Dimanche 23 novembre 2014 : solennité de sainte Cécile, patronne des musiciens

Solennité de sainte Cécile le 23 novembre 2014

dimanche 23 novembre 2014

Solennité de sainte Cécile, patronne des musiciens

Grand’messe de 11h,
célébrée en l’église Saint-Eugène – Sainte-Cécile
(Paris IX)
par Monsieur le curé de Saint-Eugène

Comme tous les ans, la Schola Sainte Cécile célèbre la patronne des musiciens par une messe polyphonique fastueuse (le dimanche 23 novembre cette année). La Schola interprétera la Messe solennelle Sainte Cécile de Charles Gounod (1818 † 1893), qu’elle avait interprété en 2001, 2002 & 2012 en semblable occasion. Elle donnera des extraits de l’oratorio Mors & Vita du même compositeur, ainsi que le Psaume CL de César Franck (1822 † 1890).

Nous vous convions à venir & à faire venir vos amis à Saint-Eugène fêter avec nous cette fête de la musique sacrée chrétienne !

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Précédentes Céciliades :

  • Messe solennelle Sainte Cécile de Charles Gounod (2001 & 2002),
  • Messe de sainte Cécile de Touve Ratovondrahety (2003),
  • Vêpres en musique de sainte Cécile avec psaumes & antiennes de Marc-Antoine Charpentier et Henry du Mont (2004, dans le cadre de l’année Charpentier),
  • Missa secunda de Hans Leo Hassler (2005),
  • Missa Salve Regina de Jean Langlais (2006),
  • Messe à 4 voix et deux dessus (H.1) de Marc-Antoine Charpentier (2007),
  • Messe Gaudete in Domino semper, du Sacre de Louis XVI, de François Giroust (2008),
  • Missa Octava de Hans Leo Hassler (1564 †1612), archimusicien de la cité de Nuremberg (2009),
  • Missa secunda de Hans Leo Hassler (2010),
  • Messe solennelle Sainte Cécile de Charles Gounod (2012),
  • Messe Gaudete in Domino semper, du Sacre de Louis XVI, de François Giroust (2013).
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Programme de la solennité de sainte Cécile, Vierge & Martyre, patronne de la paroisse, de notre schola & des musiciens

Saint-Eugène, le dimanche 23 novembre 2014, grand’messe de 11h.

Sainte Cécile est l’une des plus illustres parmi les vierges-martyres de Rome. C’est à la fin du IIIème siècle qu’elle joignit à la couronne des vierges celle des martyrs. Mariée de force au païen Valérien, elle le convertit à la foi véritable ainsi que son beau-frère Tiburce. Les Actes de sainte Cécile nous rapportent que le jour de son mariage forcé, tandis que résonnait la musique païenne des noces, Cécile chantait en son cœur une hymne au Christ, le priant de la garder immaculée. Pour cette raison Cécile est devenue patronne des musiciens. Valérien, Tiburce et Cécile recevront tous les trois la palme du martyre, proclamant jusque dans leur mort leur fidélité au Christ Rédempteur. Cécile fut ébouillantée, puis reçut les trois coups de glaives légaux, auxquels elle survivra néanmoins trois jours encore, agonisant péniblement dans sa maison qu’elle laissa en héritage au Pape Urbain ; plus tard cette maison fut dédicacée comme église un 22 novembre, et placée sous son patronage. En octobre 1599, lorsque, sous les ordres du cardinal Sfondate, on y ouvrit le sarcophage de la sainte, son corps était encore intact. Le nom de sainte Cécile figure au Canon de la Messe romaine.

Pour fêter notre patronne, la Schola Sainte Cécile interprète cette année, avec orchestre, la Messe solennelle Sainte Cécile de Charles Gounod (1818 † 1893). Cette messe fut créée en l’église Saint-Eustache le 22 novembre 1855 à la mémoire du beau-père du compositeur, le célèbre pianiste et professeur au Conservatoire Pierre-Joseph Zimmerman († le 18 octobre 1853). Gounod édifie dans cette œuvre une monumentale « cathédrale » de musique, tour à tour triomphale, distinguée ou recueillie, toute à la gloire de Dieu et de la patronne des musiciens.

Outre la Messe solennelle Sainte Cécile, nous chanterons des extraits de Mors & Vita. Voici comment Gounod présente son oratorio publié en 1885 :

« Cet ouvrage fait suite à ma trilogie sacrée « La Rédemption ». On sera peut-être surpris que, dans le titre, j’aie mentionné la Mort avant la Vie. C’est qu’en effet la Mort n’est que la fin de l’Existence qui est un mourir continuel ; mais elle est le premier instant et, en quelque sorte la naissance de ce qui ne meurt plus.
La première partie est consacrée à l’expression des tristesses causées par la perte des êtres aimés et aux solennelles terreurs de la Justice infaillible. La seconde contient le Réveil des morts par la trompette des Anges, & le Jugement des Elus et des Réprouvés. La troisième, tirée de l’Apocalypse, est la description de la Nouvelle Jérusalem et de la vie bienheureuse. »

Nous donnons des extraits de la seconde partie de cet oratorio, deux tableaux (Judex et Judicium Electorum) qui dépeignent l’adoration du Christ siégeant en majesté au Jugement dernier, adoré par les saints & les martyrs. Les textes utilisés par Gounod sont les hymnes de l’Apocalypse de saint Jean.

