Programme de la solennité de l’Epiphanie

Le baptême du Christ par Navarrete El MudoSaint-Eugène, le dimanche 7 janvier 2018, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

> Catéchisme sur la fête de l’Epiphanie.

« Nous vénérons ce jour saint, orné de trois miracles : aujourd’hui l’étoile conduit les Mages à la crèche; aujourd’hui l’eau est transformée en vin au cours des noces ; aujourd’hui dans le Jourdain le Christ veut être baptisé, afin de nous sauver, alléluia. »
Antienne de Magnificat des secondes vêpres de l’Epiphanie.

Vigile de Noël

Nativite de Notre Seigneur & Sauveur Jésus-ChristParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le samedi 6 janvier 2018 du calendrier grégorien – 24 décembre 2017 du calendrier julien, vigile de toute la nuit à 18h30.

L’Eglise catholique russe suit le calendrier julien et non le calendrier grégorien. Le décalage entre les deux calendriers étant actuellement de 13 jours, Noël tombe le 7 janvier. Le 6 janvier, l’office solennel des vigiles de Noël ouvre la célébration de la fête de la Nativité.

Cet office de vigile, qui durait jadis toute la nuit (et dure environ deux heures et demi de nos jours), ne comporte pas d’eucharistie. Il s’agit d’une veillée liturgique qui prépare les fidèles à la célébration de la divine liturgie le lendemain (le 7 janvier donc, à 9h15).

Cet office comprend deux parties essentielles : l’office des grandes vêpres suivi de celui des matines de Noël.

Aux grandes vêpres

Stichères du lucernaire, ton 2 :
1er stichère (de saint Germain de Constantinople, † 740) : Venez, réjouissons-nous dans le Seigneur, * en relatant le mystère de ce jour. * Le mur de séparation est renversé ; * l’épée flamboyante se retire * et les chérubins s’éloignent de l’arbre de vie. * Et moi, je goûte à la nourriture du paradis, * duquel m’avait chassé la désobéissance. * Car l’image immuable du Père, * l’empreinte de Son éternité, * prend forme d’esclave * en naissant d’une mère qui ne connut point le mariage, * et sans Lui-même subir de changement. * Ce qu’il était, Il l’est demeuré, * Dieu véritable ; * ce qu’Il n’était pas, il l’a assumé, * s’étant fait homme par amour pour le genre humain. * Chantons-Lui : ** Dieu né de la Vierge, aie pitié de nous.
2nd stichère (de saint Anatolius de Constantinople, † 458) : Le Seigneur Jésus étant né de la sainte Vierge, * toutes choses ont été illuminées. * Tandis que les pasteurs veillaient dans la plaine, * que les mages L’adoraient, * que les anges Le chantaient, * Hérode s’agitait * parce que Dieu était apparu dans la chair ** en Sauveur de nos âmes.
3ème stichère : Ton Royaume, Christ Dieu, * est un royaume de tous les siè̀cles * et Ta souveraineté dure de génération en génération. * Toi qui T’es incarné par le Saint-Esprit * et qui es devenu homme en naissant de la toujours Vierge Marie, * Tu fis briller la lumière pour nous, ô Christ Dieu, par Ton avènement. * Lumière de Lumière, * éclat du Père, * Tu as illuminé toute créature. * Tout souffle Te loue, * Toi qui es l’empreinte de la gloire du Père, * Toi qui es et as toujours été, * Toi qui à brillé d’une Vierge ** Dieu, aie pitié de nous.
4ème stichère : Que T’offririons-nous, ô Christ, * parce que Tu t’es fait voir sur terre comme homme ? * Chacune des créatures sorties de Toi Te présente en effet sa gratitude : les anges, leur chant ; * les cieux, l’étoile ; * les mages, leurs dons ; * les pasteurs, leur émerveillement, * la terre, la grotte ; * le désert, la crèche ; * mais nous, une Mère Vierge ! * Ô Toi qui es d’avant les siècles, ** Dieu, aie pitié de nous.
Despotikon (de sainte Cassienne de Constantinople, 810 † 865) : Auguste régnant seul sur le monde, * la pluralité des pouvoirs humains cessa, * et, lorsque Tu t’incarnas de l’Immaculée, * le polythéisme des idoles fut aboli. * C’est à un seul royaume universel que furent soumises les cités * et c’est dans la seule souveraineté de la Divinité que crurent les nations. * Les peuples furent recensés sur l’ordre de César ; * nous croyants, fûmes inscrits au nom de Ta Divinité, * ô notre Dieu incarné. ** Grande est Ta miséricorde, Seigneur, gloire à toi !

Prokimen
Du dimanche, ton 6 :
R/. Le Seigneur règne, il s’est revêtu de beauté (Psaume 92, 1).
V/. Le Seigneur s’est revêtu de puissance, et il s’est ceint. (Psaume 92, 1).
V/. Car il a créé le monde, & il ne sera pas ébranlé (Psaume 92, 1).
V/. A ta maison convient la sainteté, Seigneur, pour la longueur des jours. (Psaume 92, 5).

Premier tropaire & versets des Parémies : Tu es né caché dans une grotte, * mais le ciel T’annonça à tous en employant, ô Sauveur, * l’étoile comme une bouche. * Et il T’amena les mages qui T’adorèrent avec foi ; * Comme Tu eus pitié d’eux, aie pitié de nous.
Ses fondations reposent sur les saintes montagnes ; * le Seigneur aime les portes de Sion plus que toutes les tentes de Jacob. * On a dit de toi des choses glorieuses, cité de Dieu. * Je ferai mémoire de Rahab et de Babylone devant ceux qui me connaissent.
Et il T’amena les mages qui T’adorèrent avec foi ; * Comme Tu eus pitié d’eux, aie pitié de nous.
Voici que les étrangers, et Tyr, et le peuple de l’Éthiopie, * tous y sont nés. * Mais Sion est notre mère, peut dire chacun, * car en elle tout homme est né, * et Lui-même, le Très-Haut, en a posé les fondements.
Et il T’amena les mages qui T’adorèrent avec foi ; * Comme Tu eus pitié d’eux, aie pitié de nous.
Le Seigneur inscrira au registre les peuples * et les princes qui y sont nés. * Car tous ceux qui exultent de joie ont leur demeure en toi.
Et il T’amena les mages qui T’adorèrent avec foi ; * Comme Tu eus pitié d’eux, aie pitié de nous.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
Et il T’amena les mages qui T’adorèrent avec foi ; * Comme Tu eus pitié d’eux, aie pitié de nous.
Et maintenant & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Et il T’amena les mages qui T’adorèrent avec foi ; * Comme Tu eus pitié d’eux, aie pitié de nous.
Tu es né caché dans une grotte, * mais le ciel T’annonça à tous en employant, ô Sauveur, * l’étoile comme une bouche. * Et il T’amena les mages qui T’adorèrent avec foi ; * Comme Tu eus pitié d’eux, aie pitié de nous.

Second tropaire & versets des Parémies : Tu as surgi d’une Vierge, ô Christ, Soleil spirituel de Justice ; * et une étoile T’a montré dans la grotte, Toi l’Incirconscriptible devenu circonscrit. * Tu as guidé les mages venus pour T’adorer. * Avec eux, nous Te magnifions : * Toi qui donnes la vie, gloire à Toi.
Le Seigneur a régné, Il s’est revêtu de beauté, * le Seigneur s’est revêtu de puissance, * Il a noué une ceinture à Ses reins. * Car Il a affermi l’univers, * et il ne sera pas ébranlé.
Tu as guidé les mages venus pour T’adorer. Avec eux, nous Te magnifions : * Toi qui donnes la vie, gloire à Toi.
Les fleuves ont élevé, Seigneur, * les fleuves ont élevé leur voix. * Les fleuves ont soulevé, * dans le fracas des eaux innombrables.
Tu as guidé les mages venus pour T’adorer. Avec eux, nous Te magnifions : * Toi qui donnes la vie, gloire à Toi.
Admirables sont les soulèvements de la mer ; * admirable est le Seigneur dans les hauteurs. * Tes témoignages sont entièrement dignes de foi ; * à Ta maison convient la sainteté, Seigneur pour la suite des jours.
Tu as guidé les mages venus pour T’adorer. Avec eux, nous Te magnifions : * Toi qui donnes la vie, gloire à Toi.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
Tu as guidé les mages venus pour T’adorer. Avec eux, nous Te magnifions : * Toi qui donnes la vie, gloire à Toi.
Et maintenant & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Tu as guidé les mages venus pour T’adorer. Avec eux, nous Te magnifions : * Toi qui donnes la vie, gloire à Toi.
Tu as surgi d’une Vierge, ô Christ, Soleil spirituel de Justice ; * et une étoile T’a montré dans la grotte, Toi l’Incirconscriptible devenu circonscrit. * Tu as guidé les mages venus pour T’adorer. * Avec eux, nous Te magnifions : * Toi qui donnes la vie, gloire à Toi.

Prokimen
De la fête, ton 1 :
R/. Le Seigneur m’a dit : Tu es mon Fils, * Moi, aujourd’hui, je T’ai engendré (Psaume 2, 8).
V/. Demande, et je Te donnerai les nations en héritage, pour domaine, les extrémités de la terre (Psaume 2, 9).

Epître
De la fête : Hébreux (§ 303) I, 1-12.
Dieu ayant parlé autrefois à nos pères en divers temps et en diverses manières par les prophètes, nous a enfin parlé en ces derniers jours par son propre Fils, qu’il a fait héritier de toutes choses, et par qui il a même créé les siècles.

Alleluia
De la fête, ton 5 :
V/. Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds (Psaume 109, 1).
V/. Le Seigneur T’enverra de Sion le sceptre de Ta puissance (Psaume 109, 2).
V/. De mon sein je T’ai engendré avant l’étoile du matin. Le Seigneur l’a juré, et Il ne s’en repentira pas (Psaume 109, 3).

Evangile
De la fête : Luc (§ 5) II, 1-20.
C’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur.

Litie
1er stichère idiomèle, ton 1 (de saint Jean Damascène, † 780) : Que le ciel et la terre se réjouissent prophétiquement en ce jour, anges et hommes fêtons spirituellement la solennité, car Dieu est apparu dans la chair à tous ceux qui étaient assis dans les ténèbres et l’ombre, en naissant de la Vierge ; la grotte et la crècheL’accueillirent.Lespasteurs proclament la merveille ; d’Orient, les mages apportent les dons à Bethléem. Quant à nous, de nos lèvres indignes nous Lui apportons la louange angélique: gloire à Dieu dans les hauteurs et paix sur la terre : l’attente des peuples est arrivée, venant nous sauver de l’asservissement de l’ennemi.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Despotikon, ton 6 (de saint Germain de Constantinople, † 740) : Tous les anges chantent en chœur dans le ciel et les hommes se réjouissent en ce jour : toute la création exulte à cause de notre Sauveur et Seigneur qui est né à Bethléem : car toute illusion des idoles a cessé et le Christ règne dans les siècles.

Apostiches idiomèles
1er apostiche idiomèle, ton 2 (de saint Germain de Constantinople, † 740) : Une grande et admirable merveille s’accomplit en ce jour : la Vierge enfante et son sein ne subit aucune corruption : le Verbe s’incarne et ne se sépare pas du Père. Les anges et les pasteurs rendent gloire, et nous, avec eux, nous nous écrions : Gloire à Dieu dans les hauteurs et paix sur terre.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Despotikon, ton 4 (de saint Anatolius de Constantinople, † 458) : Tu as habité une grotte, Christ Dieu, et une crèche T’a reçu ; les pasteurs et les mages T’ont adoré. C’est alors que s’accomplissait l’oracle prophé- tique et les puissances angéliques frappées d’étonnement chantaient et criaient : « Gloire à Ta condescendance, seul Ami des hommes ».

Tropaire apolytikion, ton 4
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Aux matines

Canon des matines de Noël, de saint Côme de Maïouma

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Publication de la date de Pâques & de celles des fêtes mobiles de l’année 2018

La publication de la date de Pâques dans le Pontificale Romanum.

Dans le rit romain, le jour de l’Epiphanie (dont la solennité est obligatoirement reportée en France au dimanche qui suit – soit le dimanche 7 janvier cette année), le diacre fait selon la tradition la publication de la date de Pâques après le chant de l’évangile.

RIT ROMAIN

En voici le chant pour 2018, réalisé par nos soins :

En voici le texte & la traduction pour 2018 :

Novéritis, fratres caríssimi, quod annuénte Dei misericórdia, sicut de Nativitáte Dómini nostri Jesu Christi gavísi sumus, ita et de Resurrectióne ejúsdem Salvatóris nostri gáudium vobis annuntiámus.

Vous avez su, Frères très chers, par la miséricorde de Dieu qui nous a été annoncée, que nous avons été comblés par la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi de même nous vous annonçons la joie qui nous sera procurée par la Résurrection de notre même Sauveur.

Die vigésima octáva Januárii erit Domínica in Septuagésima.

Le 28 janvier sera le dimanche de la Septuagésime.
Décima quarta Februárii dies Cínerum, et inítium jejúnii sacratíssimæ Quadragésimæ. Le 14 février sera le jour des Cendres et le début du jeûne très sacré du Carême.
Prima Aprílis sanctum Pascha Dómini nostri Jesu Christi cum gáudio celebríbitis. Le 1er avril sera la sainte Pâque de Notre Seigneur Jésus-Christ, que vous célèbrerez avec joie.
Décima Máii erit Ascénsio Dómini nostri Jesu Christi. Le 10 mai sera l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Vigésima ejúsdem Festum Pentecóstes. Le 20 du même mois sera la fête de la Pentecôte.
Trigésima prima ejúsdem Festum sacratíssimi Córporis Christi. Le 31 du même mois sera la fête du Très Saint Corps du Christ.
Secúnda Decémbris Domínica prima Advéntus Dómini nostri Jesu Christi, cui est honor et glória, in sæcula sæculórum. Amen.

Le 2 décembre sera le premier dimanche de l’Avent de Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui est l’honneur et la gloire, dans les siècles des siècles. Amen.

Plus de détails sur la Publication de la date de Pâques à l’Epiphanie.

Livret PDF imprimable à l’attention du clergé.

RIT PARISIEN

Voici le chant de l’ancien usage de Paris, pour 2018 :

Noverit Parisiense 2018

En voici le texte & la traduction pour 2018 :

Novérit cáritas vestra, fratres caríssimi, quod, annuénte Dei & Dómini nostri Jesu Christi misericórdia, die prima mensis Aprílis Pascha Dómini celebrábimus.

Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 1er avril nous célèbrerons la Pâque de Seigneur.

RIT AMBROSIEN

Voici le chant pour le rit ambrosien, pour 2018 :

Noverit Ambrosianum 2018

En voici le texte & la traduction pour 2018 :

Novérit cháritas vestra, fratres charíssimi, quod, annuénte Dei & Dómini nostri Jesu Christi misericórdia, die prima, mensis Aprílis, Pascha Dómini cum gáudio celebrábimus. R/. Deo grátias.

Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 1er avril, nous célèbrerons avec joie la Pâque de Seigneur. R/. Rendons grâces à Dieu.

Charles Gounod (1818-1893) – 2e Partie : Temps de Noël

La particularité de cette année nous permet de faire dialoguer Charles Gounod avec plusieurs compositeurs du XIXe siècle. Comme bon nombre de ses contemporains, Gounod s’attèle à honorer la Nativité du Seigneur, d’autant que son écriture mélodique, inhérente à son langage musical, invite naturellement à composer des cantiques ou des pastorales, étoffant ainsi le répertoire des mélodies traditionnelles propres à la Veillée de Noël.

