour son salut. C’est en parlant de cette Sagesse que le Seigneur a dit : « Dieu veut que tous soient sauvés et parviennent à la Sagesse de la vérité » (1 Timothée 2, 4). A ses Apôtres qui manquaient de cette Sagesse, il dit « Combien vous manquez de Sagesse ! N’avez-vous pas lu les Écritures ? » (Luc 24, 25-27). Et l’Évangile dit qu’il « leur ouvrit l’intelligence afin qu’ils puissent comprendre les Écritures ». Ayant acquis cette Sagesse, les Apôtres savaient toujours si, oui ou non, l’Esprit de Dieu était avec eux et, remplis de cet Esprit, affirmaient que leur oeuvre était sainte et agréable à Dieu. C’est pourquoi, dans leurs Épîtres, ils pouvaient écrire : « Il a plu au Saint-Esprit et à nous… » (Actes 15, 28), et c’est seulement persuadés qu’ils étaient de sa présence sensible, qu’ils envoyaient leurs messages. Alors, ami de Dieu, vous voyez comme c’est simple ?

    Je répondis :

    - Quand même, je ne comprends pas comment je peux être absolument sûr de me trouver dans l’Esprit-Saint ? Comment puis-je moi-même déceler en moi sa manifestation ?  »

    Le Père Séraphim répondit :

    - Je vous ai déjà dit que c’était très simple et je vous ai expliqué en détail comment les hommes se trouvaient dans l’Esprit-Saint et comment il fallait comprendre sa manifestation en nous… Que vous faut-il encore ?

    - Il me faut, répondis-je, le comprendre vraiment bien…

    La lumière incréée

    Alors le Père Séraphim me prit par les épaules et les serrant très fort dit :

    - Nous sommes tous les deux, toi et moi, en la plénitude de l’Esprit-Saint. Pourquoi ne me regardes-tu pas ?

    - Je ne peux pas, Père, vous regarder. Des foudres jaillissent de vos yeux. Votre visage est devenu plus lumineux que le soleil. J’ai mal aux yeux…

    Le Père Séraphim dit :

    - N’ayez pas peur, ami de Dieu. Vous êtes devenu aussi lumineux que moi. Vous aussi vous êtes à présent dans la plénitude du Saint-Esprit, autrement vous n’auriez pas pu me voir.

    Inclinant sa tête vers moi, il me dit à l’oreille :

    - Remerciez le Seigneur de nous avoir accordé cette grâce indicible. Vous avez vu – je n’ai même pas fait le signe de la croix. Dans mon coeur, en pensée seulement, j’ai prié « Seigneur, rends-le digne de voir clairement, avec les yeux de la chair, la descente de l’Esprit-Saint, comme à tes serviteurs élus lorsque tu daignas leur apparaître dans la magnificence de ta gloire ! » Et immédiatement Dieu exauça l’humble prière du misérable Séraphim. Comment ne pas le remercier pour ce don extraordinaire qu’à tous les deux il nous accorde ? Ce n’est même pas toujours aux grands ermites que Dieu manifeste ainsi Sa grâce. Comme une mère aimante, cette grâce a daigné consoler votre coeur désolé, à la prière de la Mère de Dieu elle-même… Mais pourquoi même regardez-vous pas dans les yeux ? Osez me regarder sans crainte ; Dieu est avec nous.

    Après ces paroles, je levai les yeux sur son visage et une peur plus grande encore s’empara de moi. Imaginez-vous au milieu du soleil, dans l’éclat le plus fort de ses rayons de midi, le visage d’un homme qui vous parle. Vous voyez le mouvement de ses lèvres, l’expression changeante de ses yeux, vous entendez le son de sa voix, vous sentez la pression de ses mains sur vos épaules, mais en même temps vous n’apercevez ni ses mains, ni son corps, ni le vôtre, rien qu’une étincelante lumière se propageant tout autour, à une distance de plusieurs mètres, éclairant la neige qui recouvrait la prairie et tombait sur le grand starets et sur moi-même. Peut-on se représenter la situation dans laquelle je me trouvais alors ?