Celui qui fut « maître de chapelle honoraire à vie de Saint-Louis des-Français », grand admirateur de Palestrina, auditeur assidu de Lacordaire, un temps séminariste à Saint-Sulpice et maître de chapelle des Missions étrangères avait un sens, un amour et une connaissance véritablement profonds de la liturgie catholique (qualités qui firent parfois défaut à d’autres compositeurs de ses contemporains), ce qui transparaît dans toute sa musique religieuse. Lors de ses funérailles nationales à La Madeleine le 17 octobre 1893, ce fut une messe en grégorien seul qui fut chantée, selon son vœu, Saint-Saëns étant au grand orgue et Fauré dirigeant la maîtrise.

  • Propre du jour en vieux plain-chant parisien – Messe polyphonique : Charles Gounod (1818 † 1893), Messe solennelle Sainte Cécile
  • Procession d’entrée : Judex – extrait de l’oratorio Mors & Vita de Charles Gounod
  • Introït – Loquebar (ton v.)
  • Epître : Ecclésiastique LI, 13-17 : C’est pourquoi je veux te rendre grâces et te chanter tes louanges, Seigneur, notre Dieu.
  • Graduel – Audi filia (ton vii.)
  • Alleluia – Quinque prudentes virgines (ton v.)
  • Evangile : Matthieu XXV, 1-13 : L’époux vint, et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces, et la porte fut fermée.
  • Offertoire – Afferentur (ton iv.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Offertoire de la Messe solennelle Sainte Cécile de Charles Gounod
  • Préface des Saints au propre de l’archidiocèse de Paris
  • A l’élévation : Benedictus de la Messe solennelle Sainte Cécile de Charles Gounod
  • Pendant la communion : Mors & Vita (extraits) de Charles Gounod
  • Communion – Confundantur (ton i.)
  • Prière pour la France de la messe la Messe solennelle Sainte Cécile de Charles Gounod
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Psaume CL de César Franck (1822 † 1890), organiste de la Basilique Sainte Clotilde à Paris – Cette œuvre fut créée pour l’Institut des Jeunes Aveugles, interprété par ceux-ci lors de la fête de fin d’année – Le Psaume 150 est le dernier du psautier biblique, qu’il conclut par une acclamation générale de tous les chœurs, auxquels se joignent tous les instruments de musique en usage au Temple de Jérusalem
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    Programme du XXIVème dimanche après la Pentecôte – saints Eraste, Olympas, Rhodion, Sosipatros, Quartus & Tertius – ton 7

    Martyre des saints Apôtres  Eraste, Olympas, Rhodion, Sosipatros, Quartus & Tertius - des 70 Disciples du ChristParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 23 novembre 2014 du calendrier grégorien – 10 novembre 2014 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h15.

    Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour les saints Apôtres Eraste, Olympas, Rhodion, Sosipatros, Quartus & Tertius.

    Ces différents saints sont des disciples et compagnons des voyages apostoliques de saint Paul, qui sont cités par différents écrits du Nouveau Testament, en particulier dans l’adresse finale de l’Epître aux Romains. La tradition les place parmi les 70 Disciples du Christ, en dépit de leurs noms aux consonances grecques ou romaines. Néanmoins, deux d’entre eux, Rhodion et Sosipatros, sont des parents de saint Paul, probablement juifs comme lui.

    Celui sur lequel nous possédons le plus d’informations est saint Eraste de Corinthe. Converti à la foi en Jésus-Christ par saint Paul lors de son premier séjour à Corinthe (vers la fin de l’an 52), il mérita de lui être associé pour ses travaux d’évangélisation et pour ses voyages apostoliques. Avec Paul il parcourut la Judée et la Syrie (l’an 54) puis la Galatie & la Phrygie. A Ephèse, Eraste fut associé à la prédication de saint Paul avec Timothée. De là il les envoya tous deux en Macédoine, avec mission de l’y attendre :

    « Et ayant envoyé en Macédoine deux de ceux qui le servaient dans son ministère, Timothée et Éraste, il demeura encore quelque temps en Asie. » Actes XIX, 22.

    Saint Paul l’y rejoignit l’année suivante et ils partirent pour l’Achaïe et Corinthe, d’où écrivant aux Romains, il les salue de la part d’Eraste :

    « Éraste, trésorier de la ville, vous salue. » Romains XVI, 23.

    Inscription retrouvée à Corinthe avec la mention de saint Eraste, édile de la villeEraste possédait donc une fonction municipale de premier plan à Corinthe. Or il se trouve qu’au cours de fouilles archéologiques réalisées dans cette ville en 1929, on dégagea près de l’ancien théâtre une dalle gravée en gros caractères – datée de la moitié du Ier siècle de notre ère – qui porte le texte suivant : « ERASTVS PRO. AED. S. P. STRAVIT », ce qui peut se traduire par : « Erastus, procurateur et édile, posa cette pierre avec ses deniers ».