De par son écriture d’organiste, il se différencie nettement d’Adolphe Adam et son Cantique de Noël, « Minuit Chrétien », lequel était un compositeur prolifique d’Opéras Comique, mais bien peu porté sur la Foi chrétienne. On retrouve en revanche chez Gounod une grande parenté stylistique avec l’Oratorio de Noël du jeune Camille Saint-Saëns, dont le solennel « Tollite hostias » ponctuera l’Offertoire de la Messe de Minuit. Le cantique latin Adeste fideles sera chantée avec l’harmonisation pour chœur mixte de Théodore Dubois, organiste et successeur à l’Académie des Beaux Arts du fauteuil de Charles Gounod, en 1894.

En revanche, bien que le temps de Noël soit propice à l’écoute des timbres singuliers et insolites de l’orgue, et bien qu’il s’agisse de son instrument, Gounod ne créera pas de pièces propres, soit comme la production prolifique de Boëly soit encore de Lefébure-Wely dans sa Livraison 9. Sans doute le rôle de l’orgue brillant soliste du XIXe romantique ne correspondait pas à la nature plus réservée de Gounod, et ainsi gardait-il l’usage de l’orgue pour l’accompagnement du chant.

En résumé, on retrouve dans les œuvres de Gounod, affiliées à ce temps liturgique, la constance de la mise en valeur des voix élevées voire d’enfants, expression de la jeunesse du Christ et des anges. L’économie dans le nombre de voix met en relief les voix, comme surplombant, s’élevant au-dessus de l’humanité.

En dehors de la Messe brève à la Congrégation des Dames auxiliatrices de l’Immaculée-conception, à deux voix de femmes écrite en 1876 pour ce couvent, Charles Gounod a pu écrire quelques pièces spécifiques à ce temps liturgique.

Dans cette étable, Pastorale sur un Noël du dix-huitième siècle « Bethléem » : ce cantique, composé en 1859 au départ a cappella, reprend donc un des Noëls anciens de Mgr Valentin Esprit Fléchier (1632-1710) écrit en 1700. Le langage de l’œuvre se veut scrupuleux de l’esprit de la pastorale fondée sur des archaïsmes musicaux et formels.

En effet, l’œuvre est strophique, construite au départ sur un bourdon Do-sol qu’une vièle eût pu jouer, la mélodie est très simple, la battue – devenue ternaire presque sous la forme d’une danse paysanne – accentue l’effet agreste, et nous offre à entendre un dynamisme bien venu. Entrecoupées d’intermèdes à l’orgue, raretés dans la production musicale de Gounod, les strophes sont davantage nourries d’un accompagnement de plus en plus ample jusqu’à la troisième qui exprime « sa puissance » ff, achevant sur des « Ah! » d’un chœur en liesse chantés au soprano sur des sol aigus.

Page de couverture de la partition originale de Chantez Noël

Chantez Noël – Chant des Religieuses de Uhland : composé en 1866, cette première version fut destinée à un chœur de femmes dont une soprano et une contralto soliste. Le texte français, de Jules Barbier, est postérieur au texte allemand initial.

D’un figuralisme limpide, la mélodie de ce cantique traduit cette inexorable ascension musicale grâce à une ritournelle autour de « Montez à Dieu ». L’accompagnement, en ostinato rythmique, par effet d’accumulation, augmente la tension vers le climax final sur la « flamme éternelle » du Sib aigu tenu à la soprano soliste.
La partie centrale, en revanche, donnée à la contralto soliste, adoucit le mouvement dans l’écriture musicale, sous forme d’une mélodie accompagnée par des arpèges, et permet ainsi, par contraste vocal et de tessiture, une forme de résurrection lumineuse du thème principal.

Noël des bergers : les mélomanes auront reconnu « l’air du berger » extrait de Mireille, les paroles sont de l’abbé Maris. Il est extrait du recueil 60 cantiques adaptés à la musique des Grands Maîtres datant de 1882, du vivant donc de Charles Gounod, dont l’adaptation pour orgue a été faite par Léon Roques, organiste de Saint Pierre de Chaillot. Reconnu donc par ses pairs, cet air dont le contrechant est au hautbois, a l’avantage de correspondre à l’esprit pastoral de Noël, grâce à une mélodie simple et modale, strophique quant aux paroles. Le rôle du pâtre est souvent donné à un enfant par la fraîcheur et la pureté de son timbre, de bon aloi pour la veillée de Noël.

L’Année Gounod à Saint-Eugène

1ère partie : le temps de l’Avent
2nde partie : le temps de Noël

Cantilène de l’évangile de la messe de l’Epiphanie

Titre de l'évangile de l'Epiphanie

Chant de l'Evangile de l'Epiphanie
Chant de l'Evangile de l'Epiphanie
Chant de l'Evangile de l'Epiphanie

Livret PDF pour le diacre.

Texte & traduction :

V/. Dóminus vobiscum.
R/. Et cum spíritu tuo.
V/. Sequéntia Sancti Evangélii secúndum Matthæum.
R/. Glória tibi, Dómine
Cum natus esset Jesus in Bethlehem Juda in diébus Heródis regis, ecce, Magi ab Oriénte venérunt Jerosolymam, dicéntes : Ubi est, qui natus est rex Judæórum ? Vídimus enim stellam ejus in Oriénte, et vénimus adoráre eum. Audiens autem Heródes rex, turbátus est, et omnis Jerosólyma cum illo. Et cóngregans omnes príncipes sacerdótum et scribas pópuli, siscitabátur ab eis, ubi Christus nascerétur. At illi dixérunt ei : In Bethlehem Judæ : sic enim scriptum est per Propétam : Et tu, Bethlehem terra Juda, nequáquam mínima es in princípibus Juda ; ex te enim éxiet dux, qui regat pópulum meum Israel. Tunc Heródes, clam vocátis Magis, diligénter dídicit ab eis tempus stellæ, quæ appáruit eis : et mittens illos in Bethlehem, dixit : Ite, et interrogáte diligénter de púero : et cum invenéritis, renuntiáte mihi, ut ego véniens adórem eum. Qui cum audíssent regem, abiérunt.

Et ecce, stella, quam víderant in Oriénte, antecedébat eos, usque dum véniens staret supra, ubi erat Puer. Vidéntes autem stellam, gavísi sunt gáudio magno valde. Et intrántes domum, invenérunt Púerum cum María Matre ejus, (hic genuflectitur) et procidéntes adoravérunt eum. Et apértis thesáuris suis, obtulérunt ei múnera, aurum, thus et myrrham.

Et respónso accépto in somnis, ne redírent ab Heródem, per áliam viam revérsi sunt in regiónem suam.


V/. Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et avec ton esprit.
V/. Suite du saint Evangile selon Matthieu.
R/. Gloire à toi, Seigneur.
Jésus étant né à Bethléem de Judée aux jours du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem en disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’Orient, et nous sommes venus l’adorer. » Apprenant cela, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et les scribes du peuple, et il leur demanda où devait naître le Messie. Ils lui dirent : « A Bethléem de Judée, car voilà ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas la moindre parmi les cités de Juda ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d’Israël mon peuple. » Alors Hérode convoqua secrètement les mages et il leur fit préciser le temps où l’étoile avait paru ; puis, le envoyant à Bethléem, il dit : « Allez vous informer avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi afin que, moi aussi, j’aille l’adorer. » Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’Orient les précédait, pour s’arrêter enfin au-dessus de l’endroit où était l’enfant. En voyant l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Entrant alors dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère, (ici on fléchit le genou) et, se prosternant, ils l’adorèrent. Ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent comme présents, l’or, l’encens et la myrrhe.

Puis, instruits en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Source : Laudes festivæ lectionarium et cantarium – 1940, pp. 56-59.

Cantilène de l’épître de la fête des Saints Innocents

Epître des saints Innocents - plain-chant d'Amiens

Epître des saints Innocents - plain-chant d'Amiens
Epître des saints Innocents - plain-chant d'Amiens

Livret PDF téléchargeable.

Texte (Apocalypse XIV, 1-5) :

In diébus illis : Vidi supra montem Sion Agnum stantem, et cum eo centum quadragínta quatuor mília, habéntes nomen ejus, et nomen Patris ejus scriptum in fróntibus suis. Et audívi vocem de cœlo, tamquam vocem aquárum multárum, et tamquam vocem tonítrui magni : et vocem, quam audívi, sicut citharœrórum citharizántium in cítharis suis. Et cantábant quasi cánticum novum ante sedem, et ante quátuor animália, et senióres : et nemo póterat dícere cánticum, nisi illa centum quadragínta quátuor mília, qui empti sunt de terra. Hi sunt, qui cum muliéribus non sunt coinquináti : vírgines enim sunt. Hi sequúntur Agnum, quocúmque íerit. Hi empti sunt ex homínibus primítiæ Deo, et Agno : et in ore eórum non est invéntum mendácium : sine mácula enim sunt ante thronum Dei. En ces jours là : Je vis ensuite l’Agneau debout sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son nom, et le nom de son Père, écrit sur le front. J’entendis alors une voix qui venait du ciel, semblable à un bruit de grandes eaux, et au bruit d’un grand tonnerre ; et cette voix que j’entendis était comme le son de plusieurs joueurs de harpe qui touchent leurs harpes. Ils chantaient comme un cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre animaux et les vieillards ; et nul ne pouvait chanter ce cantique, que ces cent quarante-quatre mille qui ont été rachetés de la terre. Ce sont là ceux qui ne se sont point souillés avec les femmes, car ils sont vierges. Ceux-là suivent l’Agneau partout où il va ; ils ont été rachetés d’entre les hommes pour être consacrés à Dieu et à l’Agneau comme des prémices. Et il ne s’est point trouvé de mensonge dans leur bouche : car ils sont purs et sans tache devant le trône de Dieu.

Sources :

  • Abbé Jean Lebeuf, Traité historique et pratique sur le chant ecclésiastique. Paris, Hérissant, p. 129-132.
  • Dr Marcel Jérôme Rigollot, Epîtres farcies telles qu’on les chantait dans les Eglises d’Amiens au XIIIème siècle. Amiens, Caron-Vitet, 1838.

Cette cantilène propre à l’épître de la fête des Saints Innocents (28 décembre) était autrefois chantée entremêlée de vers français qui paraphrasaient le texte latin, ce qu’on appelait au Moyen-Age une épître farcie. Ces épîtres étaient chantées par deux ou trois sous-diacres à certaines fêtes de l’année, surtout pendant la période autour de la fête de Noël, de la saint Nicolas à l’Epiphanie. On trouve des épîtres farcies assez fréquemment dans les manuscrits liturgiques du XIIème & XIIIème, puis l’usage semble se restreindre voire disparaître. On en composa tout de même encore quelques unes au XIVème siècle, et on en chantait encore, avec leurs textes en vieux français, dans certaines provinces de France au beau milieu du XVIIIème siècle, surtout celle de saint Etienne, probablement la plus ancienne. Pour les linguistes qui étudient l’histoire de la langue française, ces farces sont d’une haute valeur, car elles figurent parmi les plus anciens témoignages écrits du français, décliné dans ses nombreuses formes régionales

Voici le début de cette épître des Saints Innocents transcrite par l’Abbé Lebeuf dans son fameux Traité sur le chant ecclésiastique, avec les farces en vieux picard :

Epître farcie de la fête des Saints Innocents - plain-chant d'Amiens

Epître farcie de la fête des Saints Innocents - plain-chant d'Amiens

Epître farcie de la fête des Saints Innocents - plain-chant d'Amiens

Epître farcie de la fête des Saints Innocents - plain-chant d'Amiens

On notera que la paraphrase française évolue dans le même VIIème que la cantilène du texte latin, mais sur un chant qui ne décalque pas celui-ci. Dans d’autres épîtres farcies, toutes les strophes reproduisent la même mélodie, distincte de celle du latin qui évolue plus librement d’une verset à l’autre. Il est probable qu’on aura composé les vers français pour s’insérer dans la cantilène latine préexistante.

Ces cantilènes, du moins pour le texte latin, sont-elles anciennes ? Probablement. Notons qu’on les retrouve sur des tons similaires d’un diocèse à un autre. Les deux exemples que donne l’Abbé Lebeuf de l’épître farcie de la fête de saint Etienne (26 décembre), tirés à la fois des livres d’Amiens (vers l’an 1250) et d’une église de la province Lyon ou de Sens (vers l’an 1400) montrent en effet des mélodies – tant latines que françaises – très proches, avec pourtant des paroles différentes pour les paraphrases françaises (sauf dans la première strophe).

De ce fait, les épîtres farcies sont précieuses car elles nous permettent d’avoir un écho de la très grande variété des cantilènes liturgiques qui dût être en usage pour chanter les différents épîtres et évangiles de l’année ; elles sont donc le souvenir d’un état ancien de la liturgie, beaucoup plus riche que ce qui est parvenu jusqu’à nous (les livres liturgiques romains depuis le XVIIème siècle ne comportent plus que deux tons pour l’épître, dont l’un est le recto-tono).

Le chant de l’épître des Saint Innocents cité par Lebeuf est tiré des anciens livres liturgiques d’Amiens. La farce française y comporte pas moins de 130 vers, tous en rimes masculines pour faciliter leur adaptation au plain-chant. Nous n’avons conservé que le chant des versets latins, sans leurs paraphrases versifiées en français, & complété les premiers versets que donne l’Abbé Lebeuf à partir du travail fait au XIXème siècle par le Dr Rigollot. Le choix du VIIème ton, qui possède naturellement un ambitus très ample, a peut-être été guidé par le sens du texte, la mélodie s’élevant sur le second verset pour rendre compte du texte :

Et audívi vocem de cœlo, tamquam vocem aquárum multárum, et tamquam vocem tonítrui magni.
J’entendis alors une voix qui venait du ciel, semblable à un bruit de grandes eaux, et au bruit d’un grand tonnerre.

Notons que le 4ème verset surtout (et dans une mesure le 5ème verset), reproduit une psalmodie du VIIème ton, et celle-ci est peut-être la source inspiratrice de cette cantilène de l’épître des Innocents.

Les livres de Paris ne nous ont pas conservé d’épîtres farcies, il est vrai qu’on n’a gardé que peu de manuscrits liturgiques de notre ville antérieurs à la moitié du XIIIème siècle. Est-ce à dire que notre diocèse avait répugné à chanter des épîtres farcies ?

Non ! Dans une intéressante ordonnance prise en1198 par l’évêque Eude de Sully afin de régler la célébration de la fête de la Circoncision, le 1er janvier, à Paris, on notera le passage suivant, qui atteste que notre ville, à l’instar des autres diocèses de France, connaissait bien l’usage des épîtres farcies :

Missa similiter cum ceteris Horis ordinate celebrabitur a aliquo prœdictorum, hoc addito quod Epistola cum farsia dicetur a duobus in cappis sericeis. La messe de même, comme les autres heures, sera célébrée par l’un de ceux sus-mentionnés, en ajoutant qu’une épître avec farce sera dite par deux en chapes de soie.

Tomás Luis de Victoria – O magnum mysterium

Tomás Luis de Victoria (c. 1548 † 1611), maître de chapelle de l’impératrice Marie au couvent royal des Clarisses déchaussées de Madrid
O magnum mysterium (1572)
4 voix mixtes (SATB).
4 pages.

Septième d’une famille de onze enfants, Tomás Luis de Victoria devint chantre de la cathédrale d’Avila en 1558. En 1567, il se rendit à Rome où il étudia la théologie au Collegio romano et reçut probablement les leçons de Palestrina, maître de chapelle et de chant au Séminaire romain.

En 1569 il exerçe les fonctions de maître de chapelle et d’organiste à Santa Maria di Montserrato à Rome. À partir de 1571, il enseigne la musique au Séminaire romain. Il publie d’ailleurs en 1572 son premier recueil de motets à Venise chez Gardano Fils et succède à Palestrina en 1573 dans la charge de maître de chapelle de ce séminaire. En 1575, il fut ordonné prêtre, et trois ans plus tard, en 1578, Victoria entra dans la Congrégation de l’Oratoire, fondé par saint Philippe Néri.

En 1586, il fut nommé chapelain et maître de chœur du couvent royal des clarisses déchaussées à Madrid, où vivait, retirée, la fille de Charles Quint, l’impératrice Marie d’Autriche (veuve de l’empereur Maximilien II et sœur de Philippe II). Durant cette partie de sa vie, il reçut plusieurs offres des plus importantes cathédrales espagnoles qu’il refusa toutes.