    - Que sentez-vous maintenant? demanda le Père Séraphim.

    - Je me sens extraordinairement bien.

    - Comment « bien » ? Que voulez-vous dire par « bien » ?

    - Mon âme est remplie d’un silence et d’une paix inexprimables.

    - C’est là, ami de Dieu, cette paix dont le Seigneur parlait lorsqu’il disait à ses disciples : « Je vous donne ma paix, non comme le monde la donne. C’est moi qui vous la donne. Si vous étiez de ce monde, ce monde vous aimerait. Mais je vous ai élus et le monde vous hait. Soyez sans crainte pourtant, car j’ai vaincu le monde » (Jean 14, 27 ; 15, 19 ; 16, 33). C’est à ces hommes, élus par Dieu mais haïs par le monde, que Dieu donne la paix que vous ressentez à présent, « cette paix, dit l’Apôtre, qui dépasse tout entendement » (Philippiens 4, 7). L’Apôtre l’appelle ainsi parce qu’aucune parole ne peut exprimer le bien-être spirituel qu’elle fait naître dans les coeurs des hommes où le Seigneur l’implante. Lui-même l’appelle sa paix (Jean 14, 27). Fruit de la générosité du Christ et non de ce monde, aucun bonheur terrestre ne peut la donner. Envoyée d’en-haut par Dieu lui-même, elle est la Paix de Dieu… Que sentez-vous encore ?

    - Une douceur extraordinaire.

    - C’est la douceur dont parlent les Écritures. « Ils boiront le breuvage de ta maison et tu les désaltéreras par les torrent de ta douceur » (Psaume 35, 9). Elle déborde de notre coeur, s’écoule dans nos veines, procure une sensation de délice inexprimable… Que sentez-vous encore ?

    - Une joie extraordinaire dans tout mon coeur.

    - Quand le Saint-Esprit descend sur l’homme avec la plénitude de ses dons, l’âme humaine est remplie d’une joie indescriptible, le Saint-Esprit recréant dans la joie tout ce qu’il effleure. C’est de cette joie que le Seigneur parle dans l’Évangile lorsqu’il dit : « Une femme qui enfante est dans la douleur, son heure étant venue. Mais ayant mis un enfant au monde, elle ne se souvient plus de la douleur, tellement sa joie est grande. Vous aussi, vous aurez à souffrir dans ce monde, mais quand je vous visiterai vos coeurs seront dans la joie, personne ne pourra vous la ravir » (Jean 16, 21-22).

    Toute grande et consolante qu’elle soit, la joie que vous ressentez en ce moment, n’est rien en comparaison de celle dont le Seigneur a dit, par l’entremise de son Apôtre : « La joie que Dieu réserve à ceux qui l’aiment est au-delà de tout ce qui peut être vu, entendu et ressenti par le coeur de l’homme en ce monde  » (1 Corinthiens 2, 9). Ce qui nous est accordé à présent n’est qu’un acompte de cette joie suprême. Et si, dès maintenant, nous ressentons douceur, jubilation et bien-être, que dire de cette autre joie qui nous est réservée au ciel, après avoir, ici-bas, pleuré ? Vous avez déjà assez pleuré dans votre vie et voyez quelle consolation dans la joie le Seigneur, dès ici-bas, vous donne. C’est à nous maintenant, ami de Dieu, d’œuvrer de toutes nos forces pour monter de gloire en gloire et à « constituer cet Homme parfait, dans la force de l’âge, qui réalise la plénitude du Christ » (Éphésiens 4, 13). « Ceux qui espèrent dans le Seigneur renouvellent leurs forces, il leur vient des ailes comme aux aigles, ils courent sans lassitude et marchent sans fatigue » (Isaïe 40, 31). « Ils marcheront de hauteur en hauteur et Dieu leur apparaîtra dans Sion » (Psaume 83, 8). C’est alors que notre joie actuelle, petite et brève, se manifestera dans toute sa plénitude et personne ne pourra nous la ravir, remplis que nous serons d’indicibles voluptés célestes… Que ressentez-vous encore, ami de Dieu ?