    Mais lorsque saint Paul retourna à Rome pour y souffrir le martyre, Eraste demeura à Corinthe :

    « Éraste est demeuré à Corinthe. J’ai laissé Trophime malade à Milet. » 2 Timothée IV, 20.

    Les autres saints de ce jour nous sont connus par de brèves mentions de saint Paul :

    Saint Olympas était un chrétien de Rome salué dans l’Epître aux Romains :

    « Saluez Philologue et Julie, Nérée et sa sœur, et Olympas, et tous les saints qui sont avec eux. » Romains XVI, 15.

    Saint Rhodion ou Hérodion était un parent de saint Paul, aussi présent à Rome :

    « Saluez ceux qui sont de la famille d’Aristobule. Saluez Hérodion, mon cousin. Saluez ceux de la maison de Narcisse, qui sont nos frères dans le Seigneur. » Romains XVI, 15.

    Selon la tradition, les saints Olympas et Hérodion furent décapités à Rome le même jour où mourut crucifié saint Pierre, le Prince des Apôtres, au cours de la persécution ordonnée par Néron.

    Saint Sosipatros était aussi un cousin de saint Paul. Il aussi fit partie de ses voyages apostoliques, comme saint Eraste :

    « [Paul] fut accompagné par Sosipatros, [fils] de Pyrrhus, de Bérée ; par Aristarque et par Second, qui étaient de Thessalonique ; par Gaïus, de Derbe, et par Timothée ; et par Tychique et Trophime, qui étaient tous deux d’Asie. » Actes XX, 4.

    Il était à Corinthe avec Paul lorsque celui-ci écrit aux Romains :

    « Timothée, qui est le compagnon de mes travaux, vous salue ; comme aussi Lucius, Jason et Sosipatre, qui sont mes parents. » Romains XVI, 21.

    De même que saint Quartus :

    « Caïus, qui est mon hôte, et toute l’Église, vous saluent. Éraste, trésorier de la ville, vous salue, et le frère Quartus. » Romains XVI, 23.

    Enfin, saint Tertius est le scribe qui copia l’épître envoyée de Corinthe aux Romains sous la dictée de saint Paul :

    « Je vous salue au nom du Seigneur, moi Tertius, qui ai écrit cette lettre. » Romains XVI, 22.

    Aux heures
    A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Apôtres. Kondakion : du dimanche.

    Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du ton dominical :
    1. Il est beau à voir & bon à manger, * le fruit qui a causé mon trépas ; * mais le Christ est cet arbre de vie * dont je puis manger sans mourir ; * & je crie avec le bon Larron : ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
    2. Dieu de tendresse, mis en croix, tu effaças * la cédule de l’antique péché d’Adam ; * de l’erreur tu sauvas l’ensemble des mortels : ** aussi nous te chantons, Bienfaiteur & Seigneur.
    3. Sur le croix, Dieu de tendresse, tu clouas nos péchés, * par ta mort tu triomphas de la mort ; * d’entre les morts tu éveillas les trépassés ; ** aussi nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection.
    4. Dans les oreilles d’Eve le serpent injecta son venin, * mais le Christ sur l’arbre de la croix * fit jaillir pour le monde la douceur de la vie. ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
    5. Au sépulchre on te dépose comme un mortel, * ô Christ, universelle Vie, * mais de l’Enfer ayant brisé les verrous, * tu ressuscites le troisième jour * avec gloire & puissance, illuminant le monde entier : ** gloire, Seigneur, à ta sainte Résurrection.
    6. Ressuscité d’entre les morts le troisième jour, * le Seigneur donne aux Disciples sa paix ; * les bénissants, il les envoie et leur dit : ** Amenez tous les hommes au royaume de Dieu.
    7. Lumière est le Père, lumière le Fils, * lumière aussi le Saint-Esprit, * mais une seule lumière est en eux trois, * car en trois personnes il n’y a qu’un seul Dieu * consubstantiel & coéternel ** sans division ni confusion depuis toujours & à jamais.
    8. Tu mis au monde dans la chair * le Fils & Verbe du Père éternel * d’une manière que lui seul connaît ; * aussi, Vierge Mère de Dieu, * nous qui par toi fûmes divinisés, ** nous te crions : Réjouis-toi, espérance des chrétiens.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Par ta Croix, Seigneur, tu as détruit la mort, * tu as ouvert au Larron le Paradis ; * tu as changé en joie le deuil des saintes Femmes * et tu as donné l’ordre à tes Apôtres de proclamer que tu es ressuscité, Christ Dieu, ** pour donner au monde la grâce du salut.
    2. Tropaire des Apôtres, ton 3 : Saints Apôtres du Seigneur, * intercédez auprès du Dieu de miséricorde ** pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.
    3. Kondakion des Apôtres, ton 4 : Des Apôtres en ce jour * est apparue la sainte festivité * qui procure notoirement * la rémission de leurs péchés ** aux fidèles célébrant leur mémoire sacrée.
    4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    5. Autre kondakion des Apôtres, ton 2 : Après avoir illuminé votre esprit avec la lumière divine, * vous avez par votre sagesse détruit les ruses des orateurs ; * et pour avoir pêché tous les païens, O glorieux apôtres, * vous les avez amené au salut, ** en leur apprenant à glorifier la Trinité divine.
    6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    7. Kondakion du dimanche, ton 7 : Désormais la force de la mort est impuissante à retenir les mortels, * car le Christ est descendu, brisant et détruisant les puissances de la mort ; * l’Enfer est enchaîné, * les Prophètes tous ensemble se réjouissent. * Le Sauveur, disent-ils, est apparu à ceux qui demeurent dans la foi ; ** venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 7 :
    R/. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
    V/. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).