Il revint à Rome en 1592 pour publier ses Missæ, liber secundus. Deux ans plus tard, il assistait aux funérailles de Palestrina, et en 1595, il rentra définitivement en Espagne où il meurt à Madrid le 27 août 1611.

O magnum mysterium est le 5ème des motets publiés en 1572 chez Gardano Fils. Cette première publication de jeunesse est d’emblée un chef d’œuvre.

Le motet O magnum mysterium est établi sur le texte du IVème répons des matines de Noël. Du reste la modalité choisie par Victoria permettrait de chanter le verset en plain chant de ce répons, avec la réclame en polyphonie reprise après le verset (* Beata Virgo).

Voici le plain-chant de ce répons, du IIIème ton :

omagnummysterium

Curieusement, dans le recueil imprimé chez Gardano, ce motet est assigné à la fête de la Circoncision de Notre Seigneur (1er janvier), où ce répons n’est pas chanté (certes, le texte convient à toute l’octave de Noël). Voici le texte de ce répons et sa traduction :

O magnum mystérium, et admirábile sacraméntum, ut animália vidérent Dóminum natum, jacéntem in præsépio : * Beáta Virgo, cujus viscéra meruérunt portáre Dóminum Christum. O grand mystère & admirable sacrement, que des animaux aient vu le Seigneur né, gisant dans une crêche ! * Heureuse la Vierge dont les entrailles ont mérité de porter le Seigneur Christ !

Les premières mesures de cette partition :

O magnum mysterium - motet de Thomas Louis de Victoria

L’édition originale chez Gardano Fils en 1572 :

O magnum mysterium - Victoria - Frontispice de l'édition de 1572

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Sébastien de Brossard – Missa Quinti Toni pro nocte ac die festi Natalis Domini, quatuor vocum cum organo (1700)

Sébastien de Brossard (1655 † 1730), maître de chapelle des cathédrales de Strasbourg, puis de Meaux.
Missa Quinti Toni pro nocte ac die festi Natalis Domini, quatuor vocum cum organo (1700)
3 voix mixtes (STB).
2 pages.

Appartenant à une vieille famille de la noblesse normande, Sébastien de Brossard fit ses études de philosophie et de théologie à Caen avant d’être ordonné prêtre. Il étudie la musique en autodidacte et s’établit à Paris en 1678. Il est nommé vicaire à la cathédrale de Strasbourg, à la suite de l’annexion de la ville par Louis XIV en 1681. Maître de chapelle de cette cathédrale, il fonde également une Académie de Musique dans la même ville en 1687. C’est aussi à Strasbourg qu’il se procure la majeure partie de sa bibliothèque musicale, devenue légendaire et qui constitue encore aujourd’hui le principal fond ancien du département de la musique de la Bibliothèque nationale de France.

En décembre 1698, il est nommé maître de chapelle de la cathédrale de Meaux, où Jacques-Bénigne Bossuet († 1704) est évêque depuis 1681. Chanoine du chapitre depuis 1709, il laisse la maîtrise à un de ses élèves, en 1715. Il meurt le 10 août 1730 à Meaux et est inhumé en la cathédrale Saint-Étienne de cette ville.

C’est donc pour la cathédrale de Meaux que Brossard compose – du 13 au 16 décembre 1700 – sa « messe du Vème pour la nuit et le jour de la fête de la Naissance du Seigneur », à 4 voix & orgue.

Comme les messes de noël de Guillaume Minoret ou de Marc-Antoine Charpentier, celle de Sébastien de Brossard est établie sur les thèmes des vieux noëls populaires français (thèmes aujourd’hui bien oubliés hélas). Cette messe comporte, outre les pièces usuelles (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei), une élévation – O miraculum ! – et une prière pour le Roi – Domine, salvum fac Regem.

Nous vous proposons dans un premier temps la partition de l’élévation O miraculum !, ainsi que le Kyrie, le Sanctus & l’Agnus Dei de cette messe, avant que de mettre en ligne les fichiers de l’intégralité de cette messe de Sébastien de Brossard.

L’élévation est traitée en petit motet à trois voix solistes (l’Altus en est absent). Le manuscrit de Brossard indique la présence du basson (fagotto) avec la basse continue de l’orgue (dispositif vraisemblablement identique pour tout le restant de la messe).

Le texte de cette élévation n’est curieusement pas l’O salutaris usuel en France depuis qu’un édit de Charles V renouvelée pour Louis XII avait imposé ce chant à toutes les messes hautes du royaume de France. O miraculum ! est tiré des poésies laissées dans les années 1680 par Pierre Portes, chanoine & théologal de la collégiale de Saint-Chamond, l’un de ces poètes néo-latins qui proposaient alors de nouveaux textes à l’attention des compositeurs de motets.

Voici le texte de Pierre Portes utilisé par Sébastien de Brossard et sa traduction. Il convient davantage à la messe de minuit qu’à celles de l’aurore ou du jour de Noël.

O miráculum !
O novitátis prodígium !
In hac tenebrósa nocte
Novum lumen cérnitur
In hac obscúra quiéte
Nobis splendor óritur.
O miráculum !
O novitátis prodígium !
O miracle !
O prodige ultime !
Dans cette ténébreuse nuit
Une nouvelle lumière est discernée.
Dans cette obscure quiétée,
Pour nous une splendeur s’est levée.
O miracle !
O prodige ultime !

Les premières mesures de cette partition :

O miraculum - Sébastien de Brossard

Le manuscrit original de Sébastien de Brossard :

elevatio-o-miraculum-manuscrit-de-sebastien-de-brossard

Comme vous pouvez le constatez, nous vous proposons cette œuvre un ton plus bas que dans le manuscrit de Brossard, afin de tenir compte des diapasons des orgues actuels.

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https://www.youtube.com/watch?v=9qHPd60JSmU

O miraculum - Sébastien de Brossard

O miraculum – Sébastien de Brossard

Catéchisme sur la Naissance de Jésus-Christ

Adoration des bergers - Sylvain Riandet

Demande. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le 25 décembre prochain ?
Réponse. L’Eglise célèbre la Fête de la Naissance de Jésus-Christ, vulgairement appelée Noël.
Explication. Le mot de Noël était anciennement en France un cri d’allégresse & de joie ; il était d’usage aux fêtes & aux réjouissances publiques, comme aux baptêmes des princes, aux entrées des rois, à leur sacre & dans de pareille circonstances. C’est ici une acclamation de joie de la Naissance du Sauveur.

D. Quel jour Jésus-Christ est-il né ?
R. Jésus-Christ est né le vingt-cinq décembre.

D. Dans quel endroit Jésus-Christ est il né ?
R. Jésus-Christ est né à Bethléem, petite ville de Judée.
Explication. Un prophète l’avait ainsi annoncé & avait même nommé cette ville ; ce n’est pas que la Sainte Vierge & saint Joseph y demeurassent, leur séjour ordinaire était à Nazareth ; mais l’Empereur Auguste ayant ordonné un dénombrement général de la Judée, chaque chef de famille fut obligé de se rendre dans la ville d’où dépendait le lieu de sa demeure, pour y donner son nom. La Sainte Vierge, malgré sa grossesse, ne se dispensa point de ce voyage.

D. Quelles sont les autres circonstances de la Naissance de Jésus-Christ ?
R. Jésus-Christ est né dans une pauvre étable au milieu de la nuit.
Explication. L’affluence extraordinaire des peuples qu’occasionna ce dénombrement général, & peut-être plus encore la pauvreté de Marie, furent cause qu’elle ne trouva point de place dans les hôtelleries de Bethléem. Elle fut obligée de se retirer dans une cabane voisine de cette bourgade (c’était une retraite de bergers qui veillaient sur leur bétail pendant la nuit) ; ce fut là que l’auguste Mère de Dieu mit au monde le Sauveur du monde même sans aucune douleur, & sans la moindre altération de sa virginité.

D. Qu’entendit-on d’extraordinaire à la Naissance du Sauveur ?
R. On entendit les cantiques des Anges qui annonçaient la Naissance du Sauveur & la paix à l’univers.
Explication. Les Esprits célestes chantaient dans les airs le commencement de ce cantique célèbre que l’Eglise dit à la sainte messe : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, & paix aux hommes de bonne volonté sur la terre. La Naissance du Sauveur étant le plus grand de tous les bienfaits, il n’est pas étonnant que les chœurs des Anges l’aient annoncée par leurs divins cantiques.

D. Qui sont ceux qui les premiers adorèrent Jésus-Christ dans la crèche ?
R. Ce furent les bergers, auxquels les Anges annoncèrent la venue du Sauveur.
Explication. Un Ange tout brillant de lumière apparut aux bergers qui veillaient sur leurs troupeaux. Cette vue les remplit de frayeur ; l’Ange les rassura aussitôt : Je viens vous apprendre, leur dit-il, la plus heureuse des nouvelles, une nouvelle qui doit vous combler de joie. Il vient de naître un Sauveur dans la ville de David ; empressez-vous d’aller lui présenter vos hommages ; vous le reconnaitrez à la crèche qui lui sert de berceau, & aux langes qui l’enveloppent. Allons, se dirent mutuellement les bergers, allons à Bethléem, voyons cette merveille que le ciel même vient de nous annoncer. Ils arrivent à la cabane, se prosternent devant le divin Enfant, l’adorent comme leur Dieu, & s’en retournent pleins d’admiration & de joie.

D. Pourquoi Jésus-Christ est-il venu au monde ?
R. Jésus-Christ est venu au monde pour nous racheter du péché & de l’enfer.
Explication. Sans la médiation de Jésus-Christ, les hommes étaient perdus sans ressource. L’outrage que le péché avait fait à Dieu était un outrage d’une malice infinie ; toutes les créatures ensemble ne pouvaient le réparer ; il n’y avait qu’un Dieu pénitent & humilié qui put satisfaire à la justice d’un Dieu méprisé & outragé. Cette satisfaction infinie était donc l’unique ressource de l’homme : voilà pourquoi le Fils de Dieu, qu’un amour sans bornes engagea à se faire notre victime & notre caution, a voulu se revêtir de notre mortalité, & commencer, comme le reste des hommes, dans les larmes & la douleur, la vie qu’il devrait un jour donner pour nous sur la croix.

D. Quelles sont les vertus principales que le Sauveur nous apprend dans sa Naissance ?
R. Le Sauveur nous apprend principalement l’humilité, l’amour de la pauvreté & des souffrances.

D. Comment le Sauveur nous apprend-il l’humilité dans sa Naissance ?
R. En méprisant les grandeurs & en naissant dans l’état le plus obscur.
Explication. Il s’est anéanti lui-même, dit l’Apôtre, en prenant la forme d’un esclave ; il a quitté sa gloire, sa majesté, sa grandeur, en les voilant sous les dehors de notre mortalité : quels anéantissements ! Il va plus loin : non content de s’assujettir à toutes les infirmités de l’enfance, ce Dieu si grand, à qui tout appartient, qui peut naître au milieu de l’éclat & de la magnificence, veut naître dans une chaumière ouverte de toutes parts : quelle leçon !

D. Comment le Sauveur nous enseigne-t-il l’amour de la pauvreté dans sa Naissance ?
R. En naissant de parents pauvres, & dans le sein même de la pauvreté.
Explication. Jésus-Christ eût choisi, s’il eût voulu, des parents distingués par leurs richesses & par leur opulence ; mais il n’eût pas commencé sa vie sainte par nous donner une des plus grandes leçons de son Evangile. Heureux sont les pauvres : ce Dieu qui devait un jour ne pas avoir où reposer sa tête, permet que la Famille royale, dont il est l’héritier, soit, au temps de sa Naissance, réduite à la pauvreté & à l’indigence. Joseph vivait du travail de ses mains ; Marie, suivant la tradition, n’avait pas d’autre ressource. Le Sauveur voulut naître, vivre & mourir pauvre, pour nous apprendre que la pauvreté soufferte en vue de Dieu, est une des plus sûres voies pour arriver au ciel.

D. Comment le Sauveur nous apprend-il l’amour des souffrances en naissant ?
R. En se soumettant lui-même aux souffrances & à la douleur.
Explication. Le Sauveur souffre déjà dans sa Naissance, & commence ainsi le grand ouvrage de notre Rédemption pour lequel il est venu sur la terre ; ses souffrances ne se terminent qu’à la mort par les douleurs les plus inconcevables. En voyant ce Dieu Enfant déjà sujet à souffrir pour nous, ne devrions-nous pas nous réjouir nous-mêmes lorsque l’occasion se présente de souffrir, pour accomplir en nous, suivant l’expression de l’Apôtre, ce qui manque à ses douleurs ?

D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle institué la fête de Noël ?
R. Pour remercier Jésus-Christ du grand bienfait de sa Naissance.
Explication. C’est en cette fête qu’on peut bien s’écrier avec l’Ecriture : Grâces à Dieu d’un don qui est au dessus de toute expression & que l’esprit de l’homme ne comprendra jamais. Le bienfait est si grand, que, pour en remettre sans cesse la mémoire sous les yeux des Chrétiens, tous ceux qui portent ce nom ont fait de la Naissance de Jésus-Christ l’époque qui fixe les années ; en sorte qu’en pensant à chaque année, il semble qu’on doive se rappeler la Naissance du Sauveur.

D. Pourquoi célèbre-t-on trois messes le jour de Noël ?
R. Pour honorer les trois naissances de Jésus-Christ.

D. Quelle est la première naissance de Jésus-Christ, en l’honneur de laquelle on dit la première messe, qui est celle de minuit ?
R. C’est la naissance temporelle dont l’Eglise célèbre la fête.
Explication. La messe se dit à minuit, au temps même, comme on le croit, de la Naissance du Sauveur. Il faut alors adorer Jésus naissant, pour imiter, dit un concile de Bourges, la piété des bergers qui allèrent pendant cette nuit adorer Jésus-Christ dans l’étable de Bethléem.

D. Quelle est la seconde naissance de Jésus-Christ à l’honneur de laquelle on dit la seconde messe à la pointe du jour ?
R. C’est la naissance de Jésus-Christ dans le cœur des justes qui se fait par la grâce.

D. Quelle est la troisième naissance de Jésus-Christ à l’honneur de laquelle on dit la troisième messe en plein jour ?
R. C’est la naissance éternelle de Jésus-Christ dans le sein de son Père.

D. Est-on obligé d’entendre trois messes le jour de Noël ?
R. Non : il n’y a point de loi de l’Eglise qui l’ordonne, mais c’est une coutume sainte & louable d’y assister.

D. N’y avait-il pas autrefois une communion générale le jour de Noël ?
R. Oui, cette communion était prescrite comme à Pâques.
Explication. C’était autrefois un précepte de communier à Noël & à la Pentecôte comme à Pâques. Le concile de Latran n’exigea plus que la communion pascale à cause du relâchement des Chrétiens ; on voit néanmoins des conciles postérieurs à celui de Latran ordonner encore la communion aux principales fêtes ; en particulier celui de Toulouse de 1229, qui se tint quatorze ans après. Il ajoute même qu’on regardera comme suspects d’hérésie ceux qui ne satisferont pas à ce devoir.

D. Quels fruits retirons-nous de ce catéchisme ?
R. Trois principaux. 1. Se confesser & communier si le confesseur le juge à propos. 2. Adorer Jésus enfant, & le remercier de ce qu’il est né pour nous sauver. 3. S’appliquer à la pratique des vertus dont il nous donne l’exemple.

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Généalogie de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu

Dominus vobiscum de la généalogie des matines de Noël
Généalogie de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu, des matines de Noël - tradition parisienne 01

Généalogie de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu, des matines de Noël - tradition parisienne 02

Généalogie de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu, des matines de Noël - tradition parisienne 03

Généalogie de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu, des matines de Noël - tradition parisienne 04

Source : Missel de Notre-Dame de Paris (XIIIème siècle) – BnF latin 1112, f° 7 r° & v°.