    - Une chaleur extraordinaire.

    - Comment, une chaleur? Ne sommes-nous pas dans la forêt, en plein hiver ? La neige est sous nos pieds, nous en sommes couverts, et elle continue de tomber… De quelle chaleur s’agit-il ?

    - D’une chaleur comparable à celle d’un bain de vapeur.

    - Et l’odeur est-elle comme au bain ?

    - Oh non! Rien sur terre ne peut se comparer à ce parfum. Du temps où ma mère vivait encore j’aimais danser et quand j’allais au bal, elle m’aspergeait de parfums qu’elle achetait dans les meilleurs magasins de Kazan et payait fort cher. Leur odeur n’était pas comparable à ces aromates.

    Le Père Séraphim sourit.

    - Je le sais, mon ami, aussi bien que vous, et c’est exprès que je vous questionne. C’est bien vrai – aucun parfum terrestre ne peut être comparé à la bonne odeur que nous respirons en ce moment – la bonne odeur du Saint-Esprit. Qu’est-ce qui peut, sur terre, lui être semblable ? Vous avez dit tout à l’heure qu’il faisait chaud, comme au bain. Mais regardez, la neige dont nous sommes couverts, vous et moi, ne fond pas, ainsi que celle qui est sous nos pieds. La chaleur n’est donc pas dans l’air, mais à l’intérieur de nous-mêmes. Elle est cette chaleur que l’Esprit-Saint nous fait demander dans la prière : « Que ton Saint-Esprit nous réchauffe ! » Cette chaleur permettait aux ermites, hommes et femmes, de ne pas craindre le froid de l’hiver, enveloppés qu’ils étaient, comme dans un manteau de fourrure, dans un vêtement tissé par l’Esprit-Saint.

    C’est ainsi qu’en réalité cela devrait être, la grâce divine habitant au plus profond de nous, dans notre coeur. Le Seigneur a dit « Le Royaume des Cieux est au-dedans de vous » (Luc 17, 21). Par le Royaume des Cieux, il entend la grâce du Saint-Esprit. Ce Royaume de Dieu est en nous maintenant. Le Saint-Esprit nous illumine et nous réchauffe. Il emplit l’air ambiant de parfums variés, réjouit nos sens et abreuve nos coeurs d’une joie indicible. Notre état actuel est semblable à celui dont parle l’Apôtre Paul « Le Royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par l’Esprit-Saint » (Romains 14, 17). Notre foi ne se base pas sur des paroles de sagesse terrestre, mais sur la manifestation de la puissance de l’Esprit. C’est l’état dans lequel nous sommes actuellement et que le Seigneur avait en vue lorsqu’il disait : « Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici présents ne mourront point qu’ils n’aient vu le Royaume de Dieu venir avec puissance » (Marc 9, 1).

    Voilà, ami de Dieu, quelle joie incomparable le Seigneur a daigné nous accorder. Voilà ce que c’est que d’être « en la plénitude de l’Esprit-Saint. » C’est cela qu’entend saint Macaire d’Égypte lorsqu’il écrit : « Je fus moi-même dans la plénitude de l’Esprit-Saint. » Humbles que nous sommes, le Seigneur nous a aussi remplis de la plénitude de son Esprit. Il me semble qu’à partir de maintenant vous n’aurez plus à m’interroger sur la façon dont se manifeste dans l’homme la présence de la grâce de l’Esprit-Saint.

    Diffusion du message

    Cette manifestation restera-t-elle gravée pour toujours dans votre mémoire ?

    - Je ne sais, Père, si Dieu me rendra digne de me la rappeler toujours, avec autant de netteté que maintenant.

    - Et moi, répondit le starets, j’estime qu’au contraire Dieu vous aidera à garder toutes ces choses à jamais dans votre mémoire. Autrement il n’aurait pas été aussi rapidement touché par l’humble prière du misérable Séraphim et n’aurait pas exaucé aussi vite son désir. D’autant plus que ce n’est pas à vous seul qu’il a été donné de voir la manifestation de cette grâce, mais par votre entremise au monde entier. Affermi vous-même, vous serez utile à d’autres.