    Epître
    Du dimanche : Ephésiens (§ 221) II, 14-22.
    Car c’est par Lui que nous avons accès les uns et les autres auprès du Père dans un même Esprit.
    De la Mère de Dieu : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.

    Alleluia
    Du dimanche, ton 7 :
    V/. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
    V/. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).

    Evangile
    Du dimanche : Luc (§ 53) X, 25-37.
    Il s’approcha donc de lui, versa de l’huile et du vin dans ses plaies, et les banda ; et l’ayant mis sur son cheval, il le mena dans une hôtellerie, et prit soin de lui.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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    Programme de la solennité de saint Eugène, premier évêque de Tolède & martyr, patron

    Le martyre de saint Eugène - fresque de Francisco Bayeu y Subías (1734 † 1795) - cloître de la cathédrale de TolèdeSaint-Eugène, le dimanche 16 novembre 2014, procession des reliques de saint Eugène à 10h50, suivie de la grand’messe de 11h.

    Saint Eugène est mis au nombre des disciples ou des compagnons de saint Denys Ier, évêque de Paris, dans plusieurs actes des martyrs. Ce saint évêque l’envoya dans plusieurs lieux pour visiter les Eglises confiées à ses soins. Revenu de ses visites après le martyr de saint Denys, lorsque la persécution était encore des plus vives, il fut pris dans un village qu’on appelle Deuil, qui est à trois lieues de Paris ; et là, après avoir donné des marques éclatantes de sa foi, il fut condamné à avoir la tête tranchée, par la sentence du gouverneur Sisinnius Fescenninus. Son corps fut jeté par les gentils dans un certain lac, dit le lac Marchais. Hercold, homme d’une grande considération, qui avait déjà fait bâtir une église sur le tombeau de saint Denys, le chercha dans ce lac, et l’ayant trouvé, l’ensevelit honorablement, à l’endroit même où il avait souffert le martyre, et il y fit élever un magnifique oratoire. Son corps ayant été transporté, avant le Xe siècle, dans le monastère de saint Denys en France, plusieurs portions de ses reliques furent envoyées dans différentes églises de France et d’Espagne, où elles sont en grande vénération.
    Du Propre de Paris, au 15 novembre, IVe leçon du IInd nocturne de l’office de la nuit, en la fête de saint Eugène.

  • Procession des reliques de saint Eugène : Christus vincit – Laudes regiæ (acclamations carolingiennes – IXème siècle)
  • Mémoire du XXIIIème dimanche après la Pentecôte – Propre du jour en vieux plain-chant parisien
  • Introït
  • Kyrie : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont, sous-maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Gloria : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Graduel
  • Alleluia
  • Séquence : Verbi semen qui plantavit – prose de saint Eugène – selon la tradition, l’orgue chante les strophes impaires.
  • Credo : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Offertoire
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Antienne du VIIIème ton Beatus Dyonisius de l’office de saint Denys avec le Beatus vir – Psaume 111 – plain-chant & alternances polyphoniques de Thomas Luis de Victoria (1540 † 1611), maître de chapelle de l’impératrice Marie à Madrid
  • Sanctus : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • A l’élévation : O vere digna Hostia de Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulème, de Bourges, de Rodez et de Clermont-Ferrand
  • Agnus Dei : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Pendant la communion : Laudate pueri à 6 voix – Psaume 112 – Claudio Monteverdi (1567 † 1643), maître de chapelle à Mantoue puis de Saint-Marc de Venise
  • Communion
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Virgines, & vos pueri vicissim – hymne des Ires et IIes vêpres de l’ancien office parisien de saint Eugène – plain-chant du sixième ton tiré des livres de Coutances
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    Histoire de saint Eugène et de ses reliques

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    Programme du XXIIIème dimanche après la Pentecôte – Saints Akepsimas, Joseph et Aïthala – dédicace de l’église Saint-Georges de Lydda – ton 6

    Martyre des saints Akepsimas, évêque, Joseph, prêtre et Aïthala, diacre - Athos - Monastère de Dyonisou - fresque de Tzortzi (Zorzis) Fuca - 1547Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 16 novembre 2014 du calendrier grégorien – 3 novembre 2014 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h15.

    Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour les saints martyrs Akepsimas, évêque, Joseph, prêtre & Aïthala, diacre.

    Ces martyrs sont des chrétiens araméens vivant dans l’empire des Perses, en Adiabène, province d’Assyrie, l’actuel Kurdistan d’Irak. Ils furent quelques uns des innombrables martyrs de la terrible persécution de l’empereur sassanide Shapour II.