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Depuis au moins le IVème siècle (comme l’atteste le récit de la pèlerine Egérie à Jérusalem), un évangile est chanté solennellement à la fin de l’office nocturne les dimanches & fêtes. Cet évangile de l’office divin s’est conservé à cet endroit dans la plupart des rits (dans le rit byzantin, il y a ainsi une série des 11 évangiles de la résurrection qui sont chantés aux matines de chaque dimanche, saint Benoît décrit aussi cet évangile de matines auquel on répond Amen dans sa règle, etc…). L’évangile de matines ne reprend pas le texte de l’évangile de la messe du jour, il est chanté par l’évêque, l’abbé ou le prêtre officiant, mais pas par le diacre (contrairement à l’évangile de la messe).

Au rite romain pur cependant, il n’en subsiste aujourd’hui plus grand chose : seul le premier verset de l’évangile du jour est chanté au troisième nocturne et suivi de trois leçons, tirées des homélies des Pères sur cet évangile. Les différents usages diocésains français avaient toutefois conservé une structure primitive plus ancienne du rit romain : usuellement, le chant solennel de l’évangile arrivait – comme dans la règle de saint Benoît – à la fin de l’office nocturne, entre le neuvième répons du dernier nocturne (répons disparu du rit romain actuel) et le Te Deum.

Pour la nuit de Noël, aussi bien chez les bénédictins que dans les antiques usages diocésains français, l’évangile des matines consiste en la généalogie du Christ selon saint Matthieu. Le chant solennel de cette généalogie est modulé depuis toujours sur un ton très particulier, d’une grande beauté. De même, on chantait sur une autre mélodie solennelle la généalogie selon saint Luc à la fin des matines de l’Epiphanie. Certains diocèses connaissaient également le chant solennel au salut après les secondes vêpres de Noël du prologue de saint Jean sur une sublime mélodie (mais cet usage est plus récent).

Lorsque l’usage de chanter les matines de Noël avant la messe de minuit commença à s’effriter, de nombreuses paroisses maintinrent cependant le chant de la généalogie à minuit, avant la première messe de Noël. C’est toujours le cas à Saint-Eugène.

Nous présentons ci-dessus la version parisienne de cette généalogie. Notez que la fin s’achève un peu curieusement, mais cette fin est calculée pour pouvoir enchaîner directement avec l’intonation du Te Deum final.

Fête de Noël – messe du jour – Introït – Graduale Romanum 1905

Introït - Puer natus est nobis - ton 7
 

PVER * natus est nobis, et fílius datus est nobis : cujus impérium super húmerum ejus : et vocábitur nomen ejus, magni consílii Angelus.
Ps. Cantáte Dómino cán-ticum novum, * quia mirabília fecit.
V/. Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. * Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen.
Un enfant nous est né, et un fils nous a été donné ; il portera sur son épaule l’insigne de l’empire, et il sera appelé par son nom : l’Envoyé du grand conseil.
Ps. Chantez au Seigneur un cantique nouveau, car il a fait des merveilles.
V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Saint Côme de Maïouma – Canon des matines de Noël

Dans le rit byzantin, on chantait à matines neuf cantiques tirés de l’Ecriture (le 2nd est généralement omis, sauf durant le Grand Carême). A partir du VIIème siècle, les versets de ces cantiques furent entremêlés de tropaires, courtes compositions ecclésiastiques commentant le texte du cantique ou la fête du jour. Le premier canon de Noël a été écrit par saint Côme de Maïouma (appelé aussi Cosmas de Jérusalem, ou Cosmas le Mélode, ou encore Cosmas l’Hymnographe).

Orphelin de père et de mère, Côme (Κοσμάς) fut adopté par Serge, un riche notable chrétien de Damas, qui était le père de saint Jean Damascène.

Saint Jean & saint Côme sont ainsi frères de lait. Ils étudièrent la grammaire, la philosophie, la musique, l’astronomie et la géométrie auprès du moine Côme de Sicile, que leur père Serge avait racheté aux pirates musulmans qui l’avaient réduit en esclavage.

Les deux frères devinrent, vers 726, moines à la laure de Saint-Sabas à Jérusalem.

Côme fut élu évêque de Maïouma en Palestine (ville de la région de Gaza). Il mourut dans cette ville et fut rapidement canonisé.

Hymnographe fécond, saint Côme laissa au moins quatorze canons complets et de nombreux triodes (canons de trois odes pour le Carême).

Voici le texte du canon que saint Côme de Maïouma composa pour les matines de Noël. Ses tropaires forment en grec l’acrostiche suivant : « Le Christ fait homme demeure le Dieu qu’il était ». (traduction nouvelle employée à la Paroisse russe catholique de Paris – vous pouvez trouver la musique de ce canon dans le livret des matines de Noël employé par le chœur, aux pages 58 à 77) :

Première ode – cantique de Moïse – Hirmos : Le Christ est né, glorifiez-le ; * le Christ descend des cieux, allez à sa rencontre ; * le Christ est sur terre, relevez-vous. * Chante pour le Seigneur, terre entière, * & peuples, louez-le dans l’allégresse, * car il s’est couvert de gloire.

V/. Tu les mèneras, tu les planteras sur la montagne de ton héritage, au lieu dont tu fis, Seigneur, ta demeure, au sanctuaire qu’ont préparé tes mains.

Tropaire : Celui qui était flétri à cause de sa transgression, * celui qui, créé à l’image de Dieu, était tout entier asservi à la corruption * et déchu des hauteurs de la vie divine, * le sage Artisan le renouvelle, ** car il s’est couvert de gloire.

V/. Le Seigneur règne pour les siècles, toujours et à jamais.

Tropaire : Voyant l’homme, œuvre de Ses propres mains en voie de perdition, * le Créateur incline les cieux et descend : * de la pure et divine Vierge, * il assume toute la substance humaine * et s’incarne véritablement, ** car il s’est couvert de gloire.

V/. Car les chevaux de Pharaon, avec les chars et les cavaliers, s’étaient engagés dans la mer, et sur eux le Seigneur fit refluer les flots, mais les enfants d’Israël passèrent au milieu de la mer à pied sec.

Tropaire : Sagesse, Verbe et puissance, * étant Fils et Éclat du Père, * le Christ Dieu, * à l’insu des puissances qui sont au-dessus du monde et de celles de la terre, * s’étant incarné, nous a recréés, ** car il s’est couvert de gloire.

V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Catavasie : Le Christ est né, glorifiez-le ; * le Christ descend des cieux, allez à sa rencontre ; * le Christ est sur terre, relevez-vous. * Chante pour le Seigneur, terre entière, * & peuples, louez-le dans l’allégresse, * car il s’est couvert de gloire.

Troisième ode – cantique d’Anne – Hirmos : Dès avant les siècles, * par le Père ineffablement est engendré le Fils, * & dans les derniers temps sans semence d’une Vierge il a pris chair ; * au Christ-Dieu, écrions-nous : * Toi qui as relevé notre corne, ** Saint es-tu, Seigneur !

V/. Mais celui qui se glorifie, qu’il le fasse en connaissant le Seigneur, en pratiquant droite justice au milieu de la terre.

Tropaire : L’Adam fait de poussière * avait eut en partage un meilleur souffle de vie, * mais il s’était laissé glisser dans la corruption par l’artifice de la femme ; * en voyant de loin le Christ fils de la Femme, * il s’écria : « Toi qui, pour moi, es devenu semblable à moi, ** Saint es-tu, Seigneur. »

V/. Le Seigneur, monté aux cieux, fait entendre le tonnerre : lui-même va juger la terre entière, car il est juste.

Tropaire : Tu t’es conformé, * ô Christ, à ce qui était moindre, fait d’argile ; * et qui, participant à notre pauvre chair, lui communica ta divinité * en devenant homme tout en restant Dieu ; * Toi qui as relevé notre corne, ** Saint es-tu, Seigneur.

V/. Il donnera la puissance à notre roi, il exaltera le front de son Christ.

Tropaire : Bethléem, sois dans l’allégresse, * reine des princes de Juda, * car Celui qui fait paître Israël, qui est porté sur les épaules des chérubins, * le Christ, est sorti de toi aux yeux de tous * et, ayant relevé notre corne, ** Il a régné sur tous.

V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Catavasie : Dès avant les siècles, * par le Père ineffablement est engendré le Fils, * & dans les derniers temps sans semence d’une Vierge il a pris chair ; * au Christ-Dieu, écrions-nous : * Toi qui as relevé notre corne, ** Saint es-tu, Seigneur !

Nativité de Notre Seigneur & Sauveur Jésus-ChristQuatrième ode – cantique d’Habacuc – Hirmos : Comme le rameau sorti de la racine de Jessé, * & comme sa fleur, ô Christ, * tu as fleuri de la Vierge, * Toi qui es l’objet de nos louanges, * Tu es venu sur la montagne ombragée, * en t’incarnant de la Vierge inépousée, Dieu immatériel, ** Gloire à ta puissance, Seigneur !

V/. Et moi, j’exulte dans le Seigneur, je jubile en Dieu mon sauveur.

Tropaire : Ô Toi, que jadis Jacob annonça à l’avance * comme attente des nations, ô Christ, * Tu es sorti de la tribu de Juda * et Tu es venu enlever à Damas sa puissance * et à Samarie ses butins, * après avoir changé leur égarement * en foi agréable à Dieu. ** Gloire à Ta puissance, Seigneur !

V/. Le Seigneur mon Dieu est ma force, il affermit mes pas jusqu’au bout.

Tropaire : Tu t’es élevé, ô Maître, * comme l’étoile de Jacob, * Tu as rempli de joie les sages observateurs des astres, * adeptes des enseignements de l’antique devin Barlaam ; * eux qui T’étaient amenés comme les prémices des nations, * Tu les reçus ouvertement. ** Gloire à Ta puissance, Seigneur !

V/. Il me fait monter sur les hauteurs, pour la victoire, au chant de son cantique.

Tropaire : Tu es descendu dans le sein virginal * comme la pluie sur la toison, ô Christ, * et comme les gouttes de rosée qui arrosent la terre. * L’Éthiopie, Tharsis, * les îles de l’Arabie et Saba, * ainsi que les chefs de toute la terre des Mèdes, ô Sauveur, * se sont prosternés devant Toi. ** Gloire à Ta puissance, Seigneur !

V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Catavasie : Comme le rameau sorti de la racine de Jessé, * & comme sa fleur, ô Christ, * tu as fleuri de la Vierge, * Toi qui es l’objet de nos louanges, * Tu es venu sur la montagne ombragée, * en t’incarnant de la Vierge inépousée, Dieu immatériel, ** Gloire à ta puissance, Seigneur !

Nativité de Notre Seigneur & Sauveur Jésus-Christ 04Cinquième ode – cantique d’Isaïe – Hirmos : Etant Dieu de Paix, * & Père de tendresse, * tu nous as envoyé l’Ange de ton Grand Conseil * afin de nous donner la paix ; * aussi, conduits vers la lumière de la divine connaissance, * nous levant la nuit * nous te glorifions, ** ô Ami des hommes.

V/. Tes morts revivront; ils se lèveront, ceux qui gisent dans les tombeaux, ceux de la terre exulteront de joie.

Tropaire : Te soumettant au décret de César, * Tu t’es fait inscrire au nombre des esclaves, ô Christ, * et Tu nous as affranchis, esclaves de l’ennemi et du péché ; * T’étant totalement appauvri à notre image, * Tu as divinisé notre poussière ** par cette union même et cette participation.

V/. Car la rosée qui vient de toi sera leur guérison et la terre rendra le jour aux trépassés.

Tropaire : Voici que la Vierge, comme il fut dit jadis, * a conçu dans son sein et mis au monde un Dieu devenu homme, * et elle demeure Vierge ; * réconciliés par elle avec Dieu, pécheurs que nous sommes, * nous la chantons avec foi, ** car elle est véritablement Mère de Dieu.

V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Catavasie : Etant Dieu de Paix, * & Père de tendresse, * tu nous as envoyé l’Ange de ton Grand Conseil * afin de nous donner la paix ; * aussi, conduits vers la lumière de la divine connaissance, * nous levant la nuit * nous te glorifions, ** ô Ami des hommes.

Nativité de Notre Seigneur & Sauveur Jésus-Christ 03Sixième ode – cantique de Jonas – Hirmos : Le monstre marin rejeta Jonas, * comme il l’avait reçu, * sortant de ses entrailles comme un nouveau-né ; * & le Verbe aussi est descendu en la Vierge & a pris chair, * puis en sortit en conservant son intégrité ; * car il empêcha Celle qui l’enfanta ** de perdre sa virginité.

V/. Les serviteurs de vaines idoles perdent la source de leur grâce.

Tropaire : Il est venu en s’incarnant, le Christ, notre Dieu, * que le Père engendre dans Son sein avant l’étoile du matin ; * Lui qui tient les rênes des puissances immaculées, * Il est couché dans une crèche d’animaux et Il est emmailloté dans un haillon ; ** mais Il délie les liens enchevêtrés de nos péchés.

V/. Mais moi, au son de la louange, je t’offrirai un sacrifice d’action de grâce, accomplissant envers toi, Seigneur, le voeu que j’ai fait pour mon salut.

Tropaire : Le Fils est né comme un petit enfant * de la chair d’Adam * et Il est donné aux croyants ; * c’est Lui, le Père et le Chef du siècle à venir * et Il est appelé l’Ange du Grand Conseil ; * c’est Lui, le Dieu fort et, dans Sa puissance, ** Il domine la création.

V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Catavasie : Le monstre marin rejeta Jonas, * comme il l’avait reçu, * sortant de ses entrailles comme un nouveau-né ; * & le Verbe aussi est descendu en la Vierge & a pris chair, * puis en sortit en conservant son intégrité ; * car il empêcha Celle qui l’enfanta ** de perdre sa virginité.

Nativité de Notre Seigneur & Sauveur Jésus-ChristSeptième ode – premier cantique des 3 Enfants dans la fournaise – Hirmos : Les jeunes gens, élevés dans la piété, * méprisant l’ordre impie du tyran, ne redoutèrent point la menace du feu, * mais debout au milieu des flammes ils chantaient : ** « Dieu de nos pères, tu es béni. »

V/. Tu es béni, toi qui sondes les abîmes et qui sièges sur les Chérubins, surpassant toute louange et par-dessus tout exalté dans les siècles.

Tropaire : Les bergers veillant dans les champs * furent favorisés d’une vision lumineuse qui les terrifia : * la gloire du Seigneur brilla tout autour d’eux * et un ange leur cria : « Chantez, car le Christ est né : ** Dieu de nos Pères, Tu es béni ! »

V/. Tu es béni sur le trône de gloire de ton royaume, surpassant toute louange et par-dessus tout exalté dans les siècles.

Tropaire : Soudain, à la parole de l’ange, * les armées célestes s’écrièrent : * « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, * paix sur terre, aux hommes, bienveillance ; * le Christ a resplendi. ** Dieu de nos Pères, Tu es béni ! »

V/. Tu es béni au firmament du ciel, surpassant toute louange et par-dessus tout exalté dans les siècles.

Tropaire : « Quelle est cette parole ? dirent les bergers ; * allons et voyons cet avènement : * c’est le Christ Divin ». * Et une fois arrivés à Bethléem, ils L’adorèrent * avec Celle qui L’avait engendré et chantaient : ** « Dieu de nos Pères, Tu es béni ! »

V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Catavasie : Les jeunes gens, élevés dans la piété, * méprisant l’ordre impie du tyran, ne redoutèrent point la menace du feu, * mais debout au milieu des flammes ils chantaient : ** Dieu de nos pères, tu es béni.