    Extrait de l’Entretien avec Motovilov, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.

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    Programme du XXXIème dimanche après la Pentecôte – Dimanche avant la Théophanie – Saint Séraphim de Sarov – ton 6

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 janvier 2012 du calendrier grégorien – 2 janvier 2012 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h15.

    Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Nous entrons aujourd’hui dans les jours d’avant-fête de la Théophanie. En ce jour se célèbre aussi la fête de saint Séraphim de Sarov.

    Né en 19 juillet 1759, Prokhore Mochnine entre à 19 ans comme novice au monastère de Sarov (350 km à l’Est de Moscou), et reçoit, huit ans plus tard, avec son habit de moine, son nouveau nom : Seraphim. Ordonné diacre, puis prêtre, il obtient de l’higoumène de son monastère, en 1790, la permission de se retirer en ermite, dans la forêt.

    Il vécut ainsi, partageant sa vie entre son ermitage et le monastère de Sarov, une ascèse rigoureuse, faite de jeûne, de solitude, d’humilité et de prière, avec comme objectif permanent de se « rapprocher du Christ ». Ses lectures étaient la Bible (il lisait le Nouveau Testament en entier chaque semaine), ainsi que les écrits des Pères de l’Église.
    Dans son immense désir de tout rapporter à Jésus, il avait donné aux environs de son ermitage des noms bibliques. À « Nazareth », il chantait les hymnes « akathistes » à la Vierge ; récitait les offices de sexte et none au « Golgotha » ; lisait l’évangile de la Transfiguration au « Mont Thabor », et entonnait à « Bethléem » le « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ». Il vécut même, pendant un temps, la vie des stylites. Ainsi, durant mille jour et nuits, il passait des heures sur un rocher, à prier.

    Un événement, qui faillit lui coûter la vie, illustre bien le caractère du « misérable Seraphim » (ainsi qu’il se définissait lui-même) : en septembre 1804, il fut agressé à son ermitage par trois brigands (issus d’un village voisin) qui voulaient le voler (lui qui ne possédait rien !). N’ayant rien trouvé, ils le battirent et le laissèrent pour mort, avec une fracture du crâne, et plusieurs côtes cassées. Plus tard, les brigands ayant été retrouvés, le père Seraphim qui avait été ramené au monastère s’opposa formellement à ce qu’ils soient châtiés : il avait pardonné. Néanmoins, après cet incident, son higoumène ne l’autorisa plus à retourner à son ermitage, et c’est dans le monastère de Sarov qu’il vécut les années suivantes.

    A partir de 1822 (il avait alors 63 ans), sa renommée se répandit. Il fut alors continuellement assailli de centaines visiteurs, sa sagesse surnaturelle, ses charismes de prescience et les guérisons spectaculaires qu’il accomplissait l’ayant rapidement rendu célèbre.

    Dans la nuit du 1er au 2 janvier 1833, quoique l’on fût dans le « temps de Noël », on l’entendit chanter les hymnes de Pâques, notamment le tropaire de la résurrection. Ce furent ses dernières paroles. Il fut trouvé mort au petit matin dans sa cellule, agenouillé en prière devant une icône de la Theotokos.

    Le 19 juillet 1903, 70 ans après sa mort, prenant acte de la vénération dont le starets Seraphim était l’objet, « persuadé de l’authenticité des miracles attribués aux prières du starets Seraphim, et rendant grâce à Dieu glorifié dans ses saint » le Saint Synode procéda à sa canonisation. En présence du Tsar Nicolas II, d’un clergé abondant et d’une foule immense eut lieu l’office de canonisation au cours duquel on chanta le tropaire composé en l’honneur du nouveau saint. Durant la nuit qui suivit, la foule resta sur place, à prier, puis, contrairement à l’usage, les hymnes de Pâques furent entonnés. Il devint un des saints les plus populaires de l’église russe. Il est fêté le 2 janvier, ainsi que le 19 juillet pour la translation de ses reliques.