    Dans les premiers siècles, le christianisme se développa rapidement dans la Mésopotamie qui parlait alors l’araméen, comme en Palestine, l’Evangile y étant apporté principalement par les apôtres saint Thomas, Jude Thaddée et Barthélémy. Le pays était sous la domination perse, et on ne signale pas beaucoup de persécutions durant les 4 premiers siècles (si ce n’est de façon sporadiques et plutôt du fait des communautés juives non converties). Cette Eglise, qui s’intitule Eglise d’Orient (toutes les autres étant pour elle des Eglises d’Occident !) est gouvernée par un catholicos depuis la capitale de l’empire perse sassanide, Séleucie-Ctésiphon (près de l’actuelle Bagdad), mais dépend toujours du patriarche d’Antioche, ville située dans l’empire romain. Les choses se gâtent à partir du moment où l’empereur romain saint Constantin le Grand se convertit : pour les empereurs perses, toujours en guerre avec Rome, les chrétiens deviennent dès lors des suspects, des agents de l’étranger. Shapur II décréta une grande persécution générale des chrétiens de son empire qui dura quarante ans (439-479) : le nombre des martyrs se compta en centaines de milliers. La persécution ciblant tout particulièrement les évêques & les membres du clergé, le siège du catholicosat de Séleucie-Ctésiphon demeura vacant de 346 à 363. L’histoire de cette terrible persécution fut écrite par saint Maruthas de Maïpherkat, qui termine son récit par le martyre des saints Akepsimas, Joseph & Aïthala. Les actes de ces martyrs sont aussi rapportés par Sozomène.

    Akepsimas (Acepsimas, Acepsime) était originaire de Naesson et évêque de l’Eglise d’Honite en Assyrie. La 37ème année de la grande persécution de Shapour II, il fut arrêté – quoique âgé de plus de 80 ans – et conduit avec tout son clergé devant le gouverneur de la province, à Arbèles (l’actuelle Erbil, capitale du Kurdistan irakien). Lors de son premier interrogatoire, au gouverneur qui lui demandait pourquoi il n’adorait pas le soleil, il répondit qu’il ne comprenait pas comment des hommes raisonnables préféraient adorer la créature plutôt que le Créateur. Il fut cruellement flagellé pour cette réponse et jeté en prison. Le reste de son clergé fut rendu à la liberté, mais l’un de ses prêtres, Jacques, obtint de rester auprès de son évêque pour le soigner et l’assister dans sa prison.

    Au même procès furent amenés Joseph, prêtre de l’Eglise de Beth Cathuba, et Aïthala (Aïthilahas), diacre de celle de Beth Nuhadra (actuel diocèse d’Alqosh). Tous trois furent gardés en prison pendant trois longues années, y subissant quotidiennement des flagellations et de nombreux autres horribles supplices, leurs os en particulier furent rompus à plusieurs reprises (au point qu’Aïthala ne pouvait plus manger seul, ses mains & ses bras étant rompus). Ils subirent de nombreux interrogatoires dont les actes nous livrent une partie des détails. Leur constante dans l’épreuve fut admirable, et malgré des sollicitations répétées à sacrifier au soleil, ils ne faiblirent jamais.

    Au bout de trois ans, un 10 octobre, saint Akepsimas finit par rendre sa vie au cours d’un ultime supplice au cours duquel il fut écartelé par des cordes tirées par 30 hommes, tandis que deux autres le flagellaient de courroies. Des Arméniens, qui étaient otages chez les Perses, réussirent à récupérer son corps & à l’ensevelir. Six mois après, les saints Joseph & Aïthala reçurent à leur tour la couronne glorieuse du martyre en étant lapidés.

    Depuis le IXème siècle, l’Eglise romaine fête le les saints Acepsimas, Joseph et Aïthale, ainsi que le prêtre Jacques et de nombreux autres martyrs de la terrible persécution de Shapour II. Voici leur notice au Martyrologe romain :

    Le même jour, de nombreux saints martyrs, qui, dans toutes les provinces de la Perse, sous le roi Sapor, furent massacrés pour le nom du Christ, un an après la mort de saint Siméon, au jour également où l’on célébrait la commémoraison de la Passion du Seigneur. Dans ce combat pour la foi, moururent l’eunuque Azade, l’un des favoris du roi; l’évêque Millès, illustre par sa sainteté et l’éclat de ses miracles ; l’évêque Acepsimas, et son prêtre Jacques ; deux autres prêtres Aïthala et Joseph ; Azadane et Abdièse, diacres, et plusieurs autres clercs ; de même : les évêques Maréas et Bicor, vingt autres évêques, et près de deux cent cinquante membres de leur clergé ; un grand nombre de moines et de vierges consacrées à Dieu. Parmi ces dernières se trouvèrent Tarbule, sœur de l’évêque Siméon et sa suivante, qui furent attachées à des poteaux, sciées en deux, et ainsi mises à mort dans ce raffinement de cruauté.