Nativité de Notre Seigneur & Sauveur Jésus-ChristHuitième ode – second cantique des 3 Enfants dans la fournaise – Hirmos : La fournaise qui distille la rosée * préfigure la merveille qui dépasse la nature : * car elle ne consuma point les jeunes gens qu’elle avait reçus, * de même le feu de la divinité ne consuma point * le sein de la Vierge où il était entré. * Par conséquent, chantons ce chant : * Oui, que toute la création bénisse le Seigneur, ** et l’exalte dans tous les siècles.

V/. Ananias, Azarias, Misaël, bénissez le Seigneur, chantez-le, exaltez-le dans les siècles.

Tropaire : La fille de Babylone * attira de Sion vers elle les enfants de David * conquis à la pointe de l’épée, * mais elle renvoie à la Fille de David, qui tient Dieu dans ses bras, * ses enfants les mages porteurs de présents, pour l’implorer. * Par conséquent, chantons ce chant : * Oui, que toute la création bénisse le Seigneur, ** & l’exalte dans tous les siècles.

V/. Apôtres, Prophètes et Martyrs du Seigneur, bénissez le Seigneur, chantez-le, exaltez-le dans les siècles.

Tropaire : Les chants de deuil avaient écarté * les instruments de musique, * car les enfants de Sion ne chantaient pas sur une terre étrangère ; * mais le Christ, se levant à Bethléem, * dissipe les errements de Babylone et toutes ses harmonies musicales. * Par conséquent, chantons ce chant : * Oui, que toute la création bénisse le Seigneur, ** & l’exalte dans tous les siècles.

V/. Bénissons le Seigneur, Père, Fils et saint Esprit.
Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Tropaire : Babylone reçut * les dépouilles de la Reine de Sion * et ses richesses conquises à la pointe de l’épée, * mais le Christ, attire à Sion les trésors de Babylone * avec ses rois observateurs des astres, au moyen d’une étoile qui les guide. * Par conséquent, chantons ce chant : * Oui, que toute la création bénisse le Seigneur, ** & l’exalte dans tous les siècles.

V/. Louons, bénissons le Seigneur, prosternons-nous devant lui, le chantant et l’exaltant dans tous les siècles.

Catavasie : La fournaise qui distille la rosée * préfigure la merveille qui dépasse la nature : * car elle ne consuma point les jeunes gens qu’elle avait reçus, * de même le feu de la divinité ne consuma point * le sein de la Vierge où il était entré. * Par conséquent, chantons ce chant : * Oui, que toute la création bénisse le Seigneur, ** et l’exalte dans tous les siècles.

Nativité de Notre Seigneur & Sauveur Jésus-ChristNeuvième ode – cantiques de la Mère de Dieu (Magnificat) & de Zacharie (Benedictus) :
Mégalinaire : V/. Magnifie, mon âme, celle qui est plus vénérable & plus glorieuse que les armées d’en-haut, la Vierge Très-Pure, Mère de Dieu.
Hirmos :
Je vois un mystère étonnant, * qui dépasse l’entendement, * une grotte est devenue le ciel ; * la Vierge est devenue le trône des Chérubins ; * une crèche est devenue le lieu où repose Celui que rien ne peut contenir, * le Christ-Dieu ** chantons-le, & magnifions-le !

V/. Magnifie, mon âme, le Dieu qui, dans la chair, est né de la Vierge.
V/. Magnifie, mon âme, le Roi né dans la grotte.

Tropaire : Voyant le cours inusité * d’un astre extraordinaire et nouveau * qui venait de briller et répandait dans le ciel une lumière éclatante, * les mages conclurent que le Christ Roi était né sur terre à Bethléem ** pour notre salut.

V/. Magnifie, mon âme, le Dieu adoré par les mages.
V/. Magnifie, mon âme, la pure Vierge qui mit au monde le Christ Roi.

Tropaire : Lorsque les mages dirent : * « Où se trouve le jeune Roi nouveau-né * dont nous avons vu l’étoile, * car nous sommes venus L’adorer ? », * Hérode, l’ennemi de Dieu, * devint fou et se troubla, ** s’agitant pour faire périr le Christ !

V/. Magnifie mon âme, la pure Vierge et seule Mère de Dieu qui mit au monde le Christ Roi.
V/. Les mages et les pasteurs vinrent adorer le Christ né dans la ville de Bethléem.

Tropaire : Hérode se fit préciser le temps de l’apparition de l’étoile * sous la conduite de laquelle les mages vinrent à Bethléem * adorer le Christ avec leurs présents. * Mais reconduits par elle dans leur patrie, * ils laissèrent ce cruel infanticide, ** s’étant joués de lui.

V/. En ce jour, la Vierge enfante le Maître à l’intérieur d’une grotte.

Catavasie : Je vois un mystère étonnant, * qui dépasse l’entendement, * une grotte est devenue le ciel ; * la Vierge est devenue le trône des Chérubins ; * une crèche est devenue le lieu où repose Celui que rien ne peut contenir, * le Christ-Dieu ** chantons-le, & magnifions-le !

Marc-Antoine Charpentier – Pour la feste de l’Epiphanie (H. 395)

Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle.
Pour la feste de l’Epiphanie (H. 395).
3 voix mixtes (SSB), 2 dessus instrumentaux & basse continue.
12 pages.

Ce motet pour la fête de l’Epiphanie (6 janvier) a sans doute été composé pour la messe du Dauphin, lorsque Charpentier était maître de sa chapelle ; l’effectif – à deux dessus & une basse chantante, accompagnés par deux dessus instrumentaux & une basse continue – est en effet caractéristique des moyens dont disposait le compositeur pour la messe basse quotidienne du fils de Louis XIV.

Le texte du motet met en musique l’évangile de la fête de l’Epiphanie : Matthieu II, 1-12, avec quelques rares aménagements textuels pour en renforcer la dramaturgie.

En voici le texte et une traduction :

Cum natus esset Jesus in Béthleem Judæ in diebus Heródis Regis, ecce Magi ab Oriénte venérunt Jerosólymam, dicéntes :

Lorsque fut né Jésus à Bethléem de Judée aux jours du roi Hérode, voici que des Mages d’Orient vinrent à Jérusalem, disant :
Ubi est qui natus est Rex Judæórum, ubi est, ubi est ? Vídimus enim stellam ejus ab Oriénte & venímus adoráre eum. Ubi est qui natus est Rex Judæórum, ubi est, ubi est ? Quis dicet nobis ubi est ? Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Où est-il ? Où est-il ? Nous avons vu en effet son étoile en Orient & nous sommes venus l’adorer. Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?Qui nous dira où il est ?
Audiens autem Heródes rex valde turbátus est. Et cóngregans Príncipes Sacerdótum, & Scribas pópuli, sciscitabátur ab eis ubi Christus nascerétur. At illi dixérunt : in Béthleem Judæ. Et clam vocátis Magis, sic eos interrogábat : Et le roi Hérode en ayant été averti fut grandement troublé. Et rassemblant les princes des prêtres & les scribes du peuple, il s’enquit d’eux du lieu où le Christ devait naître. Et ils lui dirent : « En Bethléem de Judée ». Puis ayant en secret fait appeler les Mages, il les interrogea :
« Quod signum vidístis super natum regem ? » « Quel signe avez-vous vu au-dessus du roi qui est né ? »
« Stellam vídimus fulgéntem, cujus splendor illúminat mundum. Inde quid inferéndum, hoc signum magni regis est. » « Nous avons vu son étoile se mettre à briller, sa splendeur illumine le monde. De là nous avons déduit que c’est le signe d’un grand roi. »
« Ite, ite in Béthleem et cum invenéritis púerum, renuntiáte mihi, ut ego véniens adórem illum. » «  Allez, allez à Bethléem et quand vous aurez trouvé l’enfant, faites-le moi savoir, afin que moi aussi je vienne l’adorer ».
Qui cum audissent regem, abiérunt. Et ecce stella, quam víderant in Oriénte, antecedébat eos, usque dum véniens staret supra ubi erat puer. Ayant entendu le roi, ils s’en allèrent. Et voici que l’étoile, qu’ils avaient vue en Orient, les précédait, jusqu’à ce qu’elle vînt s’arrêter au-dessus du lieu où était l’enfant.
Et intrántes domum invenérunt púerum cum matre ejus, & procidéntes adoravérunt eum. Et entrant dans la maison, ils trouvèrent l’enfant avec sa mère, & se prosternant, ils l’adorèrent.

L’œuvre est écrite en ré mineur, qui est classifié comme « grave & dévot » dans le tableau des énergies des modes de Charpentier. Après un court prélude des dessus instrumentaux, les trois chanteurs alternent successivement récits & chœurs.

L’œuvre peut être comparée au motet pour la Circoncision (In Cicumcisione Domini H. 316).

Nous vous offrons aussi, outre la partition générale, une partie séparée pour les deux dessus instrumentaux.

Les premières mesures de cette partition :

Marc-Antoine Charpentier - Pour la feste de l'Epiphanie H 395

Téléchargez la partition moyennant un « Like » sur l’un des réseaux sociaux ci-dessous. Le lien apparaîtra ensuite.

Bénédiction d’une maison en la vigile de la Circoncision du Seigneur

Andrea Mantegna, la Circoncision de Notre Seigneur, 1464Il existait autrefois trois bénédictions des maisons particulières pour le temps de Noël : l’une célébrée en la vigile de Noël, la seconde en la vigile de la Circoncision & la troisième en la vigile de l’Epiphanie. Ces trois bénédictions présentaient la même structure :

  • un Magnificat chanté avec antienne doublée, pendant lequel le prêtre asperge puis encense la maison,
  • le Pater,
  • des versets appropriés conduisant à l’oraison du jour
  • le chant d’un répons tiré de l’office du jour.

Le Rituale Romanum de Paul V de 1614 – dont on fêtait cette année le IVème centenaire – ne contenait pas ces trois bénédictions spéciales au temps de la Nativité, car la volonté du Pape était alors d’éditer un manuel minimaliste, axé sur la théologie des sacrements (afin de mettre en pratique les enseignements du concile de Trente) et ne contenant que le strict essentiel qui était universellement pratiqué. Le Rituel de Paul V ne connait que la bénédiction des maisons le Samedi Saint et une autre commune à tous les temps de l’année. Par ailleurs, Paul V indiquait que son Rituel n’était nullement obligatoire et le Pape laissait subsister les nombreux autres ouvrages propres à des diocèses ou des ordres religieux.

Au cours du XIXème siècle, de nombreuses augmentations furent faites au Rituale Romanum, au point que l’appendice qui se constitua progressivement devint aussi long que le reste de l’ouvrage. Parmi ces augmentations fut insérée la bénédiction des maisons pour l’Epiphanie (Appendicis / De Benedictionibus / Benedictiones non reservatæ / 6. Benedictio domorum in festo Epiphaniæ), en y ajoutant à la fin la bénédiction commune du rituel de Paul V. Cependant, les bénédictions pour Noël & pour la Circoncision ne furent pas reprises par les éditions typiques modernes.

Voici celle pour la vigile de la Circoncision, tirée d’une vaste compilation de rituels anciens, la Collectio sive Apparatus Absolutionum, Benedictiones, Conjurationum, Exorcismorum, Rituum, & Ceremoniarum Ecclesiasticorum, & administrationis Sacramentorum publiée à Rome en 1753 sous la direction du R.P. Bernard Sannig. L’antienne du Magnificat Magnum hæreditátis Mystérium, du 2nd ton, est celle des secondes vêpres de la fête. Le répons Verbum caro factum est est le 7ème des matines de Noël et le 8ème des matines du dimanche dans l’octave de Noël.

Benedictio Domus in Vigilia Circumcisionis Domini.

Bénédiction d’une maison en la vigile de la Circoncision du Seigneur.

Sacerdos ingrediens Domum dicat. Le prêtre, entrant dans la maison, dit :
V/. Pax huic Dómui. V/. Paix à cette maison
R/. Et ómnibus habitántibus in ea. R/. Et à tous ses habitants.
Antiphona. Magnum * hæreditátis Mystérium, Templum Dei factus est Uterus nesciéntis virum ; non est pollútus ex ea carnem assúmens : omnes gentes vénient dicéntes : Glória tibi, Dómine. Alleluia. Antienne. O grand mystère de l’hérédité divine ! Le sein d’une vierge est devenu le temple de Dieu ; celui qui d’elle a pris chair n’a contracté aucune souillure ; toutes les nations viendront et diront : Gloire à vous, Seigneur.
Magníficat * ánima mea Dóminum. Mon âme glorifie le Seigneur.
Et exsultavit spíritus meus * in Deo salutári meo. Et mon esprit est rempli de joie en Dieu mon Sauveur.
Quia respéxit humilitátem ancíllæ suæ : * ecce enim ex hoc beátam me dicent omnes generatiónes. Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante ; car désormais toute la postérité m’appellera bienheureuse.
Quia fecit mihi magna qui potens est : * et sanctum nomen ejus. Parce que celui qui est tout-puissant a fait en moi de grandes choses ; et son nom est saint.
Et misericórdia ejus a progénie in progénies * timéntibus eum. Et sa miséricorde se répand de race en race sur ceux qui le craignent.
Fecit poténtiam in bráchio suo : * dispérsit supérbos mente cordis sui. Il a déployé la force de son bras : il a détruit les desseins que les superbes méditaient en leur cœur.
Depósuit poténtes de sede, * et exaltávit húmiles. Il a renversé les grands de leur trône ; & il a élevé les humbles & les petits.
Esurientes implévit bonis : * et dívites dimísit inánes. Il a comblé de biens ceux qui souffraient la faim ; & il a privé de tout les riches.
Suscépit Israel púerum suum, * recordátus misericórdiæ suæ. Il a pris la défense d’Israël son serviteur, se ressouvenant de sa miséricorde.
Sicut locútus est ad patres nostros, * Abraham et sémini ejus in sæcula. Ainsi qu’il l’a promis à nos Pères, à Abraham, & à sa postérité pour toujours.
Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, * et in sæcula sæculórum. Amen. Comme il était au commentcement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Aspergitur, & incensatur Domus. Pendant le Magnificat, le prêtre asperge d’eau bénite puis encense la maison.
Antiphona. Magnum hæreditátis Mystérium, Templum Dei factus est Uterus nesciéntis virum ; non est pollútus ex ea carnem assúmens : omnes gentes vénient dicéntes : Glória tibi, Dómine. Alleluia. Antienne. O grand mystère de l’hérédité divine ! Le sein d’une vierge est devenu le temple de Dieu ; celui qui d’elle a pris chair n’a contracté aucune souillure ; toutes les nations viendront et diront : Gloire à vous, Seigneur.
Pater noster. Notre Père.
secreto usque ad En secret jusqu’à
V/. Et ne nos indúcas in tentatiónem. V/. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
R/. Sed líbera nos a malo. R/. Mais délivrez-nous du mal.
V/. Vocátum est nomen ejus Jesus. V/. On l’appellera du nom de Jésus.
R/. Omne genu flectatur cœlestium, terrestrium, & infernórum. R/. Tout genou fléchira, au ciel, sur terre, & aux enfers.
V/. Dómine exáudi oratiónem meam. V/. Seigneur, exaucez ma prière.
R/. Et clamor meus ad te véniat. R/. Et que mon cri parvienne jusqu’à vous.
V/. Dóminus vobíscum. V/. Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo. R/. Et avec votre esprit.
Orémus. Prions.
Deus, qui salútis ætérnæ, beátæ Maríæ virginitáte fecúnda, humáno géneri prǽmia præstitísti : tríbue, quǽsumus ; ut ipsam pro nobis intercédere sentiámus, per quam merúimus auctórem vitæ suscípere, Dóminum nostrum Iesum Christum, Fílium tuum : Qui tecum vivit & regnat in unitáte Spíritu Sancto Deus, per ómnia sæcula sæculórum. Dieu, qui, en rendant féconde la virginité de la bienheureuse Marie, avez procuré à l’humanité le salut éternel, accordez-nous, nous vous en supplions, de ressentir la puissante intercession de celle par laquelle nous avons reçu l’auteur de la vie Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vivez & règnez en l’unité du Saint Esprit, Dieu pour tous les siècles des siècles.
Responsorium. Répons.
R/. Verbum caro factum est, & habitávit in nobis, et vidimus glóriam ejus, glóriam quasi Unigéniti a Patre * plenum grátiæ, & veritátis. R/. Le Verbe s’est fait chair, & il a habité parmi nous, & nous avons vu sa gloire, gloire telle que le Fils unique devait la recevoir du Père, plein de grâce & de vérité.
V/. In princípio erat Verbum, & Verbum erat apud Deum, & Deus erat Verbum. V/ Au commencement était le Verbe, & le Verbe était auprès de Dieu, & le Verbe était Dieu.
* plenum grátiæ, & veritátis. * plein de grâce, & de vérité.