    La spiritualité de Séraphim, très ancrée dans la Bible et la tradition patristique (en particulier la Philocalie), s’exprime en particulier dans son Entretien avec Motovilov qu’il avait guéri ainsi que dans les Instructions spirituelles qui ont été rassemblées par les moniales de Diveïevo.

    Homme de prière, profondément spirituel, saint Seraphim voyait « au-delà des apparences ». Il est à ce titre (et à d’autres) à rapprocher de son contemporain français, saint Jean-Marie Vianney. Outre de nombreux conseils surnaturels qu’il prodigua à ses innombrables visiteurs, on rapporte que saint Séraphim prophétisa sur la révolution bolchevique (« la vie sera courte, alors, les anges auront à peine le temps de ramasser les âmes… ») mais également sur l’avenir de la France, en raison du grand amour que la Mère de Dieu porte à notre pays.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats furent frappés d’effroi ; * et Marie Madeleine se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donnas la vie. * Ressuscité d’entre les morts, * Seigneur, gloire à toi.
    2. Tropaire de l’Avant-Fête de la Théophanie, ton 4 : Prépare-toi, Zabulon, * pare-toi, Nephtali ; * fleuve du Jourdain, arrête-toi, * accueille avec allégresse le Maître qui vient se faire baptiser. * Adam & Eve, exultez * ne vous cachez plus comme jadis au Paradis ; * car, vous voyant nus, le Seigneur s’est montré * pour vous revêtir du premier vêtement. * Le Christ se manifeste pour renouveler l’entière création.
    3. Tropaire de saint Séraphim de Sarov, ton 4 : Depuis ta jeunesse tu as aimé le Christ, Bienheureux, * et, désirant avec ardeur ne servir que lui seul, * au désert tu excellas * dans le travail et la prière continue ; * par la tendresse de ton cœur tu as acquis l’amour du Christ * et plus que tous tu as chéri la Mère de Dieu ; * c’est pourquoi nous te chantons : * vénérable Père Séraphim, * que tes prières nous obtiennent le salut.
    4. Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main vivifiante le Seigneur source-de-vie, * le Christ notre Dieu, * a fait surgir tous les morts des ténèbres de l’Enfer, * accordant la résurrection à tout le genre humain ; * il est vraiment notre Sauveur, * notre vie, notre résurrection et le Dieu de l’univers.
    5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    6. Kondakion de saint Séraphim de Sarov, ton 2 : Ayant délaissé les attraits du monde et tout ce qui se corrompt, * tu as élu demeure au monastère de Sarov * et, par l’angélique vie que tu menas, * pour beaucoup tu fus le chemin vers le salut ; * c’est pourquoi le Christ t’a glorifié en t’accordant * le don des guérisons & des miracles ; * aussi nous te chantons : * Réjouis-toi, vénérable Père Séraphim.
    7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    8. Kondakion de l’Avant-Fête, ton 4 : Descendu dans les flots du Jourdain, * le Seigneur dit à Jean : * Ne crains pas de me baptiser, * je suis venu en effet * sauver Adam le premier Père.
    Prokimen
    De l’Avant-Fête, ton 7 :
    R/. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
    V/. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne sois pas sourd envers moi (Psaume 27, 1).
    Du saint, ton 6 :
    R/. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).
    Alleluia
    De l’Avant-Fête, ton 8.
    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    Du saint : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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    Programme du 1er janvier – Circoncision – Saint Basile le Grand

    Chapelle de l’Ermitage – 23 rue de l’Ermitage, à Versailles, le samedi 14 janvier 2012 du calendrier grégorien – 1er janvier 2012 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 10h45, à l’occasion du 50ème anniversaire de l’Atelier d’icônes Saint-Georges.

    En ce premier jour de l’année civile, le rit byzantin fait coïncider la fête Circoncision de notre Seigneur, accomplie 8 jours après sa naissance avec celle de saint Basile le Grand. Le chant des deux offices est de ce fait combiné.