    *

    L'église Saint-Georges de Lydda vers 1920Nous fêtons également en ce jour la dédicace de l’église Saint-Georges de Lydda (actuelle Lod en Israël). Cette église fait partie des grandes constructions ecclésiastiques ordonnées par l’empereur saint Constantin le Grand († 337), comme la basilique de la Résurrection (Anastasis = Saint-Sépulchre) à Jérusalem ou encore les basiliques romaines du Latran, du Vatican & de Saint-Paul-hors-les-Murs. La basilique fut édifiée sur le tombeau même du fameux mégalomartyr Georges.

    En 1872, le patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem reçut la permission des autorités ottomanes de reconstruire une église sur les ruines de l’ancienne basilique. La nouvelle église ne put qu’occuper les extrémités Nord de la nef et de l’ancien transept, dont les absides forment le nouveau sanctuaire, qui de ce fait, n’est pas orienté contrairement à la règle. Les autorités ottomanes obligèrent les chrétiens à partager le site avec une mosquée, toujours présente de nos jours. La partie chrétienne contient toutefois le sarcophage de saint Georges.

    *

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du mégalomartyr Georges. Kondakion : du dimanche.
    A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des martyrs. Kondakion : du dimanche.

    Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du ton dominical :
    1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
    2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
    3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
    4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
    5. Les Myrophores venues au tombeau * entendirent l’Ange proclamer : * Il est vraiment ressuscité, ** le Christ qui illumine le monde entier.
    6. Le Christ qui fut cloué * sur le bois de la croix * & sauva le monde de l’erreur, ** chantons-le tous d’un même chœur.
    7. Glorifions le Père & le Fils * & l’Esprit de sainteté, * disant à l’indivise Trinité : ** sauve nos âmes, nous t’en prions.
    8. O Vierge qui a conçu de merveilleuse façon * & mis au monde en ces derniers temps * ton propre Créateur, ** sauve les fidèles qui te magnifient.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats, furent frappées d’effroi ; * et Marie (Madeleine) se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donna la vie. * Ressuscité d’entre les morts, ** Seigneur, gloire à toi.
    2. Tropaire des Martyrs, ton 4 : Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité ; * animé de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par leurs prières sauve nos âmes.
    3. Tropaire du mégalomartyr Georges, ton 4 : Libérateur des captifs, * toi qui assures aux pauvres ta protection, * en qui les malades trouvent aussi leur médecin * et les princes, leur défenseur, * saint Georges, victorieux et grand martyr, * intercède auprès du Christ notre Dieu ** pour le salut de nos âmes.
    4. Kondakion des Martyrs, ton 2 : Initié aux mystères divins, * tu fus offert en agréable sacrifice, Martyr bienheureux ; * du Christ tu as bu le calice vaillamment ; * avec tes compagnons de lutte, Akepsimas, ** sans cesse tu intercèdes en faveur de nous tous.
    5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    6. Kondakion du mégalomartyr Georges, ton 8 : Ayant trouvé refuge en ton invincible protection, * assurés de ton prompt secours, nous supplions le Christ * de nous délivrer des pièges de l’ennemi, * de tout malheur et des multiples dangers, * nous les fidèles qui te célébrons, * afin que nous puissions chanter à haute voix : ** Réjouis-toi, saint Georges, victorieux martyr.
    7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    8. Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main vivifiante le Seigneur source-de-vie, * le Christ notre Dieu, * a fait surgir tous les morts des ténèbres de l’Enfer, * accordant la résurrection à tout le genre humain ; * il est vraiment notre Sauveur, ** notre vie, notre résurrection et le Dieu de l’univers.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 6 :
    R/. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
    V/. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne sois pas sourd envers moi (Psaume 27, 1).
    [Des Martyrs, ton 4 :
    R/. Pour les saints qui sont sur sa terre, le Seigneur a rendu merveilleuse toutes ses volontés (Psaume 15, 3).]

    Epître
    Du dimanche : Ephésiens (§ 220) II, 4-10.
    Et il nous a ressuscités avec lui, et nous a fait asseoir dans le ciel en Jésus-Christ.
    [Des Martyrs : Ephésiens (§ 233) VI, 10-17.]

    Alleluia
    Du dimanche, ton 6 :
    V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    V/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
    [Des Martyrs, ton 2 :
    V/. Les justes ont crié, et le Seigneur les a exaucés ; et il les a délivrés de toutes leurs peines (Psaume 33, 18).]

    Evangile
    Du dimanche : Luc (§ 39) VIII, 41-56.
    Et Jésus lui dit : Ma fille, votre foi vous a guérie ; allez en paix.
    [Des Martyrs : Luc (§ 106) XXI, 12-19.]

    Versets de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).
    [Des martyrs : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).] Alleluia, alleluia, alleluia.

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    Enregistrement : sainte messe de la fête de l’anniversaire de la dédicace de l’archibasilique du Très-Saint-Sauveur

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    Le ciborium de Saint-Jean-de-Latran contenant les reliques des chefs de saint Pierre et saint Paul

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    Programme de la fête de la dédicace de l’Archibasilique du Très-Saint-Sauveur

    Basilique et palais du Latran avant 1735 par Giuseppe VasiSaint-Eugène, le dimanche 9 novembre 2014, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.