Noël – Messe de minuit – Introït – Graduale Romanum 1905

Introït - Dominus dixit ad me - ton 2
 

DOMINVS * dixit ad me : Fílius meus es tu, ego hódie génui te.
Ps. Quare fremuérunt gentes : * et pópuli meditátis sunt inánia ?
V/. Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. * Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen.
Le Seigneur m’a dit : Tu es mon Fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré.
Ps. Pourquoi les nations sont-elles en tumulte, et les peuples ont-ils formé de vains desseins ?
V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Noël – Messe de minuit – Graduel – Graduale Romanum 1905

Graduel - Tecum principium - ton 2
 

Tecum princípium * in die virtútis tuæ : in splendóribus sanctórum, ex útero ante lucíferum génui te.
V/. Dixit Dóminus Dómino meo : sede a dextris meis : donec ponam inimícos tuos, scabéllum pedum * tuórum.
Au jour de ta puissance, je suis avec toi, moi le principe ; dans les splendeurs des saints, avant l’aurore, je t’ai engendré.
V/. Le Seigneur a dit à mon Seigneur : siège à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds.

Noël – Messe de minuit – Alleluia – Graduale Romanum 1905

Alleluia - Dominus dixit ad me - ton 8
 

Alleluia, alleluia.
V/. Dóminus dixit ad me : Fílius meus es tu, ego hódie * génui te.
Alleluia.
Alléluia, alléluia.
V/. Le Seigneur m’a dit : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré.

Noël – Messe de minuit – Offertoire – Graduale Romanum 1905

Offertoire - Lætentur cœli - ton 4
 

Læténtur * cæli, et exsúltet terra ante fáciem Dómini : quóniam venit. Que se réjouissent les cieux, et qu’exulte la terre devant la face du Seigneur, parce qu’il est venu.

Noël – Messe de minuit – Communion – Graduale Romanum 1905

Communion - In splendoribus sanctorum - ton 6
 

In splendóribus * sanctórum, ex útero ante lucíferum génui te. Dans les splendeurs des saints, de mon sein, avant l’aurore je t’ai engendré.

Généalogie de notre Seigneur & Sauveur Jésus-Christ – Bible du roi Jacques – 1611

Une ancienne tradition – que l’on retrouve dans quasiment tous les anciens rits diocésains germano-francs ainsi que dans l’usage monastique – fait chanter à la fin de l’office nocturne (les « matines ») de Noël la généalogie du Christ selon saint Matthieu, et celle selon saint Luc à la fin des nocturnes de l’Epiphanie. Le rit romain a hélas perdu cet usage au cours du Moyen-Age. Ces deux généalogies sont chantées selon des cantilènes particulières, leur chant est souvent transcrit magnifiquement et artistiquement mis en valeur dans nombre de manuscrits médiévaux.

Nous avons par le passé évoqué sur ce blog le chant de la généalogie selon saint Matthieu, celle de Noël :

Après une évocation musicale, voici cette année une représentation iconographique : ces magnifiques planches sont tirées de la Bible du roi Jacques (King James Bible) dans son édition originale de 1611. Cette bible est une traduction de l’Ecriture en anglais réalisée sous le règne de Jacques VI d’Écosse et Ier d’Angleterre. Elles retracent la filiation du Christ selon les deux généalogies, selon saint Matthieu & selon saint Luc, selon l’ordre successoral légal & selon la chair.

De Dieu à Sem :

01 - De Dieu à Sem

De Sem à Abram :

02 - De Sem à Abram

De Terah à Jacob :

03 - De Terah à Jacob

De Jacob à Juda :

04 - De Jacob à Juda

De Juda à Ezron :

05 - De Juda à Ezron

D’Ezron à Aminadab :

06 - De Ezron à Aminadab

D’Aminadab à Nathan :

07 - D'Aminadab à Nathan

De David à Salathiel :

08 - De David à Salathiel

De Salathiel au Christ :

09 - De Salathiel au Christ

Henri de Villiers – Réponses polyphoniques aux récitatifs liturgiques de la sainte messe

Henri de Villiers (arrangements).
Réponses polyphoniques aux récitatifs liturgiques de la sainte messe.
4 voix (SATB).
8 pages.

Voici les réponses polyphoniques aux récitatifs de la sainte messe que nous avons coutume d’employer à Saint-Eugène uniquement les dimanches et fêtes. Lors des féries et des messes des temps de pénitence (Avent, Carême, Quatre-Temps, Vigiles) ou des Requiem pour les morts, le chœur n’utilise pas ces polyphonies et ne répond en effet qu’à l’unisson, sauf aux versets de l’aspersion dominicale (où le ton simple est employé).

De nombreuses sources anciennes indiquent qu’on répondait dans certaines églises en polyphonies dans les dialogues liturgiques entre le célébrant et le chœur : Et cum spiritu tuo. Amen. Etc…

On trouve déjà ce type de compositions dans les œuvres de Roland de Lassus (1532 † 1594). Nous avons travaillé principalement à partir de 5 sources anciennes :

  • la messe du premier ton de R.P Jean-Baptiste Geoffroy, s.j. (1601 † 1675), maître de musique de la maison professe des Jésuites à Paris,
  • le Graduale Parisiense de Mgr de Harlay (1689),
  • les Faux Bourdon à l’usage de l’Eglise paroissiale de Saint-Jean de Troyes (publiés à Troyes, chez la Veuve Gobelet, c. 1765)
  • les Faux-bourdons pour les fêtes solennelles (à Paris, chez J. Th. Hérissant, 1771)
  • un Manuel narbonnais (du début du XIXème siècle).

Il existe de très nombreuses autres sources anciennes françaises contenant ici & là des réponses liturgiques en 3 ou 4 parties polyphoniques. Substantiellement, on remarquera une grande proximité des formules employées, en particulier pour le dialogue de la préface. Notre travail aura consisté à réadapter & réagencer ces formules anciennes sur le chant liturgique désormais reçu, universel depuis les réformes du pontificat de saint Pie X. Nous avons complété quelques réponses pour des tons peu ou pas employés dans les traditions françaises – mais présents dans les éditions vaticanes du début du XXème siècle – à partir de formules développées par le compositeur & musicologue Maxime Kovalevsky (1903 † 1988).

Cette partition comprend les réponses suivantes :

  • Réponses aux versets de l’Aspersion dominicale : ton simple (ce ton peut s’employer aussi pour les versets de l’office divin & des saluts du Très-Saint Sacrement).
  • Réponses aux versets de l’Aspersion dominicale : ton solennel (pour les dimanches de grandes fêtes, le temps pascal et du dimanche dans l’octave de Noël au 2 février – ce ton est aussi traditionnellement celui employé à Paris pour les versets de l’absoute des Requiem solennels) – ce ton est le seul à confier le chant à l’altus
  • Réponses aux oraisons (Et cum spiritu tuo. Amen) pour les 3 tons suivants :
    • Ton antique simple
    • Ton festival ad libitum
    • Ton antique solennel
  • Réponse au chant de l’Evangile (Gloria tibi Domine) pour les 2 tons suivants :
    • Tous les tons
    • Ton antique solennel
  • Dialogue de la préface en ton solennel
  • Amen conclusif du canon
  • Réponse au Pater noster (Sed libera nos a malo) & au Pax Domini sit semper vobiscum de la Paix

Ordinairement, à Saint-Eugène, le Superius du chœur chante le chant liturgique (ce qui facilite la participation des fidèles). Traditionnellement pourtant, les sources anciennes françaises confiaient le chant liturgique au Tenor. Les parties du Superius et de Tenor sont à vrai dire interchangeables sans danger ni difficulté dans ces formules de faux-bourdon. On trouvera cependant plus bas en téléchargement les deux dispositions : chant au Superius & chant au Tenor.

Comme les communautés traditionnelles françaises n’emploient très largement de nos jours que le ton antique solennel, aux oraisons et à l’évangile des messes (et que les tons antique simple et festival sont rarement employés de nos jours), un troisième fichier téléchargeable ne présentera par commodité que ce ton (avec le chant liturgique au superius).

Les premières mesures de la partition :

Réponses polyphoniques aux récitatifs liturgiques de la sainte messe - chant au Tenor

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Guillaume-Gabriel Nivers, Ecce venimus adorare – Motet de la Feste de l’Epiphanie

Guillaume-Gabriel Nivers (c. 1632 † 1714), organiste de Saint-Sulpice, maître de musique de la Maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr.
Ecce venimus adorare – « Motet de la Feste de l’Epiphanie ».
2 voix égales (SA) et basse continue.
1 page.

Ce petit motet pour la fête de l’Epiphanie a été écrit par Nivers à l’attention des damoiselles de la Maison royale d’éducation de Saint-Cyr, fondée par Madame de Maintenon.

En voici le texte & la traduction :

Ecce vénimus adoráre
Regem regum,
in Oriénte stellam vídimus ;
Voici que nous venons adorer
le Roi des rois.
Nous avons vu l’étoile en Orient.
R/.  O lux, o lux miránda cœléstibus !
Perge, perge, duc nos ad præsepe.
O lumière admirable dans les cieux
Continue ! Conduis-nous vers la crèche.
Et tu Béthleem terra Juda,
non es mínima,
ex te Salvátor noster éxiit ;
Et toi Bethléem, terre de Juda,
Tu n’est pas la plus petite,
Car de toi sort notre Sauveur.

Les premières mesures de cette partition :

Guillaume-Gabriel Nivers - Ecce venimus adorare - Motet de la Feste de l’Epiphanie

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Henri de Villiers (harm.) – Silence ciel, silence terre !

Henri A. de Villiers .
Silence ciel, silence terre ! Noël de Normandie du XVIIIème siècle. Texte attribué à l’Abbé Pellegrin.
4 voix mixtes (SATB), 2 dessus instrumentaux et basse continue.
6 pages.

Ce noël normand du XVIIIème passe pour avoir reçu son texte actuellement en usage du fameux Abbé Pellegrin, librettiste de Rameau et auteur de nombreux textes sur les mélodies de noëls anciens qu’il remettait au goût du jour. Ce texte est en tout cas une vraie réussite, en voici les 8 strophes :

1. Silence, ciel ! Silence terre !
Demeurez dans l’étonnement ;
Un Dieu pour nous se fait enfant :
L’amour vainqueur en ce mystère
Le captive aujourd’hui,
Tandis que toute la terre est à lui.

2. Disparaissez, ombres, figures,
Faites place à la vérité :
De notre Dieu l’humanité
Vient accomplir les Ecritures.
Il naît pauvre aujourd’hui,
Tandis que toute la terre est à lui.

3. A minuit, une Vierge mère
Produit cet astre lumineux :
A ce moment miraculeux,
Nous appelons Dieu notre frère.
Qui croirait aujourd’hui
Hélas ! que toute la terre est à lui ?

4. Il a pour palais une étable,
Pour courtisans deux animaux,
Pour lit la paille et les roseaux ;
Et c’est cet état lamentable
Qu’il choisit aujourd’hui,
Tandis que toute la terre est à lui.

5. Glaçons, frimas, saison cruelle,
Suspendez donc votre rigueur ;
Vous faites souffrir votre auteur,
Qui veut, de sa gloire éternelle,
S’abaisser aujourd’hui,
Tandis que toute la terre est à lui.

6. Venez pasteurs, en diligence,
Adorez votre Dieu Sauveur ;
Il est jaloux de votre cœur,
Il vous donne la préférence
Sur les rois aujourd’hui,
Tandis que toute la terre est à lui.

7. Et nous aussi, pleins d’allégresse,
Volons au berceau de Jésus,
Mettre à ses pieds tous les tributs
De l’amour et de la tendresse ;
Tous ensemble aujourd’hui
Chantons que toute la terre est à lui.

8. Noël, Noël, en cette fête,
Noël, Noël, avec ardeur
Noël, Noël, au Dieu Sauveur
Faisons de nos cœurs sa conquête.
Chantons tous aujourd’hui
Noël par toute la terre,
Car toute la terre est à lui.

Les premières mesures de cette partition :

Silence ciel, silence terre - Noël de Normandie

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Henri de Villiers – O salutaris Hostia sur le vieux noël « A la venue de Noël »

Henri de Villiers.
O salutaris Hostia sur le vieux noël « A la venue de Noël ».
4 voix mixtes (SATB), 1 dessus instrumental & basse continue.
5 pages.

Réemployant le thème du vieux noël « A la venue de Noël » voici un O salutaris pour le temps de la Nativité et de l’Epiphanie.

Les partitions comprennent le conducteur, la partie du chœur, le dessus instrumental (flûte, violon ou hautbois), la basse continue (violoncelle, basson, flûte basse, etc…), en deux tonalités : ut mineur & si bémol mineur.

Les premières mesures du conducteur :

O salutaris sur A la venue de Noël - Conducteur

Les premières mesures de la partie de chœur :

O salutaris sur A la venue de Noël - Choeur

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Prose parisienne de Noël – Votis Pater annuit

Prose parisienne de Noël - Votis pater annuit 01 Prose parisienne de Noël - Votis pater annuit 02

Depuis le Moyen-Age, Paris chantait comme prose à la messe du jour de Noël le Lætabundus, une séquence médiévale très connue & très répandue dans les différents rits diocésains de l’ancien espace carolingien. Cette séquence Lætabundus figure toujours du reste dans le rit dominicain actuel, lequel dépend largement de l’ancien rit de Paris.

Les conciles de Reims de 1564 & de 1583 – chargés d’appliquer en pratique le concile de Trente en France – avaient demandé la révision des très nombreuses proses médiévales qui ornaient les missels français (certaines possédaient en effet des textes qui n’étaient pas toujours très heureux !). On trouve encore le Lætabundus dans le Missale Parisiense de Mgr de Gondy de 1602. Dans le Missale Parisiense du cardinal de Noailles de 1706, alors qu’un nouveau corpus de proses commence à remplacer les anciennes afin d’obéir aux vœux des conciles de Reims, cette édition maintient pourtant le fameux Lætabundus. Notre prose Votis Pater annuit remplaça définitivement le Lætabundus dans le Missale Parisiense de Mgr de Vintimille de 1755.

La séquence Votis Pater annuit – dont nous ignorons l’auteur – développe en fait le texte et la mélodie d’un noël latin de même incipit plus ancien. Sa gracieuse mélodie du Vème ton – vraisemblablement due au travail de l’Abbé Lebœuf – lui a assuré un grand succès et une large diffusion en France en dehors des limites de l’archidiocèse de Paris. A Paris, la prose était chantée également pendant l’octave de Noël.