    Huit jours après la naissance du Sauveur, Joseph et Marie le firent circoncire (Luc 2:21), conformément à l’ordre donné par Dieu à Abraham au moment où Il lui promit d’établir une alliance éternelle avec lui et toute sa descendance : « Et voici Mon alliance qui sera observée entre Moi et vous : c’est-à-dire ta race après toi (…) quand ils auront huit jours tous vos mâles seront circoncis de génération en génération » (Gen. 17:10-12).

    Nous célébrons aussi aujourd’hui, la naissance au ciel le 1er janvier 379 de notre Père parmi les saints, Basile le grand, évêque de Césarée de Cappadoce. Basile suivit des études de rhétorique dans plusieurs écoles, en particulier à l’Académie d’Athènes où il se lie d’amitiés avec saint Grégoire de Naziance. En 358, il renonça au monde après avoir entreprit des voyages en Syrie, en Palestine et en Egypte où il put admirer les exploits ascétiques des premiers Pères du désert. Il se retire auprès de la solitude de sa sœur Macrine et de sa mère. Très vite, de nombreux disciples les rejoignent, formant un monastère double. Devenu prêtre en 363, il rédige à l’attention de ses compagnons monastiques des conseils dont cinquante-cinq forment la « grande règle » et 313 autres la « petite règle ». En 370 il est consacré évêque de Césarée de Cappadoce. Son engagement pendant une famine, les institutions qu’il crée et qui portent son nom, la Basiliade, en ont fait l’un des précurseurs du christianisme social. Sur le siège de Césarée, il défend la foi de Nicée contre l’arianisme et contre l’empereur arien Valens, n’hésitant pas à faire appel au Pape à plusieurs reprises. Il écrit des traités sur le Saint-Esprit, développant la théologie de la Trinité. Il organise les prières liturgiques ; la divine liturgie de saint Basile – un peu plus longue que celle de saint Jean Chrysostome – est toujours utilisée par le rit byzantin les dimanches du Grand Carême et à certaines fêtes importantes de l’année. Saint Basile est proclamé Docteur de l’Église en 1568 par le pape saint Pie V.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire de la fête, ton 1 : Siégeant au plus haut des cieux sur un trône à l’aspect de feu, * avec le Père sans commencement et avec Ton Esprit divin, * tu daignas naître sur la terre du sein de ta Mère immaculée, ô Jésus : * et ainsi tu fus circoncis comme un homme le huitième jour. * Gloire à Ton dessein très bon, * gloire à Ta providence, * gloire à Ta condescendance, toi le seul Ami des hommes.
    2. Tropaire du saint, ton 1 : Par toute la terre ton message s’est répandu * et ta parole fut reçue dans tout l’univers ; * par elle tu as enseigné les divines vérités, * expliqué la nature des êtres et redressé la conduite des humains ; * Père saint, Pontife au nom royal, * prie le Christ notre Dieu pour le salut de nos âmes.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion du saint, ton 4 : Pour l’Eglise tu t’es montré comme inébranlable fondement, * faisant part à tout mortel de l’incrustable Seigneurie * et la marquant du sceau de tes enseignements, vénérable Basile, révélateur du ciel.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de la fête, ton 3 : Le Seigneur de l’univers * daigne subir la circoncision * et retranche dans sa bonté, * les fautes qui couvraient l’humanité ; * en ce jour il donne au monde le salut. * Au plus haut des cieux se réjouit le pontife du Créateur, * l’initiateur des divins mystères, saint Basile le Grand, * qui porte la lumière du Christ notre Dieu.
    Prokimen
    De la fête, ton 6 :
    R/. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
    V/. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne sois pas sourd envers moi (Psaume 27, 1).
    Du saint, ton 1 :
    R/. Ma bouche annonce la sagesse, & le murmure de mon cœur, l’intelligence (Psaume 48, 4).
    Alleluia
    De la fête & du saint, ton 8
    Commémoraison de la Mère de Dieu pendant l’anaphore de saint Basile, ton 8 grec (harmonisation de Pierre Tourtchaninov) :
    A ton sujet, Pleine de grâce, la création entière se réjouit, les chœurs des Anges comme le genre humain : temple sacré, jardin spirituel, virginale louange, en qui Dieu a pris chair et s’est fait enfant, lui notre Dieu de toute éternité. De tes entrailles, il a fait son autel et il a rendu ton sein plus vaste que les cieux. A ton sujet, Pleine de grâce, la création entière se réjouit, gloire à toi !
    Verset de communion
    De la fête : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    Du saint : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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    Epiphanie 2012 à Saint-Eugène