    Nous fêtons en ce jour la dédicace de l’Archibasilique du Très-Saint-Sauveur, plus connue sous le nom de Saint-Jean-de-Latran, cathédrale du pape à Rome, mère et tête de toutes les églises de la Ville et de l’univers :


    Sacrosancta Lateranensis Ecclesia
    Omnium Vrbis et Orbis
    Ecclesiarum Mater et Caput
    .

    Sacrosancta Lateranensis Ecclesia Omnium Vrbis et Orbis Ecclesiarum Mater et Caput

    L’empereur Constantin le Grand, après la paix de l’Eglise de 313, offrit au pape Miltiade († 314) le palais du Latran, vaste domaine de la famille des Laterani qui lui était échu suite à son mariage avec Fausta, sœur de Maxence. L’empereur y démarra la construction d’une somptueuse basilique, qui fut sans doute la première église en Occident dont on célébra solennellement la dédicace. Celle-ci fut accomplie le 9 novembre 324 par le pape saint Sylvestre Ier, qui y dressa sa cathèdre – le Saint Siège Apostolique -, la basilique devenant dès lors la cathédrale de Rome, centre de l’enseignement & du gouvernement de l’Eglise, et foyer de la liturgie catholique romaine. Son palais devint la résidence des papes. Dans le maître-autel, le pape saint Sylvestre Ier fit inclure les restes de l’autel eucharistique de se servit saint Pierre et après lui tous les papes martyrs des trois premiers siècles. Sur cet autel – l’autel papal – ne peut célébrer que le pape.

    Donation de saint Constantin au pape saint SylvestreLa basilique constantinienne fut placée sous le vocable du Très-Saint-Sauveur (sa fête patronale est fixée au 6 août, jour de la Transfiguration), en action de grâces pour la victoire de Constantin à la bataille du Pont Milvius. Au cours des siècles, on la désigna plus couramment sous le nom de Saint-Jean-de-Latran, en raison du baptistère annexé – l’un des plus vieux de la chrétienté – et qui était dédié depuis le IVème siècle à saint Jean Baptiste.

    La basilique fut richement dotée par les premiers empereurs chrétiens. Ces richesses furent néanmoins pillées par les Wizigoths d’Alaric en 410 & la basilique fut ruinée par les Vandales de Genséric en 455, mais elle fut reconstruite par saint Léon le Grand († 461), et saint Grégoire le Grand († 604) témoigne de sa splendeur retrouvée lorsqu’il l’appelle la Basilica Aurea, la Basilique d’Or.

    Entre le IVème et le VIème siècle, s’organise la liturgie stationnale romaine : à certains jours de l’année liturgique, le peuple romain se ressemble autour du pape à une église (l’église de la collecte) pour aller en procession à une autre église (l’église de la station) où le pape, entouré du clergé, célébrait solennellement le Saint Sacrifice de la messe. Le Missel romain de saint Pie V a conservé la mention de ces stations liturgiques en tête des différentes messes stationnales. La station à Saint-Jean-de-Latran – « Statio ad S. Joannem in Laterano » – se retrouve à des dates majeures de l’année liturgique :

    • au début et à la fin du carême, du moins à ses dates antiques, tel qu’il se présentait avant saint Grégoire le Grand : le premier dimanche de carême et le Jeudi-Saint,
    • au dimanche des Rameaux,
    • à la vigile pascale,
    • au samedi in Albis qui clôturait l’octave pascale,
    • au mardi des Rogations,
    • à la vigile de la Pentecôte.

    Les stations de la vigile pascale et de la vigile de la Pentecôte s’expliquent par le fait que l’on baptisait les catéchumènes à Rome au cours de ces deux cérémonies et que très longtemps le baptistère du Latran fut le seul de toute la Ville. De même celle du samedi in Albis, puisque les néophytes y déposaient le vêtement blanc qu’ils avaient reçus au baptême.

    Restaurée sous Adrien Ier († 795), l’archibasilique subit un terrible tremblement de terre en 896, mais fut reconstruite par le pape Serge III († 911).

    A cette occasion, Serge III fit une nouvelle consécration de l’archibasilique qui fut dédiée de façon complémentaire à saint Jean-Baptiste. Une troisième dédicace fut accomplie par le pape Lucius II († 1145) qui la plaça cette fois sous le co-patronage complémentaire de saint Jean l’Evangéliste.

    Façade latérale du Latran vers 1752 par Giuseppe VasiDepuis lors, le titre officiel complet de la cathédrale de Rome devint : Archibasilica Sanctissimi Salvatoris et Sanctorum Iohannes Baptista et Evangelista in Laterano, ce qui peut se traduire par : Archibasilique du Très-Saint-Sauveur et des saints Jean le Baptiste et l’Evangéliste du Latran.

    En dépit de ces vicissitudes du bâtiment, cette première période de l’histoire du Latran est l’une des plus glorieuses. Du haut de l’Episcopium lateranense, 160 papes gouvernèrent l’Eglise, de saint Sylvestre à Boniface VIII († 1303).

    Dans ses murs se réunirent plus de 250 conciles, dont cinq des vingt-et-un conciles œcuméniques : Latran I (1123), Latran II (1139) – Latran III (1179) – Latran IV (1215) & Latran V (1512).