En voici le texte & une traduction du XVIIIème siècle :

Votis Pater annuit:
Justum pluunt sidera:
Salvatorem genuit
Intacta puerpera:
Homo Deus nascitur.
Le Père a exaucé nos vœux ; le Juste, comme une pluie salutaire, descend du haut des cieux ; une Vierge, devenue mère, a mis au monde le Sauveur ; l’Homme-Dieu naît parmi nous.
Superum concentibus
Panditur mysterium:
Nos mixti pastoribus
Cingamus præsepium
In quo Christus ponitur.
Les concerts des Anges découvrent ce mystère ineffable : Allons avec les bergers environner la crèche où le Christ est couché.
Tu lumen de lumine
Ante solem funderis:
Tu numen de Numine
Ab æterno gigneris,
Patri par progenies.
Divin Jésus, lumière de la lumière, vous êtes produit avant le soleil ; Dieu de Dieu, vous êtes engendré de toute éternité, Fils égal en tout à votre Père.
Tantus es ! et superis,
Quæ te premit caritas,
Sedibus delaberis:
Ut surgat infirmitas
Infirmus humi jaces.
Grand par essence, votre immense charité vous presse à descendre du ciel : afin de relever notre faiblesse, vous devenez faible, & vous vous couchez par terre.
Quæ nocens debueram
Innocens exequeris:
Tu legi quam spreveram,
Legifer subjiceris:
Sic doces justitiam !
Innocent, vous payez la peine de mes crimes ; législateur, vous vous assujétissez à la loi que j’ai méprisée : c’est ainsi que vous enseignez la justice.
Cœlum cui regia,
Stabulum non respuis;
Qui donas imperia,
Servi formam induis:
Sic teris superbiam.
Le ciel est votre palais, & vous ne refusez pas une étable ; vous donnez les empires, & vous prenez la forme d’esclave : c’est ainsi que vous confondez l’orgueil.
Nobis ultro similem
Te præbes in omnibus:
Debilibus debilem,
Mortalem mortalibus:
His trahis nos vinculis !
Vous vous rendez en tout semblable à nous ; faible avec les faibles, mortel avec les mortels : c’est par ces liens que vous nous attirez à vous.
Cum ægris confunderis,
Morbi labem nesciens;
Pro peccato pateris
Peccatum non faciens:
Hoc uno dissimilis.
Exempt de la contagion commune, vous ne laissez pas de vous confondre avec ceux qui en sont infectés : incapable de péché, vous souffrez pour le péché ; c’est la seule différence qu’il y a entre vous et nous.
Summe Pater, Filium
Qui mittis ad hominem,
Gratiæ principium,
Salutis originem,
Da Jesum cognoscere.
Père souverain, qui envoyez votre Fils aux hommes, faites-nous connaître Jésus, comme l’auteur de la grâce, comme le principe & la source du salut.
Cujus igne cœlitus
Caritas accenditur,
Ades, alme Spiritus:
Qui pro nobis nascitur,
Da Jesum diligere. Amen. Alleluia.
Esprit Saint, qui allumez la charité par le feu céleste dont vous brûlez, venez, & faites-nous aimer Jésus qui naît pour nous. Ainsi soit-il.

La messe traditionnelle pour les nuls

Nous reprenons tant le titre (un brin provoc, il s’agit bien sûr d’une allusion à l’excellente série d’ouvrages didactiques du même nom) que les images diffusées sur la page Facebook Messe traditionnelle, lesquelles constituent un beau « tutoriel » en images avant l’heure. Ces photos sont probablement d’origine française (le prêtre porte le rabat noir français traditionnel sur la photo du baptême) et datent vraisemblablement du début du XXème siècle.

1. Les prières au bas de l’autel.

Etant arrivé à l’autel avec le servant et ayant placé – à la messe basse – le calice voilé au centre de l’autel, le prêtre fait le signe de la croix et commence les prières au bas de l’autel. (A la messe haute, le calice est placé à la crédence).

2. La confession des péchés.

Joignant les mains, le prêtre s’incline et dit :

Confíteor Deo omnipoténti, Beatae Mariæ semper Virgini, Beato Michaeli Archangelo, Beato Ioanni Baptístæ, sanctis Apostolis Petro et Paulo, Omnibus Sanctis, et vobis, fratres: quia peccavi nimis cogitatióne, verbo et opere : mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa. Ideo precor beátam Mariam semper Virginem, beátum Michaélem Archángelum, beátum Ioannem Baptístam, sanctos Apostolos Petrum et Paulum, omnes sanctos, et vos, fratres, orare pro me ad Dominum, Deum nostrum.

Je confesse à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, au bienheureux Michel Archange, au bienheureux Jean Baptiste, aux saints Apôtres Pierre & Paul, à tous les saints, et à vous, frères : car j’ai beaucoup péché, par pensée, par parole & par action : c’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute. C’est pourquoi je prie la bienheureuse Marie toujours Vierge, le bienheureux Michel Archange, le bienheureux Jean Baptiste, les saints Apôtres Pierre & Paul, tous les saints, & vous, frères, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

3. La vénération des reliques des saints.

Le prêtre monte à l’autel, s’incline et dit la prière en l’honneur des saints dont les reliques sont contenues dans l’autel, pendant laquelle il baise celui-ci :

Orámus te, Dómine, per mérita Sanctórum tuórum, quorum relíquiæ hic sunt, et ómnium Sanctórum: ut indulgére dignéris ómnia peccáta mea. Amen.

Nous vous prions, Seigneur, par les mérites de vos Saints, dont nous avons ici les reliques, ainsi que de tous les saints, daignez me pardonner tous mes péchés. Amen.

4. La supplication litanique – le Kyrie.

Le Kyrie en grec est alterné par le prêtre et le servant 9 fois, symbolisant le chant des neufs chœurs angéliques louant la Trinité : les 3 premières invocations s’adressent au Père, les 3 suivantes au Fils, les 3 dernières au Saint-Esprit.

Kyrie, eleison.
Kyrie, eleison.
Kyrie, eleison.
Christe, eleison.
Christe, eleison.
Christe, eleison.
Kyrie, eleison.
Kyrie, eleison.
Kyrie, eleison.

5. La salutation du prêtre.

V/. Dominus vobiscum.
R/. Et cum spiritu tuo.

Le Seigneur soit avec vous.
Et avec votre esprit.

6. La (ou les) collecte(s).

La collecte est la première oraison propre de la messe, elle rassemble nos intentions particulières dans la grande intention que l’Eglise veut célébrer en ce jour.

7. L’Epître.

L’Epître est une lecture tirée ordinairement des lettres de saint Paul ou des autres Apôtres.

A la messe basse, le prêtre lit l’épître sur le missel placé du côté droit de l’autel, qu’on appelle pour cette raison « côté Epître ».
A la messe haute, le sous-diacre chante l’épître dans le chœur, face à l’autel, du côté Epître.

8. Les prières avant l’Evangile.

A la fin du graduel, du trait ou de l’alleluia, le prêtre revient au milieu de l’autel, s’incline et dit à voix basse les deux prières pour le préparer à annoncer l’évangile :

Munda cor meum, ac labia mea, omnípotens Deus, qui labia Isaíæ Prophétæ cálculo mundásti igníto : ita me tua grata miseratióne dignáre mundáre, ut sanctum Evangélium tuum digne váleam nuntiáre. Per Christum, Dóminum nostrum. Amen.

Purifiez mon cœur & mes lèvres, Dieu tout-puissant, qui avez purifié les lèvres du prophète Isaïe avec un charbon ardent ; daignez par votre miséricordieuse bonté me purifier, pour que je sois capable de proclamer dignement votre saint Evangile. Par le Christ notre Seigneur. Amen.

9. Le Lavabo.

Pendant l’offertoire, le prêtre va au coin de l’autel côté Epître et se purifie les doigts, en disant à voix basse le Psaume 25, versets 6 à 12 :

Lavábo inter innocéntes manus meas : et circúmdabo altáre tuum, Dómine :
Ut áudiam vocem laudis, et enárrem univérsa mirabília tua.
Dómine, diléxi decórem domus tuæ et locum habitatiónis glóriæ tuæ.
Ne perdas cum ímpiis, Deus, ánimam meam, et cum viris sánguinum vitam meam :
In quorum mánibus iniquitátes sunt : déxtera eórum repléta est munéribus.
Ego autem in innocéntia mea ingréssus sum : rédime me et miserére mei.
Pes meus stetit in dirécto : in ecclésiis benedícam te, Dómine.
Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto.
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, et in saecula saeculórum. Amen.

Je laverai mes mains pour être compté parmi les innocents, & je me tiendrai auprès de votre autel, Seigneur,
Pour entendre chanter vos louanges & raconter toutes vos merveilles.
Seigneur, j’aime la beauté de votre maison, le lieu où habite votre gloire.
Mon Dieu, ne laissez pas périr mon âme avec celle des impies, ma vie avec celle des hommes de sang,
Dont les mains sont ouvrières d’iniquité & dont la droite est pleine de présents fallacieux !
Pour moi, je marche dans l’innocence ; délivrez-moi, ayez pitié de moi.
Mon pied tient bon dans le droit chemin ; avec l’Eglise, je vous bénis, Seigneur.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

10. La fin de l’offertoire : offrande des oblats à la Très-Sainte Trinité, en l’honneur des saints.

Súscipe, sancta Trinitas, hanc oblatiónem, quam tibi offérimus ob memóriam passiónis, resurrectiónis, et ascensiónis Jesu Christi, Dómini nostri : et in honórem beátæ Maríæ semper Vírginis, et beáti Ioannis Baptistæ, et sanctórum Apostolórum Petri et Pauli, et istórum et ómnium Sanctórum : ut illis profíciat ad honórem, nobis autem ad salútem : et illi pro nobis intercédere dignéntur in coelis, quorum memóriam ágimus in terris. Per eúmdem Christum, Dóminum nostrum. Amen.

Recevez, Trinité Sainte, cette offrande, que nous vous présentons en mémoire de la Passion, de la Resurrection et de l’Ascension de Jesus-Christ notre Seigneur ; et en l’honneur de la Bienheureuse Marie toujours Vierge, du Bienheureux Jean Baptiste, des Saints Apôtres Pierre et Paul, des saints dont les reliques sont ici, et de tous vos saints ; qu’elle serve à leur honneur et à notre salut, et que les saints dont nous faisons mémoire sur la terre daignent intercéder pour nous dans les cieux. Par le même Christ notre Seigneur. Amen.

11. La consécration du Corps du Seigneur

Qui prídie quam paterétur, accépit panem in sanctas ac venerábiles manus suas…

Lui qui, la veille où il devait souffrir, reçut du pain dans ses mains saintes & vénérables…

12. Elévation du Corps de Notre Seigneur.

O salutáris Hóstia
Quæ cœli pandis óstium.
Bella premunt hostília;
Da robur, fer auxílium.

Ô salutaire Hostie,
qui nous ouvre les portes du ciel,
les armées ennemies nous poursuivent,
donne-nous la force, porte-nous secours.

13. Elévation du Calice du Très Précieux Sang.

Uni trinóque Dómino
Sit sempitérna glória :
Qui vitam sine término,
Nobis donet in pátria.
Amen.

Au Seigneur unique & trine
Soit la gloire éternelle ;
Qu’il nous donne en son Royaume
La vie qui n’aura pas de fin.
Amen.

14. La petite élévation du Corps & du Sang du Seigneur à la fin du canon.

Per quem hæc ómnia, Dómine, semper bona creas, sancti ☩ ficas, viví ☩ ficas, bene ☩ dícis et præstas nobis.
Per ip ☩ sum, et cum ip ☩ so, et in ip ☩ so, est tibi Deo Patri omnipotenti, in unitáte Spíritus ☩ Sancti, omnis honor, et glória.
(Excelsa voce) : Per omnia saecula saecolorum. R/. Amen.

Par Lui, Seigneur, vous ne cessez de créer tous ces biens et vous les sancti†fiez, vous les vivi†fiez et vous les bénis†sez pour nous en faire don.
Par † Lui, avec † Lui, et en † Lui, à vous Dieu le Père † tout-puissant, en l’unité du Saint†Esprit, tout honneur et toute gloire.
(à haute voix) : Pour les siècles des siècles.
R: Amen.

15. Présentation du Corps du Seigneur aux fidèles avant la communion.

V/. Ecce Agnus Dei, ecce qui tollit peccáta mundi.
R/. Dómine, non sum dignus ut intres sub tectum meum, sed tantum dic verbo & sanábitur ánima mea.

Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui ôte les péchés du monde.
Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit, mais dites seulement une parole et mon âme sera guérie.

16. La communion des fidèles.

En Occident, la sainte communion se reçoit à genoux et sur la langue, en signe de respect pour la Très-Sainte Eucharistie. Le prêtre dit à chacun :

Corpus Dómini nostri Jesu Christi custódiat ánimam tuam in vitam ætérnam. Amen.

Le Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ garde ton âme pour la vie éternelle. Ainsi soit-il.

17. La bénédiction finale.

Benedícat vos omnípotens Deus, Pater, et Fílius, ☩ et Spíritus Sanctus.
R/. Amen.

Que vous bénisse le Dieu tout-puissant, Père & Fils † & Saint-Esprit.
R/. Ainsi soit-il.

18. Au dernier évangile.

Avant de quitter l’autel, le prêtre récite au coin de l’Evangile le Prologue de saint Jean (1, 1-14) :

In princípio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum.

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.

Le saint baptême.

Le prêtre met un pan de son étole sur l’enfant, pour l’introduire dans l’église de Dieu, en l’appelant par son nom :

N., ingrédere in templum Dei, ut hábeas partem cum Christo in vitam ætérnam. R/. Amen.

N., entrez dans la maison de Dieu, afin d’avoir part avec le Christ à la vie éternelle. R/. Amen.

Chant du Prologue de l’Evangile selon saint Jean à Noël


En complément aux cantilènes des évangiles de Noël publiées par dom Reiser dans son Laudes festivæ, voici un chant magnifique du Prologue de Jean autrefois en usage dans certains diocèses français. Le chant y était prévu pour les prières du soir au salut, mais il pourrait faire les délices d’un diacre doué d’une belle voix à la messe du jour de Noël.

Fichier PDF : Laudes festivæ lectionarium et cantarium – 1940

Cet ouvrage fut édité en 1940 par le dom Reiser, osb, qui y a réunit des pièces assez difficiles à trouver par ailleurs. Après un traité de rythmique, l’ouvrage comporte deux parties.

Une première partie consiste en un très intéressant lectionnaire, qui – à l’approche de Noël, pourrait se révéler utile à plusieurs de nos lecteurs. En effet, il comporte diverses cantilènes du temps de la Nativité : chant du Martyrologe de Noël, chant des leçons des matines de Noël (avec le chant abrégé des répons), cantilènes ornées pour les épîtres et évangiles des messes de Noël & de l’Epiphanie. Le cycle pascal est lui aussi représenté : leçons des IInds & IIIèmes nocturnes des offices de Ténèbres (avec le chant abrégé des répons), 12ème prophétie du samedi saint (Nabuchodonosor), leçons du nocturne de Pâques & de Pentecôte, épitres & évangiles du Samedi Saint, de Pâques & de la Pentecôte.

La seconde partie contient nombre de pièces à dévotion qui peuvent être utilisées par exemple aux Saluts du Très-Saint Sacrement. A noter que nombre d’entre elles proviennent du rit ambrosien (ces pièces sont signalées par un astérisque).

Vous pouvez télécharger ce fichier PDF en cliquant sur l’image ci-dessus.

Marc-Antoine Charpentier – In Circumcisione Domini (H. 316)

Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle.
In Cicumcisione (H. 316).
3 voix mixtes (SSB), 2 dessus instrumentaux & basse continue.
3 pages.

Ce motet pour la fête de la Circoncision (1er janvier) a sans doute été composé pour la messe du Dauphin, lorsque Charpentier était maître de sa chapelle ; l’effectif – à deux dessus & une basse chantante, accompagnés par deux dessus instrumentaux & une basse continue – est en effet caractéristique des moyens dont disposait le compositeur pour la messe basse quotidienne du fils de Louis XIV.

Le texte du motet reprend et amplifie l’évangile de la fête de la Circoncision (Luc 2, 21).