    Publication de la date de Pâques par le diacre.

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    Nos vœux pour 2012

    Voici quelques uns de nos vœux pour notre Schola Sainte Cécile en cette année 2012 :

  • Que le Seigneur la fortifie dans la foi et dans la joie de proclamer celle-ci par le chant liturgique,
  • Que de nombreux nouveaux choristes enthousiastes et bons chanteurs viennent renforcer nos rangs,
  • Que des musiciens passionnés (cordes & vents) se signalent et viennent rehausser du jeu de leurs instruments les fêtes de cette année,
  • Que la vente de notre CD et de nos partitions continue, afin de nous permettre de financer nos projets de développement,
  • Que cette année 2012 nous permette de chanter des liturgies peu connues (pourquoi pas un rit ambrosien à Paris ou un rit mozarabe à Tolède sur les reliques de saint Eugène ?),
  • Que cette année voit aussi la mise en place d’un home studio d’enregistrement numérique efficace à la tribune de Saint-Eugène, afin de pouvoir rediffuser sur ce site les chants des offices et messes, à l’instar de ce que fait – par exemple – chaque dimanche le site du monastère de Sretensky à Moscou.

  • Reçu fiscal par l’Association Schola Sainte Cécile sur simple demande, quel que soit le montant de votre don.

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    L’icône, patrimoine de tous les chrétiens – les 50 ans de l’Atelier d’Icônes Saint Georges

    A l’occasion des 50 ans de l’Atelier d’Icônes Saint Georges créé en 1962 par le Père Egon Sendler, s.j., une exposition parisienne présente plus de 60 icônes, des esquisses, des livrets qui rassemblent des photos des églises et des fresques, œuvres iconographiques réalisées par le Père Sendler et ses élèves des 3 ateliers Saint Georges (à Meudon, à Publier en Savoie, et à Versailles).

    L’Icône est dans son essence un art religieux et même un art théologique. Surgie des origines chrétiennes d’Orient et des siècles de persécution, enrichie par la difficile recherche dogmatique des conciles, purifiée par les épreuves de la persécution iconoclaste, l’icône fait partie du grand courant de la tradition, c’est-à-dire de la vie intérieure de l’Église, prolongement de l’Incarnation du Christ. L’icône est intimement liée aux Ecritures et à la liturgie, c’est en elles qu’elle s’enracine et c’est d’elles qu’elle tire sa valeur aux yeux de la foi.

    Les icônes du Père Sendler et celles de ses ateliers sont écrites avec sobriété : il n’y a aucune complaisance donnée au sentimentalisme, le spirituel ne laisse aucune place au superflu, tout est pureté, tout est message, tout est prière. Elles respectent les canons en vigueur avant l’époque de la Renaissance: dans les symbolismes, les proportions, les structures, les couleurs, les lumières et bien sûr la perspective inversée qui rappelle que c’est l’icône qui nous regarde et qui nous sollicite. La dynamique qui ressort des dessins des icônes et particulièrement des fresques et des esquisses traduit bien ce message : celui que l’homme va également être en mouvement s’il accepte de se laisser tirer par Dieu.

    Pour le Père Sendler, on entre en écriture d’icônes en étant un simple instrument au service de Dieu. Tout ce que fait l’iconographe doit correspondre à la théologie. Il ne faut pas « inventer » ce qui n’aurait pas de base biblique ou liturgique, car l’icône est le reflet d’une réalité, et elle est même un lieu de présence. Le Père enseigne déjà en sa propre personne les qualités alors nécessaires pour un véritable iconographe : l’enthousiasme (étym. : être en Dieu) et le silence intérieur, l’humilité et la générosité.