    L’installation de Clément V en Avignon en 1307 arrête brusquement cette ère glorieuse. Le long séjour des papes en France (1307-1377) laissa déserts leur basilique et palais du Latran, qui subirent pendant ce temps plusieurs outrages graves.

    L'autel papal de Saint-Jean-de-Latran surmonté de son ciborium, abritant les reliquaires des chefs de saint Pierre & de saint PaulIncendiée en effet à une première reprise en 1307, la vénérable basilique fut réédifiée par ordre depuis Avignon de Clément V († 1314) et de Jean XXII († 1334). Endommagée par un séisme en 1349 et un second incendie en 1361, elle fut restaurée par Urbain V († 1370) et Grégoire XI († 1378) sous la direction de l’architecte Giovanni Stefani.

    C’est le pape Urbain V qui depuis Avignon fit construire un nouveau ciborium qui surmonte aujourd’hui encore l’autel papal. Dans ce ciborium ont été placés les reliques les plus précieuses de Rome : les chefs sacrés mêmes des saints Apôtres Pierre & Paul, placés ainsi dans deux reliquaires au dessus de l’autel papal.

    A leur retour à Rome en 1377, les papes ne s’établissent plus au Latran, qui en dépit des travaux, n’avait pas retrouvé son ancienne splendeur. C’est le palais du Vatican en hiver, et celui du Quirinal en été, qui deviennent les résidences pontificales habituelles. Dès lors, la basilique Saint-Pierre vit son importance symbolique s’affirmer, sans que pour autant les droits à la primauté de l’antique cathédrale du Latran ne disparaissent. En témoigne la cérémonie de la prise de possession du Latran par les papes, qui suit toujours immédiatement leur couronnement : après une remise des clefs au souverain pontife par le clergé de l’archibasilique, le pape célèbre la sainte messe sur l’autel papal puis donne sa bénédiction Urbi & Orbi depuis la loggia de l’impressionnante façade.

    Archibasilique du Très-Saint-Sauveur (Saint-Jean-de-Latran)En prévision du jubilé de l’an 1650, le pape Innocent X confia à Francesco Borromini la restauration de la basilique. Le pape imposa à l’architecte de respecter le plus possible la forme antique de l’église et de laisser le grand plafond de la nef centrale datant du XVIème siècle. Borromini garda donc les dimensions de l’antique basilique (135 mètres de long et 65 mètres de large), ainsi que la disposition générale des cinq nefs, datant de l’époque constantinienne. Il fit installer les portes centrales en bronze qui sont celles originales de la Curie romaine. Il restaura l’intérieur en lui donnant un nouveau lustre baroque. Dans les niches qu’il prépara le long de l’allée centrale furent placées les statues monumentales des douze apôtres qui furent ajoutées au début du XVIIIème siècle.

    L'intérieur de l'Archibasilique du Latran, avec les statues des 12 apôtres et l'autel papal surmonté de son ciborium du XIVème siècleAprès la spoliation de Rome par l’état italien, les accords du Latran signés le 11 février 1929 reconnaissent l’existence de l’Etat du vatican. L’archibasilique du Latran et son palais apostolique, ainsi que leurs annexes (Baptistère du Latran, Scala Santa) bénéficient de l’extraterritorialité et son rattachés au nouvel état.

    Pour finir, notons que l’archibasilique a aussi de longue date un lien privilégié avec la France. En 1482, le roi de France Louis XI avait accordé des droits au chapitre du Latran sur l’abbaye de Clairac en Aquitaine. En contrepartie, le chapitre lui attribua le titre de chanoine d’honneur de Saint-Jean-de-Latran, titre que tous les rois de France reçurent par la suite. En remerciement de la protection des chanoines du Latran accordée par le roi Henri IV (leur abbaye française de Clairac avait subi les affres de la religion prétendue réformée), le chapitre du Latran fait aussi célébrer chaque année depuis 1604 une messe pour la prospérité de la France le 13 décembre, jour anniversaire de la naissance d’Henri.
     

  • Propre grégorien de la dédicace
  • Kyrie : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont, sous-maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Gloria : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Séquence parisienne : Jerusalem & Sion Fíliæ – prose de la Dédicace d’Adam de Saint-Victor (c. 1112 † c. 1192), préchantre de la cathédrale de Paris – plain-chant recomposé au XVIIIème siècle par l’Abbé d’Haudimont, maître de chapelle de la cathédrale de Châlons-sur-Saône puis de Notre-Dame de Paris et de Saint-Germain L’Auxerrois (avant 1790) – selon la tradition, l’orgue figure les versets impairs
  • Credo : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Urbs beáta Jerusalem – Hymne de la Dédicace, aux vêpres & à matines – texte du VIIIème siècle – alternances d’orgue de Michel Corrette (1707 † 1795), organiste de Sainte-Marie du Temple & des Jésuites à Paris
  • Sanctus : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • A l’élévation : O salutaris sur le ton du récitatif liturgique de la préface – Henri de Villiers
  • Agnus Dei : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite, missa est : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Pendant le dernier Evangile : Salve Regina
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