En voici le texte et une traduction :

Postquam consummáti sunt dies octo ut circumciderétur puer : vocátum est nomen ejus Jesus. Après que furent achevés les huit jours pour que l’enfant soit circoncis, on lui donna le nom de Jésus.
O nomen amábile,
O nomen laudábile,
O nomen admirábile.
O nom aimable,
O nom louable,
O nom admirable.
O bone Jesu,
Tu qui ætérnus es,
Quómodo nascéris ?
O bon Jésus,
Toi qui es éternel,
Comment se fait-il que tu naisses ?
O bone Jesu,
Tu qui imménsus es,
Quómodo caperis ?
O bon Jésus,
Toi qui es immense,
Comment se fait-il que tu te laisses saisir ?
O bone Jesu,
Qui sine culpa es,
Quómodo circumcíderis ?
O bon Jésus,
Toi qui es sans faute,
Comment se fait-il que tu te fasses circoncire ?
Audíte mortáles, audíte peccatóres Christi bonitátem & admirámini charitátem ejus : factus est enim sub lege ut eos qui sub lege essent lucri fáceret et eos redímeret ab omni iniquitáte, & pópulum sibi acceptábilem mundáret quam ob rem circumcíditur, & vocátur Jesu. Ecoutez, mortels, écoutez pécheurs la bonté du Christ et admirez sa charité : il s’est soumis à la Loi afin de gagner ceux qui étaient sous la Loi et afin de les racheter de toute iniquité, afin de purifier le peuple qu’il s’est acquis ; c’est pour cela qu’on l’a circoncis et qu’on l’a appelé Jésus.
O nomen amábile,
O nomen laudábile,
O nomen admirábile.
O nom aimable,
O nom louable,
O nom admirable.

L’œuvre est écrite en sol majeur, qui est classifié comme « doucement joyeux » dans le tableau des énergies des modes de Charpentier. Après un court prélude des dessus instrumentaux, les trois chanteurs alternent successivement leurs recits, ponctué deux fois par le très beau chœur à trois parties : O nomen amabile. Si l’on n’a pas deux parties de dessus, on pourrait remplacer le 1er dessus de la partition par un ténor, le chœur sonnera correctement.

Les premières mesures de cette partition :
Charpentier - In Circumcisione Domini (H. 316)

Le chœur « O nomen amabile » :
Charpentier - In Circumcisione Domini (H. 316)

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Louis-Nicolas de Clérambault – Motet pour le jour de Noël : Hodie, Christus natus est

Louis-Nicolas de Clérambault (1676 † 1749), organiste de Saint-Sulpice & de la Maison royale de Saint-Cyr.
Motet pour le jour de Noël : Hodie Christus natus est.

2 voix égales de dessus & basse continue.
4 pages – La Majeur.

Voici une admirable mise en musique par Clérambault du texte de l’antienne de Magnificat des secondes vêpres de Noël, à l’attention des demoiselles de Saint-Cyr. Il pourra être chanté par deux dessus solistes, seuls ou avec reprises d’un chœur de voix féminines, comme à Saint-Cyr.

Les premières mesures de cette partition :

Clérambault - Hodie Christus natus est

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Vous pouvez écouter un enregistrement de cette partition en vidéo sur YouTube (Les Damoiselles de Saint-Cyr sous la direction d’Emmanuel Mandrin) :

Mystère de Noël et mystère de l’Eucharistie, par le R.P. Le Brun, de l’Oratoire

La Nativité - Ecole française XVIIème siècle

Le R.P. Le Brun s’adresse aux protestants qui ne croient pas en la présence réelle du Christ sous les espèces du pain & du vin :

Serait-il plus difficile de changer des substances que de les avoir créées, disait saint Cyrille de Jérusalem en instruisant les nouveaux baptisés ? Celui qui changea l’eau en vin, ne pourra-t-il pas changer le pain en son corps, disait saint Ambroise ? (…)

Vous confessez que Jésus-Christ qui n’a paru aux yeux que comme un homme, est véritablement Dieu : et c’est ainsi que l’ont cru ceux qui en ont jugé par la foi : transportez-vous un moment, en esprit, au temps de la naissance de Jésus-Christ. Les anges disent aux bergers : Il vous est né un sauveur qui est le Christ le Seigneur. Quelle marque de ce Seigneur de toutes choses ? On leur dit seulement : Vous trouverez un enfant emmailloté couché dans une crèche. Consultez vos sens, votre imagination, votre raison même. Toutes les lumières que vous en tirerez, vous diront-elles que cet enfant est véritablement un Dieu revêtu d’une chair ? Dieu est tout-puissant, et cet enfant paraît la faiblesse même : Dieu est le maître de tous les biens, et cet enfant manque de tout : Dieu est impassible, et cet enfant est exposé aux douleurs et à toutes les incommodités de l’enfance. Parcourez toutes les oppositions que la raison humaine présente entre les attributs de Dieu et l’état où Jésus-Christ s’est mis ; et malgré toutes ces oppositions que les sens, l’imagination et votre faible raison vous suggéreront, la foi vous fera confesser que celui qui est dans un état si abject, est véritablement le Fils de Dieu. Si vous le confessez, comme tout Chrétien doit le faire, quelle plus grande difficulté y a-t-il de croire, comme le croient toutes les communions chrétiennes (à la vôtre près), que ce qui ne paraît aux yeux que du pain est le corps de Jésus-Christ après que cet homme-Dieu nous a dit, ceci est mon corps ?

in R.P. Pierre Le Brun, prêtre de l’Oratoire, Explication littérale, historique et dogmatique, des prières et des cérémonies de la messe, suivant les anciens auteurs, et les monuments de toutes les Eglises du monde chrétien. Avec des dissertations et des notes sur les endroits difficiles, et sur l’origine des rites.
Tome quatrième.
Dissertation N°. 13. Uniformité abandonnée par les sectaires du XVIe siècle. Liturgies Luthérienne, Zwinglienne, Calviniste, Anglicane, Ecossaise, Suédoise, etc.
Article VI. Réflexions sur les liturgies des novateurs, depuis le XVIe siècle, lesquels à force de vouloir s’éloigner de l’Eglise romaine, ont abandonné l’essentiel des liturgies de toutes les églises chrétiennes ; et ont encouru par là l’anathème de toutes les églises du monde chrétien.

Chant de la Généalogie selon saint Matthieu dans le rit dominicain

La semaine dernière, nous diffusions sur ce blog le chant de la Généalogie selon saint-Matthieu chantée en plain-chant d’Amiens. Voici le même chant de cet évangile qui termine l’office nocturne de Noël juste avant la messe de minuit, mais cette fois dans le rit dominicain.

Cet évangile – si typique des anciennes liturgies pour la fête de la Nativité – est ici chanté par le R.P. Benedict Jonak, op, diacre, au couvent des dominicains d’Oxford.

Vous pouvez consulter cet article pour en savoir plus sur l’histoire du chant de la généalogie de Notre Seigneur selon saint Matthieu, chantée aux matines de Noël.

Programme de la fête de la Circoncision du Seigneur – octave de Noël

Circoncision du ChristSaint-Eugène, le dimanche 31 décembre 2017, premières vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45. Le lundi 1er janvier 2018, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Le 1er janvier constitue à la fois le jour octave de la fête de la Nativité mais aussi la fête de la Circoncision du Seigneur, puisque – selon la Loi – celle-ci intervient 8 jours après la naissance d’un enfant mâle. Lors de la circoncision, on imposait aussi à l’enfant son nom. Cette fête constitue donc la véritable fête du Saint Nom de Jésus, ainsi que le rappelle ci-contre la planche gravée pour cette fête par Jérôme Nadal, s.j. (1507-1580), ci-contre. L’autre fête du Très-Saint Nom de Jésus, fixée depuis 1911 au dimanche entre la Circoncision & l’Epiphanie – ou au 2 janvier si ce dimanche n’existe pas – n’est qu’un doublon moderne de la fête de la Circoncision.

Mais parce que la fragilité de la chair et de l’esprit de l’homme l’emporte, par une pente naturelle de cupidité, vers le mal, et l’embarrasse ici-bas dans des vices inextricables, le huitième jour de la circoncision est la figure du temps de la résurrection, et de notre future délivrance de tout péché. C’est en effet le sens des paroles suivantes : « Tout mâle premier-né sera appelé, consacré au Seigneur. » Les termes de la loi expriment la promesse du fruit de la Vierge, fruit vraiment saint, car il est immaculé. Que ce soit là le fruit désigné par la loi, les paroles de l’Ange nous l’assurent : « La chose sainte, dit-il, qui naîtra de vous, sera appelée le Fils de Dieu. »
Sermon de saint Ambroise, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de la fête de la Circoncision, au second nocturne.

Ières vêpres de Noël. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Sur le vieux noël « A la venue de Noël »
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Alma Redemptoris Mater – Vème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus – VIIème ton
  • Pour demander le pardon de nos péchés durant l’année civile écoulée : Psaume L – Miserere mei Deus – ton parisien
  • Pour rendre grâces à Dieu de ses bienfaits durant l’année civile écoulée : Te Deum – IVème ton simple
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – IIIème ton
  • Chant final, de Noël : Puer natus in Bethleem – Ier ton – rythme du XIIIème & XIVème siècles

A la messe :

IIndes vêpres de Noël. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Jesu dulcis memoria – hymne du Ier ton du saint Nom de Jésus – texte attribué à saint Bernard de Clairvaux (1099 † 1153)
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Alma Redemptoris Mater – Vème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus – VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – IIIème ton
  • Chant final, de Noël : Puer natus in Bethleem – Ier ton – rythme du XIIIème & XIVème siècles

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Programme de la messe du dimanche dans l’octave de la Nativité

Saint-Eugène, le dimanche 31 décembre 2017, grand’messe de 11h. Premières vêpres de la fête de la Circoncision & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La grandeur des œuvres divines est, mes très chers frères, bien au-dessus des ressources de l’éloquence humaine, et la difficulté de s’exprimer vient ici de la raison même qui nous défend de garder le silence ; car ces paroles du Prophète : « Qui racontera sa génération ? » se doivent entendre non seulement de la divine essence de Jésus-Christ, mais aussi de la nature humaine qui est en lui. Si la foi ne croit que ces deux natures sont unies dans une seule personne, la parole ne peut l’expliquer. Aussi ce sujet de louanges est-il intarissable, parce que le talent de celui qui loue reste toujours insuffisant.
Sermon de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de Noël, au second nocturne.

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Programme du XXXème dimanche après la Pentecôte – Dimanche des Pères – ton 5

Généalogie du Christ - dimanche des PèresParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 31 décembre 2017 du calendrier grégorien – 18 décembre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Dimanche des Pères. Carême de Noël.

Le dimanche qui précède Noël est consacré, dans le rit byzantin, à la mémoire des saints & justes Pères & Patriarches qui ont précédé l’Incarnation du Messie. C’est pour cela que la généalogie du Christ selon saint Matthieu est chantée comme évangile à la divine liturgie de ce jour.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Pères. Kondakion : des Pères.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 3, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon des Pères (œuvre de Clément l’Hymnographe, higoumène du monastère du Stoudion à Constantinople au IXème siècle) :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
7. Sauvant la gloire de leur image et ressemblance avec Dieu, * les Jeunes Gens méprisèrent l’éclat de l’image dorée * et dans le feu de l’Esprit ils chantèrent avec foi : ** Nous ne connaissons d’autre Maître que toi.
Par la Sagesse suprême et la puissance de l’Esprit * les Jeunes Gens confondirent les sages babyloniens * et pleins de courage ils s’écriaient : ** Nul n’est saint comme toi, ô notre Dieu.
Avec les Prophètes et les Jeunes Gens se réjouit la Loi, * elle exulte devant la divine clarté du Seigneur ; * Abraham aussi se réjouit, car il voit ** le Seigneur prendre chair de sa propre lignée.
Impassible, ô Vierge, fut ta conception, * ton enfantement dépasse la nature et notre esprit, * car le mystère ineffable que les Prophètes annonçaient ** nous est apparu : c’est le Verbe de Dieu.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
2. Tropaire des Pères, ton 2 : Combien sont sublimes les entreprises de la foi ! * Les trois Jeunes Gens exultaient dans la fournaise comme dans les eaux du repos ; * et le prophète Daniel dans la fosse avec les lions * semblait le pâtre du troupeau. ** Par leurs prières , Christ-Dieu, sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion des Pères, ton 6 : Jeunes gens trois fois heureux, vous n’avez point vénéré * l’image faite de main d’homme, * mais fortifiés par l’Essence indescriptible, * dans la fournaise de feu vous fûtes glorifiés, vous trois fois bienheureux. * Dans la flamme de feu irrésistible vous tenant, vous avez invoqué Dieu. * Hâte-Toi, ô Miséricordieux, ** viens vite, plein de pitié, à notre aide, car Tu le peux selon ta volonté.

Prokimen
Des Pères, ton 4 :
R/. Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, & vénérable, & que ton Nom soit glorifié éternellement. (Daniel, 3, 26).
V/. Car tu es juste en toutes les œuvres accomplies pour nous. (Daniel, 3, 27).
(On ne dit pas le prokimen du dimanche).

Epître
Du dimanche avant la Nativité du Christ : Hébreux (§ 328) XI, 9-10, 17-23, 32-40.
Cependant toutes ces personnes, à qui l’Écriture rend un témoignage si avantageux à cause de leur foi, n’ont point reçu la récompense promise ; Dieu ayant voulu, par une faveur particulière qu’il nous a faite, qu’ils ne reçussent qu’avec nous l’accomplissement de leur bonheur.

Alleluia
Des Pères, ton 4 :
V/. Dieu, nous avons entendu de nos oreilles, & nos pères nous ont fait connaître (Psaume 43, 2).
V/. Puisque c’est toi qui nous as sauvés de ceux qui nous affligeaient, et qui as confondu ceux qui étaient animés de haine contre nous (Psaume 43, 8).
(On ne dit pas l’alleluia du dimanche).

Evangile
Du dimanche avant la Nativité du Christ : Matthieu (§ 1) I, 1-25.
Une vierge concevra, et elle enfantera un fils, à qui on donnera le nom d’Emmanuel, c’est-à-dire, Dieu avec nous.

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Des Pères : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du jour de Noël

Saint-Eugène, le lundi 25 décembre 2017, messe solennelle de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Notre Sauveur, mes bien-aimés, est né aujourd’hui : réjouissons-nous. Il ne peut y avoir de tristesse au jour où naît la vie, qui, dissipant la crainte de la mort, répand en nos âmes la joie, par la promesse de l’éternité. Il n’y a personne qui n’ait sa part de cette allégresse. Tous ont un même motif de se réjouir, car notre Seigneur, destructeur du péché et de la mort, nous trouvant tous assujettis au péché, est venu pour nous affranchir tous. Qu’il tressaille, celui qui est saint : car la palme approche pour lui. Que le pécheur se réjouisse : voici qu’on l’invite au pardon. Que le Gentil prenne courage : car il est convié à la vie. En effet, le Fils de Dieu, dans la plénitude des temps fixée par les impénétrables profondeurs du conseil divin, a pris la nature humaine, pour la réconcilier avec son auteur, afin que l’inventeur de la mort, le diable, fût vaincu par où il avait triomphé.
Sermon de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de Noël, au second nocturne.

  • Kyriale VIII – De Angelis
  • Introït – Puer natus est nobis (ton vii.)
  • Epître : Hébreux I, 1-12 : Dieu ayant parlé autrefois à nos pères en divers temps et en diverses manières par les prophètes, nous a enfin parlé en ces derniers jours par son propre Fils.
  • Séquence de Noël : Votis Pater annuis – prose du propre de Paris – selon la tradition, l’orgue chante les versets impairs
  • Evangile : Jean I, 1-14 : Et le Verbe a été fait chair, et il a habité parmi nous.
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Adeste fideles – cantique du XVIIIème siècle, harmonisation de Théodore Dubois (1837 † 1924), maître de chapelle et organiste de La Madeleine
  • Après la Consécration : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790) – harmonisation de Charles Gounod (1818 † 1893)
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Il est né le divin enfant – Noël du XIXème siècle, sur une sonnerie du XVIIIème siècle – harmonisation de Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris

IIndes vêpres de Noël. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O Salutaris Hostia – sur le vieux noël français « A la venue de Noël »
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Alma Redemptoris Mater – Vème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus – VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – IIIème ton
  • Chant final, de Noël : Puer natus in Bethleem – Ier ton – rythme du XIIIème & XIVème siècles

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