    Outre l’exposition à la galerie Bansart (Paris VII), pour rendre grâce à Dieu pour ces 50 ans d’activité, la Divine Liturgie de saint Basile le Grand sera célébrée par le père Jean-Louis Lemaire, accompagné du chœur de la paroisse russe catholique de Paris, le samedi 14 janvier, à 10h45 à la chapelle de l’Ermitage – 23 rue de l’Ermitage, à Versailles. Le 14 janvier correspond en effet au 1er janvier dans le calendrier julien et voit la double fête de la Circoncision de Notre Seigneur Jésus Christ et celle de notre Père parmi les saints Basile le Grand, archevêque de Césarée de Cappadoce.

    Biographie du Père Egon Sendler

    Egon Sendler, est né en Silésie (actuellement en Pologne) en 1923. Pendant les années du nazisme il travaille avec les Pères de la Compagnie de Jésus dans une organisation catholique, un épisode qui déterminera sa vie. La guerre l’envoya sur le front de l’est où l’armée russe le fit prisonnier. Les épreuves endurées l’amenèrent à être réceptif à l’appel de la vie consacrée : « S’il lui était donné de survivre il ferait connaître la culture religieuse de la Russie et travaillerait à l’unité des chrétiens. »

    Il rejoint la Compagnie de Jésus et fait ses études à Munich et à Rome. Ses supérieurs l’orientent vers l’apostolat russe pour lequel il est ordonné en rite byzantin. Au milieu d’un groupe de compagnons il travaille désormais pour l’union des Églises, spécialement le rapprochement avec l’orthodoxie russe.

    Influencé par sa mère qui était peintre, il réveille l’intérêt de l’occident pour l’iconographie. Au début des années 60, le Père Sendler est enseignant au sein du Collège jésuite de Saint-Georges à Meudon pour l’immigration russe. Il y enseigne la peinture des icônes, d’abord aux mères des élèves, puis dans ce qui devint l’atelier de Meudon. Suivirent des ateliers en Savoie, à Milan, à Syracuse, à Jérusalem, à Buenos-Aires.

    Dans son atelier actuel de Versailles, il donne de nombreux stages, des élèves de toutes confessions viennent du monde entier : de Chine, du Japon, de Pologne, d’Angleterre, des USA.

    Ses fresques se trouvent dans des églises aux USA, en Allemagne, à Rome, en Sicile, à Paris, au Liban. Ses quatre livres sont des ouvrages de référence pour les iconographes.

    Ouvrages du Père Egon Sendler

    1. L’icône, image de l’Invisible, DDB 1981
    2. Les icônes byzantines de la mère de Dieu, DDB 1992
    3. Les mystères du Christ, Icônes de la liturgie, DDB 2001
    4. Le secret de la ligne, Le dessin des icônes, Edition Istina 2009

    Renseignements pratiques

    GALERIE BANSARD
    26, avenue de La Bourdonnais, Paris 7ème
    Exposition du 12 janvier au 2 février 2012, ouverte tous les jours de 14h à 18h 30 :
    Conférence à la galerie le 19 janvier 2012 à 19 h sur le thème : « L’Icône, patrimoine de tous les chrétiens »

    Atelier Saint Georges
    21, rue de l’Ermitage 78000 Versailles

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    Messe solennelle en la fête de sainte Geneviève à Sainte-Clotilde

    Voici quelques photographies de la messe solennelle de sainte Geneviève, patronne de Paris, célébrée hier soir, en la basilique Sainte-Clotilde (Paris VII), par M. l’Abbé Le Coq, fssp, et servie par des clercs de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre.

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    Messe de minuit au Coeur Immaculée de Marie à Lyon

    Autres photos en ligne de la messe de minuit à l’église du Coeur Immaculée de Marie desservie par la Fraternité Saint Pierre. Célébrant : Monsieur l’abbé Meissonnier.

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